DOCTRINES DES PROPRIÉTÉS PHYSIOLOGIQUES
2° La sensibilité appartenant aux nerfs. La thérapeutique a pour but de diminuer ou d’augmenter l’irritabilité suivant les indications.
Doctrine du spasme et de l’atonie. — Cullen (1712-1790) admet un solidisme vital, repousse l’humorisme, croit à la prépondérance du système nerveux dans le trouble des mouvements atomiques auquel il rapporte les maladies. Toute sa pathologie dérive du Spasme et de l’Agonie. C’est l’irritabilité nerveuse qui détermine les effets des médicaments et les indications thérapeutiques se tirent surtout de la connaissance des causes morbides. Cullen traitait les lièvres intermittentes avec le quinquina donné au moment le plus rapproché de l’accès ; il saignait dans les fièvres ordinaires qu’il considérait comme de nature inflammatoire ; il s’abstenait, au contraire de la saignée, dans les lièvres épidémiques qui sont ordinairement adynamiques.
Doctrine de l’incitabilité. — Brown (1735-1788) surnommé le Paracelse du xvma siècle, procède de Glisson et dérive d’Haller. Son incitabilité est analogue à l’excitabilité de Glisson et à l’irritabilité d’Haller. L’incitabilité est la propriété qui met en activité les corps vivants. La vie ne s’entretient que par incitation; elle est sous la dépendance des stimulants, elle est le résultat de l’incitabililé des organes. Brown ne reconnaît qu’une seule irritabilité commune aux systèmes nerveux et musculaire; il en forme un ensemble unitaire.
L’excitabilité est la propriété fondamentale qui distingue les êtres animés. L’excitation trop vive produit les maladies sthéniques et l’insuffisance des excitants engendre Y asthénie. Les médicaments sont des incitants que l’on gradue suivant le degré d’asthénie ; ils varient suivant qu’ils s’adressent aux maladies sthé-
niques en asthéniques. Le traitement a donc pour but d’augmenter ou de diminuer à propos l’incitation. 11 employait volontiers les stimulants et les toniques, car il pensait que les maladies asthéniques sont les plus fréquentes. Lasimplicité de la doctrine de Brown, la commodité de son application au lit du malade, expliquent son succès en Amérique et surtout en Italie, où elle se transforme en Contro-Stimulisme de Rasori qui établit la transition avec les doctrines du xixe siècle.
Contro-stimulisme. — Rasori (1766-1837) fait jouer en physiologie et en pathologie le principal rôle au Stimulus et au Contro-Stimulus et essaye de juguler les maladies avec le tartre stibié qu’il administrait à doses fractionnées, progressives et en quantité considérable jusqu’à ce que la tolérance soit établie, c’est-à-dire jusqu’à ce que le malade supporte, tolère le médicament et ne vomisse plus. L’émétique guérit non par les évacuations qu’elle provoque, mais par suite d’une vertu directe et sédative. La thérapeutique de Rasori comprenait en outre des médicaments hyposthénisants tels que vomitifs, purgatifs, diurétiques, régime aqueux de Cérillo, diète, saignée.
En somme, la méthode de Rasori consiste à combattre la diathèse dominante et à laquelle tient la maladie (par les contrestimulants) et à élever la diathèse opposée par l’administration des remèdes qui lui sont favorables. Les effets des médicaments sont pour lui le thermomètre avec lequel il mesure la diathèse, la maladie, la convalescence. Il fut l’ennemi de la polypharmacie.