Opinion nationale, 4. sept
4. Bien des personnes ont été étrangement surprises qu'en récrivant l'Évangile à sa façon, cet auteur ait osé n ier la divinité de Jésus Christ. Pour nous, ce qui nous eût étonné de sa part, c'est qu'il l'eût reconnue. Le moyen de croire que J.-C. est Dien. quand on pose en principe qu'il n'y a pas de Dieu !
Tel est aussi le système de M. Vacherot, à cette différence près, qu'il professe ouvertement, avec l'accent d une parfaite sincérité, avec une précision rigoureuse, sous la forme la plus nette et la plus catégorique, ce que M. Renan essaie de voiler sous la tactique de ses équivoques et sous les artifices de son langage. Pour lui, comme pour M. Renan, il est un double Dieu : le Dieu réel, privé de perfection, et le Dieu /?ar/aif, privé de réalité. Le Dieu réel est l'univers ou le cosmos, « Être véritablement un. Être organique en qui tout naît, croît et se forme par le développement d'une force interne ^ ; Être universel, absolu, nécessaire', qui se suffit à lui-même et n'a nul besoin d'un principe hypercosraique ^ ». Cependant, malgré son infinité, le Dieu-Cosmos est soumis aux lois du changement. Il est imparfait, il n'est pas le vrai Dieu, le Dieu immuable, le Dieu de la conscience et de Thumanité. Le vrai Dieu est le Dieu parfait et immuable ; mais ce Dieu n existe pas. C'est un « être de raison dont la perfection est tout idéale. C'est le Dieu 'de la pensée pure, le Dieu que Platon et Descartes poursuivent en vain comme un être réel. Ce Dieu là n'a d'autre trône que l'esprit, ni d'autre vérité que Tidée. Quand les théologiens lui assignent pour objet un être réel, ils réalisent une abstraction * ». Et pourquoi le Dieu par-