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CHANT DES BRIGANDS

L'été passe, l'hiver arrive et la forêt semble plus clairsemée ; il vente bien fort le jour, il fait bien froid la nuit. Ah ! la vie est dure, mes pauvres frères !

Tant que durera ce long hiver, qu'allons-nous devenir, hélas ! loin de la forêt, privés de soleil, manquant d'argent, et sans espoir de rencontrer des Ciokoï?

Saute sur la branche desséchée de ce grand arbre, ô

corbeau, cher pdit corbeau, et re|5^^rcle bien à riiorizoïi : n'aperrois-lu point quelque voyageur;

Quelque voyageur h la bourse garnie cl la t(He enveloppée (l'un cliàle, pour que j'essaie encore mon pauvre fusil rouillé, et que j'amasse un j)eu d'argent pour l'hiver?

Hélas! bois profonti, mon frère chéri, qu'as-tu fait de Ion feuillage épais où j'ai si souvent fait le guet à l'ombre, et si souvent chanté des doïnas héroïques?

l/été passe, l'hiver arrive, et toi, mon bois mystérieux, le voilà desséché I II passe, l'été, et comme toi je me suis dépouillé de mes Heurs.

Le voici de relour, le temps du travail laborieux; il faut dégarnir l;i ceinluie de ses armes; il faut abandonner le sentier de la forêt et remettre sa tête sous le joug.

Oh ! printemps adoré , que ne peux-tu apparaître à ma voix pour que je reparaisse ci mon tour bravement dans le pays, ayant mes franches coudées.

Je mettrais alors mon bonnet sur l'oreille et laisserais mes cheveux flotter au vent, et je m'étendrais à terre dans mon vieux sentier de la forêt pour faire le guet.

Et je sentirais de nouveau mon fusil sur mon épaule, et je verrais reluire k ma ceinture cinq bons pistolets incrustés d'argent, ainsi que mon kangiar si beau!

Et je caresserais joyeusement le cou nerveux et la riche crinière de mon coursier intrépide, et je le ferais courir tout le long de l'horizon lumineux, et je lui dirais :

'.( Fuis comme le vent, vole comme la pensée, ô mon <( coursier sans pareil, car enfin notre tour est revenu; '< il est revenu, lo bonu tomps de Tannéo passée.

<( A nous les forêts et les vallées, îi nous qui sommes « jeunes et vaillants ; allons fermer la route aux mfcri, « allons jeter la terreur dans l'âme des Ciokoï. »

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