CHAPITRE PREMIER
Historique
Lorsqu'en 1650 Highmoredonna dusinus maxillaire une description si nette qu'elle lui mérita l'honneur d'en être le parrain, il signala les rapports de la cavité avec l'extrémité radiculaire des molaires et attira l'attention sur la possibilité de voir ces dernières ocCcasionner une suppuration.
Mais, au point de vue clinique, les médecins furent longtemps encore avant de diagnostiquer les diverses formes de sinusites, et nous devons, dans notre historique, envisager deux grandes périodes :
A. — La période prélaryngologique ;
B. — La période laryngologique.
(4) HELOT : Arch. Int. de Laryng., 1908.
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À. — Période prélaryngologique
Nous étudierons, sous cette dénomination, le temps qui s’écoula depuis que l'attention fut attirée sur l'antre d'Highmore jusqu'au moment oùla découverte du miroir laryngoscopique permit de se rendre un compte plus exact des maladies de la gorge, du nez et de ses cavités annexes.
Avant donc la fin du xvu° siècle, les infections du sinus maxillaire étaient inconnues et l'on confondait la sinusite, soit avec l’ozène ou les affections des gencives, soit avec les phlegmons de la joue, suivant que la suppuration tendait à se faire jour en l’un ou l’autre point.
Boyer, dans son traité des maladies chirurgicales, cite une opération de Bertrandi, le célèbre médecin italien, qui paraît bien être la première du genre.
Chez une malade atteinte de sinusite maxillaire avec phlegmon de l'orbite gauche, perte de l'œil et fistule du plancher orbitaire, Bertrandi introduisil par la fistule et de haut en bas «un perforatif long et étroit dont la pointe était cachée par un bouton de cire ». Il porta cette pointe jusque sur la surface palatine de l’os maxillaire et perfora ainsi l’arcade dentaire dans l'intervalle des deux dernières molaires.
« Il est bien probable, dit Helot, que pour avoir employé ce moyen tout occasionnel d'ouvrir le sinus, Bertrandi ignorait les autres plus pratiques et moins dangereux. »