‹ Les dix dizaines des Cent nouvelles nouvellesChapitre 10 sur 84 · NOTICE XI · texte numérisé non relu

NOTICE XI

En ce temps-là, les femmes vivaient à l'écart entre elles et loin de la société des hommes, excepté dans les circonstances solennelles où elles paraissaient en public, pour l'ornement des fêtes, des processions et des tournois. Ce fut la reine Anne de Bretagne qui établit la première, entre les deux sexes, des habitudes de fréquentation honnête et décente, lesquelles produisirent cette urbanité, cette politesse, que la France a longtemps apprise aux autres nations et que nous ne connaissons plus que par des traditions à demi effacées. Anne de Bretagne fonda la Cour des dames, comme le dit Brantôme, et cette innovation amena presque aussitôt une révolution générale et profonde dans les mœurs, qui, de rudes et grossières qu'elles étaient, devinrent douces et élégantes. On sent bien, en lisant les Cent Nouvelles nouvelles, que des femmes n'étaient pas là pour les entendre, et que des hommes, jeunes et galants, la plupart, pouvaient seuls écouter ce que chacun narrait à son tour si gaillardement, avec cette liberté de paroles, qui n'accuse que l'innocence naïve du bon vieux temps.

Parmi les Cent Nouvelles nouvelles, il y en a plusieurs dont les narrateurs ne sont pas nommés. Reifîenberg attribue ces Nouvelles anonymes à Philippe, comte de Croy, qu'il présente même comme VActeur ou l'auteur du recueil

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