UP: TRES
trachée et le malade peut même aspirer du pus. Le professeur Gerber, de Konigsberg, publie le cas d'une femme opérée de sinusite maxillaire sous anesthésie générale par la méthode de Denker. Quelques jours après l'opération, elle meurt d'un abcès du poumon, et l’auteur pense que ce dernier fut vraisemblablement occasionné par aspiration de pus pendant la narcose opératoire.
Pareil fait ne se produirait pas, en cas d’anesthésie locale : le malade peut cracher au moment voulu et l'application de novocaïne-adrénaline permet d’opérer sur des tissus presque complètement ischémiés.
L'anesthésie, peut-on se demander, est-elle bien complète par ce moyen ? Si elle est appliquée avec soin, suivant les règles que nous préciserons, Luc s'en porte garant.
Gordon King, de New-Orléans ; Chiari, de Vienne ; Siebenmann, de Bâle ; Mermod, de Lausanne, et Schipelroort, de Rotterdam, s’en déclarent très satisfaits.
M. le professeur Lannoïs a expérimenté, dans son service, cette méthode qui lui paraît parfaite et il ne fait qu'une réserve
La perforation de l’os au niveau de la fosse canine reste assez douloureuse, si on la pratique à la gouge et au maillet, et il conseille de préférence l'emploi d’une tréphine mue par un tour de dentiste.
Garrot (1) préconise une injection intra-osseuse, d’après la méthode du docteur Hoque ; mais comme
(1) Journ. de Méd. de Bordeaux, oct. 1908.
l'usage d’une fraise mue par le tour est indispensable pour pratiquer la perforation de la table externe de l'os, il semble plus expéditif et moins douloureux de faire d'emblée l'ouverture complète. C’est sans doute la raison pour laquelle ce procédé un peu compliqué n’est pas entré dans la pratique. Nous verrons plus loin une autre façon plus élégante, due à Munch, de renforcer l’anesthésie.
Nous nous sommes placés jusqu'à maintenant, pour étudier les avantages de l’anesthésie locale, au point de vue le plus général. N'y a-t-il pas des indications à tirer de l’âge et de l’état du futur opéré ?
Au point de vue de l’âge, il est bien certain qu’on ne devra pas pratiquer une anesthésie locale lorsque l’enfant paraîtra trop jeune ou trop indocile pour se prêter aux manœuvres opéraloires avec bonne volonté ; mais cette considération mise à part, il ne semble pas qu'il y ait de limite inférieure en dessous de laquelle elle soit dangereuse. Sargnon put opérer avec succès, par ce moyen, une mMmastoïdite chez un enfant athrepsique de trois mois, et Luc, chez un sujet du même âge, eut également un résultat favorable.
Chez les sujets âgés, l’éther, nous le savons, n’est pas sans inconvénient au point de vue pulmonaire.
« Les cardiaques, dit Huchard, peuvent supporter la narcose pourvu que leur lésion soit compensée. » Mais nombre de chirurgiens préféreront encore n’en pas courir la chance si un autre moyen se trouve à leur disposition. Les diabétiques, à qui la narcose est souvent si funeste, supporteraient très bien sous
Eee
anesthésie locale des opérations même assez prolongées.
B. — ConNTRE-INDICATIONS DE L'ANESTHÉSIE LOCALE
D'après ce que nous venons de voir de ses avantages, ces dernières nous paraissent bien réduites.
On ne l’appliquera pas à des enfants dont on pourrait suspecter la docilité, non plus que chez des personnes par trop nerveuses ou pusillanimes. Dans ce dernier cas encore faudra-t-il que l’opération proposée soit d’une certaine importance, et il demeure bien entendu que, s’il ne s’agit que d’une ponction par la voie diaméatique, le médecin donnera tous ses soins à convaincre son client que les risques à courir dans une anesthésie seraient tout à fait hors de proportions avec l'acte opératoire.