‹ Les diurétiques: À travers les âgesChapitre 8 sur 29 · I. PEUPLES PRIMITIFS 1) Egypte. (X° siècle avant J.-C · texte numérisé non relu

I. PEUPLES PRIMITIFS 1) Egypte. (X° siècle avant J.-C

Les Egyptiens avaient une matière médicale très variée, ainsi que l’on à pu s’en convaincre par la

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découverte de papyrus posés aux pieds de leurs morts et dont le plus célèbre est le papyrus traduit par le savant allemand Ebers. Ils connaissaient déjà quelques maladies à œdèmes, auxquelles ils remédiaient par des clystères dont l’action diurétique était donc déjà connue. Le nitre est souvent cité et Pline fait une grande description des nitrières d'Egypte qui existaient encore de son temps. Des pommades, des cataplasmes leur servaient déjà, les frictions à l'huile de camomille, pour dissiper les engorgements, étaient très usitées. Mais, nulle part, on ne trouve de théorie expliquant la diurèse ou l’action évacuatrice du rein. Cependant l'évacuation des toxines par les sécrétions, était déjà connue d’eux; car ils enveloppaient d’étoffes de laine leurs fiévreux afin de provoquer les sueurs dont l’absence leur eut semblé d’un mauvais pronostic.

2) Inde. (XIII: siècle avant J.-C.)

Dans l’Inde les remèdes sont des plantes terrestres et aquatiques, dont les vertus bienfaisantes viennent du soleil et de ses rayons, des orages et des pluies. Ces plantes étaient l’objet d’un culte : on célébrait ainsi les plantes libératrices qui écartent le mal de Varuna (hydropisie).

Mais si la matière médicale végétale élait bien connue, l'anatomie et la physiologie quoique déjà très avancées élaient bien incomplètes. Dans le Mahabharata un des chants védiques où l’on trouve décrites beaucoup de maladies et une anatomie fort

intéressante, c'est à peine si l’urine est nommée comme sécrétion impure et le rein est passé sous silence.

3) Chine

En Chine les diurétiques furent aussi exclusivement végétaux, sauf le nitre qui fut employé comme en Egypte. I est intéressant de rapporter ici les plantes dont nous devons la liste aux explorateurs.

Ma-isé (Equisetum hiemale).

Fan-yé et Chou-yé (Tiges de Bambusa tulda et Bambusa arundo).

Y-yn-gin (Grains du Coïx lacryma).

Hiang-fô-tsaô (Rhysomes du Cyperus rotundus).

Tsoun-tsé (Ognon).

Tsoun (Ail). k

Tou-fou-liu (Smilax China : racine de squine).

Pé- tsé-lin et Tchüen-heou-tsi (Smilax lanceæfolia et ovalifolia).

Pou-hoang (épis du Typha latifolia).

Tchang-Pé-Tzé et Tsin-Pé-Tzé (fruits du Morus alba).

Fô-yong-tsao (feuilles et fleurs du Phyllanthus urinaria).

Tsoun-tsian (baies d’Alkekenge).

Kouen-hiang (semences de Fenouil).

Ma-chi-y (graines de Portulaca oleracea).

Graines de cucurbitacées.

Ché-lûm (Racines de Rhamnus lineatus).

Oùû-tong-tchu (feuilles et écorces de Sterculia platanifolia).

Dans cette liste courte, par rapport à celles que nous citerons plus loin, beaucoup de produits sont restés dans notre matière médicale : La prêle (Equisetum) est encore très employée en Allemagne. L’ail et l’oisnon sont encore très utilisés, de même l’alkekenge

et la squine.

4) Amérique (Mexicains)

Il est curieux de mettre en face des diurétiques chinois ceux qu'employaient les indigènes Mexicains au moment de la conquête espagnole (XV° siècle).

Ils employaient non seulement des végétaux, mais encore des animaux et quelques minéraux.

Végétaux :

Aiztollin (espèce de jonc) (1) employé contre l’anurie ;

Amaxtlalt!l (Tradecantia virginica) sous forme de décoction, pure ou mêlée avec du cacao et du pulque;

Chichilquiltie, pulvérisée avec des grains de mais ;

Cuiapatli (Ericoma floribunda) ;

Coatli ;

Cocoztic (racines pilées dans un liquide) ;

Copalxiutl (Schenus molle) ;

(1) La détermination de ces plantes a été impossible pour les auteurs auxquels nous empruntons cette liste.

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Eloquiltic : sa décoction purifiait les urines ;

Iztacquiltic : sa racine pulvérisée et délayée dans l'eau était bonne contre la rétention d'urine ;

Itanhyalt, qu'il fallait prendre dans de l’eau ;

Mecapalti (Smilax officinalis) : Sa décoction était très estimée ; Teketomalt : On employait les racines pilées avec les feuilles.

Animaux :

Coyaçanal Cloportes) desséchés et pulvérisés avec résine.

Cette médication répugnante sera d’ailleurs reprise par la pharmacie latine et médiévale.

Minéraux :

Atchipin. Pierre de formes et de couleurs diverses. Parmi ces médicaments il y en aura aussi qui resteront dans notre matière médicale. La Smilax est toujours employée ; les cloportes le furent longtemps. Enfin du cacao on retire la théobromine, un de nos

diurétiques les plus employés.

5) Autres Peuples

Dans les autres peuples de l'antiquité, les médecins qui appartenaient généralement aux castes sacerdotales se servirent exclusivement de plantes accompa: gnées d’amulettes, spéciales à chaque maladie. Usage

qui s’est perpétué jusqu'à nos Jours.

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