ibid. T. II[. p
4. ibid. T. III p, 217. La môme doctrine te trouve développée
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fait n'existe-t-il pas ? parceque perfection et réalité sont incompatibles. Et pourquoi ces deux termes sontils incompatibles ? Parce qu'ainsi le veut M. Vacherot; parce qu il érige cette prétendue incompatibilité en un axiome à priori, qui s'impose de lui-même, et sans qu'il fournisse Tombre d'une démonstration à lappui d'une si prodigieuse affirmation. Et voilà toute la base de la nouvelle théologie I Gomme si l'infinité, la perfection et tous les autres attributs de l'absolu n'étaient pas identiques I Gomme si le mouvement de la raison ne s'élevait pas, du môme coup, à l'idée du parfait et de Yinfinil Mais arrêtons' ici nos réflexions et bornonsnous à constater que la métaphysique de M. Vacherot, aussi bien que celle de M. Renan, se résume dans ces deux propositions qui, à leur tour, résument tout le positivisme. 1° Il n'y a de positif et de réel que les existences de l'univers, comprises dans ce qu'on appelle le domaine de l'expérience ; 2« Tout ce qui dépasse les bornes de l'expérience, tout ce qui est du domaine propre de la raison. Dieu, le parfait, l'idéal, tout cela n'est qu'une abstraction de l'esprit, ne correspond à aucun être substantiel ; tout cela est en dehors de la réalité.
Ce n'est donc pas Dieu, le Dieu vivant et personnel,
plus abondamment encore dans un autre ouvrage du môme auteur, publié en 1869 sous ce titre significatif, la Religion, où il cherche à établir par des considérations analogues à celles de MM. Comte rt Litlri», que l'ùlat positif sera le terme fini! du mouvement intellectuel et scienlifîque de l'esprit humain
c'est le néant de Dieu qu'adore l'humanité. Et c'est le même néant auquel MM. Renan et Yacherot adressent, avec un sérieux qui désarme la pitié, leurs prières,leurs hommages, leurs adorations. Ils ont créé, ce dernier surtout, je ne sais quel athéïsme mystique ou quel mysticisme athée, qui prétend maintenir au-dessus du yide éternel, dans les régions désertes du néant, ces grandes et saintes choses qui s'appellent dans la langue et dans la vie des peuples, Tétemelle morale, l'éternelle prière, l'éternel culte, l'éternelle religion. Ils s'animent et s'exaltent, dans les effusions d'un enthousiasme étrange, et dans les élans d'un lyrisme plus étrange encore, pour ce néant où ils placent leur idéal, et qu'ils décorent, par un renversement d'idées sans exeiâple, de tous les attributs et de toutes les perfections qu'ils refusent au Dieu véritable et vivant. Témoins tristement éloquents de l'opposition redoutable qui peut s'établir dans un seul et même esprit, entre la sophistique du système, dont la marche, selon le mot de Platon, aboutit au non-être ; et la logique, invinciblement rebelle, non de la seule raison, mais de l'âme tout entière, qui se cramponne, en dépit du système, à une ombre telle quelle d'être et de divinité.
Veut-on connaître enfin la formule qui marque le terme extrême du positivisme et constitue l'essence même de Vesprit dont se nourrissent et se pénètrent les négations modernes ? La voici telle que la donne
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M. Edmond Scherer , ancien pasteur protestant , croyons-nous, auteur des Mélanges de critique religieusCy rédacteur du journal le Temps, et dont nous pourrions entretenir plus longuement nos lecteurs, si nous n'avions à porter un jugement sévère sur la morgue et la suffisance insupportables avec lesquelles, dans sa médiocrité philosophique et scientifique, il affiche en même temps la plus risible infatuation de son propre savoir et le mépris non moins risible dont il honore quiconque ne pense pas comme lui *. Or voici ce que dit M. Scherer : « Il est un principe qui s'est emparé avec force de Tesprit moderne etque nous devons à Hegel. Je veux parler du principe en vertu duquel une assertion n'est pas plus vraie que Tassertion opposée. » '
« La loi de la contradiction, tel est, dans ce système, le fond de cette dialectique qui est l'essence même des choses. Gela veut dire que tout est relatif ei que les jugements afoo/u5 sont faux. Cette découverte du caractère relatif des vérités est le fait capital de l'histoire delà pensée contemporaine. Il n'y a pas d'i-
1. Il faut voir de quel ton il régente des hommes qui n'ont pas su atteindre à la hn.\ileur transcendante de sa critique et qui s'appellent Cousin, Guizot, Gratry etc. Certes, nous pouvons le dire en toute sincérité, nous n*éprouvons que de la bienveillance pour les personnes dont nous avons à combattre les idées et les systèmes. Mais il est un ton d'orgueil, de mépris et d'injustice systématiques, qui est détestable partout où il se rencontre. On ne saurait trop le flétrir.
dée dont la portée soit plus étendue, Taction plus irrésistible, les conséquences plus radicales. Aujourd'hui rien n'est plus parmi nous vérité^ ni eireitr. Il faut inventer d'autres mots. Nous ne voyons plus partout que degrés et que nuances, nous admettons jusqu'à ridentité des contraires. Nous ne connaissons plus la religion, mais des religions; la morale, mais des mœurs ; les principes, mais des faits. Nous expliquons tout ; et comme on l'a dit, l'esprit finit par approuver ce qu'il explique. La vertu moderne se résume dans la tolérance. *
« Tout n'est que relatif; bien plus, tout n'est que relation... Le vrai n'est plus vrai en soi, le vrai, le beau, le juste môme se fond perpétuellement. Ainsi nous comprenons tout, parce que nous admettons tout... *» iCU absolu est mort dansles âmes, qui le ressuscitera?'»
Ce qu'il aurait pu traduire ainsi : La raison est morte dans les âmes, qui la ressuscitera ? Car, dans le fond,rabsolu et la raison, comme nous le verrons plus loin, sont une seule et même chose. La raison, dans son essence, est la faculté de I'absolu, et elle n'est que cela. Supprimez l'absolu et vous supprimez la raison. Altérez la valeur des notions absolues et vous brisez, au même degré, l'admirable instrument de la raison. Et c'est là, en dernière analyse, le terme fatal du positivisme et de tous les systèmes de négation qui se