‹ Les disques d'airianChapitre 27 sur 34 · PENSEES D'AUTOMNE · texte numérisé non relu

PENSEES D'AUTOMNE

A M. Benjamin Suite

Automne, il te faut comme au génie à l'étroit, Les monts, l'azur, sans quoi tu glisses dans la fange; Il faut le hêtre ainsi qu'un sceptre aux mains d'un roi. Et la feuille morte à ton diadème étrange.

Aux eieux mourants d'été les oiseaux en convois Forment en fuyant comme un crêpe qui s'effrange; Ta mélancolie est l'harmonieuse voix Qui pleure dans nos coeurs tout ce qui passe et change.

Tes feuilles font de leur essaim silencieux, Des chemins d'or montant sous un ciel radieux Jusqu'à l'âpre sommet des monts mélancoliques.

Dans le vallon aux chants doux, aux pommiers antiques, La feuille tombant fait aux fruits morts un linceul, Et l'ai'bre éploré seul demeure, sombre aïeul.

Dans les Montagnes de St-Brun'o (1916)

Page 1