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AU REVEUR

Le 'brouillard d'astres poudre en l'eS'pace sans bords, Il neige dans la nuit des tourbillons de mondes Jonc-ihant les cieux d'été de leurs paillettes d'or. Le rythme lent du soir sur le berceau des ondes

Endort la jeune brise, alors que l'âpre essor Du rêve s'élance aux immensités profondes, S'enlève vers les loins des invisibles ports Et jette aux infinis ses inquiètes sondes.

42 LES DISQUES D'AIBAIN

Que t'importe ô rêveur si le néant te daube, La peur est de la nuit, la pensée est de l'aube, Des pics escarpés les vertiges sont voisins;

Comme on n'entend au morne écho des monts hautains Que les cris frémissants de l'aigle sur l'abîme, Ton rêve olame ainsi ton angoisse sublime.

Mai 1918

FIANCEE DE GUERRE

LES DISQUES D'AIBAIN 45

FIANCEE DE GUERRE

Jeanne pense au conscrit, assise à sa fenêtre Où la branche profile un -dessin' de vitrail ; Un flot lumineux de rayons blafards pénètre Et jette sur sa table un centre clair d'émail.

L'essaim d'étoiles fuit devant "éveil des êtres, L'aube déploie aux cieux son mobile éventail Qui fait chanter la grive au sein feuillu des liêtre- Et s'irise au loin en marbrures de corail.

4C I.KS DJSQUKS d'aIKAIN

Au coeu.r de Jeanne un nom d'absent vibre et tressaille; Son regard, comme un fin' cristal mirant les nuits, 'S'attriste à jamais sous 'les sombres infinis.

Pure et douce offrande au moloch de la mitraille,

Navrée, elle s'incline, ainsi qu'un lis brisé

Qui, tranché par la faux, san's bruit s'est affaisse.

Mai 1918

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