‹ Les doctrines positivistes en France (volume 2)Chapitre 53 sur 135 · Cours de phyHoU)gie, p. 46 et · texte numérisé non relu

Cours de phyHoU)gie, p. 46 et

faits inconnus ! La limite de notre regard serait donc la limite de la nature elle-même I Ne voilà-t-il pas, en vérité, une argumentation puissante, et n'est-il pas évident, qu'appuyé sur de telles preuves, l'athéisme doive être le dernier mot de la science ?

Mais cet asile même que la complaisance des infusoires semblait offrir à l'athéisme scientifique, la science le lui arrache sans merci et sans pitié. Un chimiste distingué^ M. Berthelot, avait réussi à recomposer chimiquement, par ce qu'on appelle l'action lente des affinités, non, bien entendu, des êtres vivants, ni même une simple cellule d'un tissu organisé, mais ce qu'on, appelle des substances organiques, telles que les sucres, les alcools, qui entrent dans la composition des êtres vivants. A cette découverte, les espérances de l'athéisme se réveillèrent plus ardentes que jamais. Tiendrait-on enfin le secret de la vie ? Serait-on sur la voie du grand mystère ? Verrait-on l'organisation sortir manifestement des flancs de la matière inanimée ?

C'était le moment de remettre en honneur la thèse des générations spontanées. Au siècle dernier, l'anglais Needham l'avait tirée de l'oubli. Spallanzani l'y fit rentrer. Un expérimentateur contemporain, M. Pouchet, la remit en vogue en prouvant, disait-il, que certaines substances fermentescibles, où l'action d'une forte chaleur avait préalablement détruit tout germe vivant, n'en produisaient pas moins tout un monde de

vibrions, de bactériums et d'autres infusoires. En vain le

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savant micrographe Ehrenberg * avait-il réussi, par des prodiges d'analyse, à décrire toutes les merveilles de ces animalcules. En vain avait-il prouvé qu'ils ont une organisation très-complète et très-compliquée. En vain avait-il classé les diverses espèces et constaté, dans chaque espèce, l'existence des deux sexes et de leurs organes de génération. En vain avait-il analysé et décrit les germes qui les produisent. Qu'était-ce que tout cela en présence du vase fatidique qui contenait les merveilleuses infusions de M. Pouchet ? Ces infusions n'étaient- elles pas purement inorganiques? Tous les germes n'y avaient-ils pas été calcinés par la chaleur ? Et cependant des milliers d'infusoîres ne sortaient-ils pas de ces infusions, comme Minerve du cerveau de Jupiter 7 Donc les infusoires naissent de la matière brute. Donc la matière peut engendrer, à elle seule, la vie, et nous tenoiïs le procédé qui a fait sortir de l'atome primitif le génie de Bossuet et l'âme de saint Vincent de Paul !

Malhearettsemeût pour la jeune science, ce triomphe ne fut pas de longue durée. Un chimiste éminent, M. Pasteur *, professeur à la Faculté des sciences de Paris, reprit, une à une, toutes les expériences de M.Poudiet, et fit crouler, un à un, tous les fon-

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