‹ Les documents secrets des archives du Ministere des affaires etrangeres de RussieChapitre 6 sur 58 · Convention russo-bulgare. (N · texte numérisé non relu

Convention russo-bulgare. (N

EN 1900, un vif conflit surgit entre la Roumanie et la Bulgarie à la suite de l'assassinat à Bucarest d'un nommé Mihaleanu.

Une convention militaire fut conclue entre l'Autriche et la Roumanie en septembre 1900. Dans son préambule, il était dit que le désir de la Roumanie d'accroître ses possessions par l'acquisition d'une partie de la Bessarabie, de la forteresse de Silistrie et si possible, de Roustchouk, Schoumen et Varna, apparaissait comme très légitime (Guechoff, l'Alliance Balkanique, p. 61). La Russie (ou plus probablement la Bulgarie) ayant eu connaissance du texte de cette convention, en informa l'autre puissance menacée et des pourparlers russo-bulgares commencèrent. Ils aboutirent à un projet de « convention militaire » signé par le général-major Jilinski et envoyé par le ministre de la guerre

A. N. Kouropatkin le i6 mai 1902 au comte Y. N. LamsdorfF, minisire des affaires étrangères ; il comprenait les 9 articles suivants :

1. Le présent accord ne poursuit pas des buts agressifs, mais seulement de faire échec à la convention militaire entre l'Autriche-Hongvie et la Roumanie.

2. Il n'a donc en vue qu'une action contre l'Autriche et la Roumanie et ne peut être dirigé ni contre la Turquie, ni contre aucune autre puissance balkanique.

3. La Russie coopérera de toutes ses forces à la défense de l'intégrité et de l'inviolabilité du territoire de la Bulgarie.

4. En cas d'attaque de l'Autriche-Hongrie ou de la Roumanie (ou de ces deux puissances ou de la Triple Alliance) contre la Bulgarie ou la Russie (ou contre ces deux puissances), les puissances contractantes devront employer toutes leurs forces et leurs ressources à lutter contre l'agresseur, sans reculer devant aucun sacrifice pour atteindre un complet succès.

5. [Si rx\utriche n'aide pas l'agression roumaine contre la Bulgarie, la Russie peut rester neutre.]

6. [En cas de guerre avec la Roumanie et l'Autriche, la Bulgarie gardera la plus stricte neutralité à l'égard de la Turquie et apportera

la plus grande circonspection dans ses rapports avec elle. Ne laissant au sud des Balkans qu'un corps d'observation, elle réunira le reste de son armée sur le Danube.]

7. Les plans de mobilisation et de concentration de l'armée bulgare et ceux de défensive et d'offensive pour exécuter des missions et atteindre des buts indiqués par l'État-major général russe devront être élaborés le plus tôt possible sous la direction de cet état-major en collaboration avec le ministère de la guerre bulgare. Ils devront être ratifiés par S. M. l'Empereur...

8. Le généralissime russe commandera en temps de guerre les armées de la Russie et de la Bulgarie et dirigera leurs opérations, qu'ellesagissent ensemble ou séparément... Si Son Altesse nomme un généralissime, il devra, ainsi que le chef d'état-major, être choisi d'accord avec le ministère de la guerre russe et sous réserve de l'approbation de S. M. l'Empereur. [Près du commandant de l'armée bulgare et de chacun de ses corps et détachements sera placé un officier russe qui aura voix délibéralive dans les conseils.]

9. [La flotte russe pourra utiliser les ports bulgares et prendre les mesures nécessaires à leur défense.]

Le 22 mai, Lamsdorffsoumit ce projet àPapprobationdii Tsar, en proposant d'y ajouter un lo* article:

10. [La présente convention entre en vigueur immédiatement et constitue un secret d'Etat particulièrement important.]

Le Tsar approuva la convention et cette adjonction ; le 23 mai, Lamsdortï en informa Kouropatkine, l'avertissant qu'à raison de la qualité de vassal du prince Ferdinand, il ne pouvait être question de la signature du Tsar, mais seulement (comme dans le cas de la convention militaire franco- russe), d'un échange de lettres annonçant la ratification de la convention après sa signature par les plénipotentiaires. Le 3i mai/i3 juin 1902, le général Paprikoff signa cette convention pour la Bulgarie.

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