‹ Les Doctrines catholiques; ou, exposition des vérités enseignées dans l'église réunie, depuis Nicée jusqu'à la ive session du VatinChapitre 72 sur 98 · CAPUT IL · texte numérisé non relu

CAPUT IL

DE REVELATIONE.

Eadem sancta Mater Ecclesia tenet et docet, Deum, rerum omnium principium et linem , naturali humanre ralionis lumine e rébus creatis certo cognosci posse; iiivisibilia enim ipsius , a creatura mundi, per ea qucC facta sunt , intellecta, conspiciuntur ^ : attamen placuisse ejus sapientise et bonitati, alia, eaque supernaturali via se ipsum ac œterna voluntatis suaî décréta humano generi revelare, dicente Apostolo : « Multifariam, mullisque modis olim Deus loquens patribus in Prophetis : novissime, diebus istis locutus est nobis in Filio '. >

* Rom. 1. 30.

2 Hebr. I. 1-2. le

C'est à cette révélation divine que tous les hommes doivent, de pouvoir même dans l'état présent du genre humain, promptement connaître, d'une absolue certitude et sans aucun mélange d'erreur , celles des choses divines qui ne sont pas de soi inaccessibles à la raison humaine. Ce n'est pas à dire que la révélation soit pour cela absolument nécessaire , mais c'est que Dieu , dans sa bonté infinie, a ordonné Thomme pour une fin surnaturelle , c'est-à-dire pour participer aux biens divins qui surpassent absolument Fintelligence de rhomme, car c( l'œil de Thomme n'a point vu, son oreille n'a point entendu , son cœur n'a pu s'élever à comprendre ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment '. »

Or, cette révélation surnaturelle, selon la foi de l'Église universelle qui a été proclamée par le saint

* 1 Cor. II. 9.

Huic divinsG revelationi tribuendum quidem est, ut ea, qua3 in rébus divinis humance rationi per se impervia non sunt^ in praesenti quoque generis humani conditione ab omnibus expedite , fîrma certitudine et nuUo admixto errore cognosci possint. Non hac tamen de causa revelatio absolute necessaria dicenda est , sed quia Deus ex infinita bonitate sua ordinavit hominem ad fînem supernaturalem , ad participanda scilicet bona divina , quœ humanGC mentis intelligentiam omnino superant ; « siquidem oculus non vidit, necauris audivit , nec in cor hominis ascendit , quae praeparavit Deus ils, qui diligunt illum \ »

» 1. Cor. II. 9.

Concile de Trente , est contenue dans les livres écrits et dans les traditions non écrites qui , reçues de la bouche de Jésus-Christ môme par les Apôtres, ou transmises comme par les mains des Apôtres sous l'inspiration du Saint-Esprit , sont venues jusqu'à nous \ Et ces livres de l'Ancien et du Nouveau Testament doivent être tenus pour saints et canoniques en entier dans toutes leurs parties, tels qu'ils sont énumérés dans le décret du Concile de Trente et dans la vieille édition latine de la Vulî^ate. Ces livres, l'Éghse les tient pour saints et canoniques , non point parce que, composés par la seule habileté humaine, ils ont été ensuite approuvés par l'autorité de l'Église, non-seulement parce qu'ils contiennent la révélation sans erreur , mais parce que , écrits sous l'inspiration de l'Esprit-Saint, ils ont Dieu pour auteur et ont été livrés comme tels à l'Éghse elle-même.

' Concile de Trente, session IV. Décr. de Gan. Script.

Hsec porro supernaturalis revelatio , secundum universalis Ecclesise fidem , a sancta Tiidentina Synodo declaratam , continetur in libris scriptis et sine scripto tradiiionibus , quae ipsius Christi ore ab Apostolis acceptai , aut ab ipsis Apostolis Spiritu Sancto dictante quasi per manus traditœ, ad nos iisque pervenerunt *. Qui quidem veteris et novi Testamenti libri integri cum omnibus suis partibus , prout in ejusdem Goncilii decreto recensentur , et in veteri vulgata latina editione babentur , pro sacris et canonicis suscipiendi sunt. Eos vero Ecclesia pro sacris et canonicis habet , non ideo

' Conc. Trid. sess. IV. Decr. de Gan. Script.

Mais parce que quelques hommes jugent mal ce que le saint Concile de Trente a décrété salutairement touchant l'interprétation de la divine Écriture, afm de maîtriser les esprits en révolte , Nous , renouvelant le même décret , Nous déclarons que l'esprit de ce décret est que sur les choses de la foi et des mœurs qui concernent l'édifice de la doctrine chrétienne, il faut tenir pour le vrai sens de la Sainte Ecriture celui qu'a toujours tenu et que tient notre sainte mère l'Église , à qui il appartient de déterminer le vrai sens et l'interprétation des Saintes Écritures ; en sorte qu'il n'est permis à personne d'interpréter l'Écriture contrairement à ce sens, ou même contrairement au sentiment unanime des Pères.

quod sola hiimana industria concinnati , sua deinde auctoritate sint approbati ; nec ideo dumtaxat , quod revelationem sine errore contineant ; sed propterea quod Spiritu Sancto inspirante conscripti Deum habent auctorem atque ut taies ipsi Ecclesise traditi sunt.

Quoniam vero, quae sancta Tridentina Synodus de interpretatione divinae Scripturse ad coërcenda petulantia ingénia salubriter decrevit^ a quibusdam hominibus prave exponuntur, Nos, idem decretum rénovantes, hanc illius mentem esse declaramus, ut in rébus fidei et morum , ad aedificationem doctrinse christianœ pertinentium , is pro vero sensu sacrae Scripturœ habendus sit, quem tenuit ac tenet Sancta Mater Ecclesia , cujus est judicare de vero sensu et interpretatione Scripturarum sanctarum ; atque ideo nemini licere contra hune sensum, aut contra unanimem consensum Patrum ipsam Scripturam sacram interpretari.

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