INTRODUCTION
La lutte pour la vie a, de temps immémorial, conduit l’homme à lutter contre la souffrance par différents moyens propres à dissiper ou à modérer les maux dont il était accablé. Les premiers hommes par l’observation des animaux ou guidés par la ressemblance grossière de certaines plantes avec leurs propres organes, frappés d'autre part par l’action de certains aliments, se constituèrent peu à peu une
De
médecine toute empirique. Ce n’est que peu à peu que certains hommes se spécialisèrent dans l’étude des maladies et des moyens de lutter contre elles, métier qui fut trouvé si beau par les premiers hommes que ceux qui le pratiquèrent furent mis au rang des demi-dieux. L’empirisme des âges primitifs devint ainsi un art divin et les prêtres furent longtemps les seuls dispensateurs de remèdes qui participaient eux aussi de la divinité.
Ce n’est que dans les siècles plus récents que, à la lueur de l’étude approfondie du corps humain, de ses fonctions et de l’action des remèdes dans les maladies, la médecine s’est élevée à la hauteur d’une science.
Les diurétiques, comme tous les autres médicaments, passèrent par bien des essais avant de rester sans conteste employés dans tous les pays. Chaque contrée eut, suivant les lieux et les temps, ses diurétiques particuliers et notre époque a profilé avantageusement de l’étude de ces diverses pharmacopées.
L'arrêt de l’excrétion urinaire, puis l'expulsion abondante d'urine à la fin de certaines maladies frappa, en effet, les premiers médecins et les diurétiques furent employés pour activer cette évacuation. Mais l'explication de leur action fut longtemps la cause d’interminables discussions. Ce ne fut en effet que très tard dans l'histoire de la médecine que la notion du rein évacuateur de poisons s'établit sur autre chose que de gratuites hypothèses.
Néanmoins, la nécessité de la fonction urinaire fut un fait admis dès l’origine de la médecine et les diu-
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rétiques furent très employés. Nos pères recherchèrent les moyens de faire uriner leurs malades dans les trois règnes de la nature : animal, végétal, minéral. Aussi, après un historique général des diurétiques, où nous essaierons de faire ressortir l’évolution des idées sur l’action de ces médicaments, nous examinerons chacune de ces trois catégories de remèdes en faisant-un historique aussi complet que possible des plus employés. Quelques animaux, dont l'étrange énumération fera le sujet de notre premier chapitre, eurent une vogue assez considérable chez nos ancêtres du Grand Siècle. Mais ce sont les plantes, dont les vertus bienfaisantes étaient souvent attribuées à quelque dieu métamorphosé, qui furent les remèdes les plus employés. Quant aux minéraux, ils ne virent leurs propriétés diurétiques mises à contribution que très tard.
Mais malgré l'enthousiasme de nos contemporains, pour les découvertes de la chimie biologique, nous revenons avec plaisir à nos bonnes vieilles plantes d'autrefois et à la lueur des découvertes de la pharmacodynamie nous leur donnons un emploi plus rationnel.