SCÈNE IIL
La Marquise, Le Duc, Richard ; Corinne, Esther, et Les Jeunes Filles, toujours assises et travaillant,
La Marquise {au duc). Je vous remercie, raonsieir le duc, de m'avoir accompagné chez Hei-mance.
Le Duc. Où moi-même j'avais à faire.
La Marquise. Et moi donc ! . . . l'affaire la plus importante ! une matinée dansante improvisée à l'amba-ssade d'Angleterre.
Le Duc. Comme autre fois chez madame d'Appony.
La Marquise. Précisément ! la cour y sera, et c'est pour aujourd'hui à quatre heure? {Apercevant Corinne à ga7iche et allaiit lui parler).
Le Duc {se retournant et apercevant Richard à droite.) Toi ici ! . . .
Richard. Pour une cousine de province qui • » et toi ! que viens-tu faire ?
Le Duc (vivement et à voix basse). Tu ne sais pas ma belle inconnue, elle . est ici! chez Hermancel . . C^est une de ses clientes, j'en suis sûr !
RiCH/VRD. Comment ?
Le Duc. Je l'ai vue tout à l'heure dans une voiture élégante .qui a dépassé la mienne ... et qui s'est arrêtée ici !.. . Elle y est . . . elle y doit être ! je ne sors pas d'ici que j'î ne l'aie vue ! . . .
Richard. Rester ici ! ce n'est pas possible !
Le Duc. J'ai un prétexte . , . les dettes de Diana que j'ai à payer !
La Marquise (qui vient de causer avec Corinne), Ainsi, ma robe pour la matinée d'aujourd'hui . . .
Corinne. Sera prête dans une heure.
La Marquise. Je l'attendrai ... je l'emporterai moimême ! . . . Ah ! je viens de voir, dans le petit salon, une idée, un projet de robe . . .
Corinne. Dont le dessin est de madame et dont la coupe est de moi.
La Marquise. Une merveille d'élégance, de grâce et d'éclat.
Corinne. C'est pour la reine de Portugal ! La Marquise. Quel dommage !
Corinne. Fa ce n'est rien encore . . . c'est quand ce sera fini ! C'est dans quelques jours qu'il faudra \ oir cela ! . . .
La Marquise. Je reviendrai ! . . . (Elle se dirige vers la table à gauche^ et examine des échantillons ; pendard ce temps, le duc s^ adresse à Corinne.)
Le Duc. Mademoiselle, vous serait-il possible de ras sembler les différents mémoires Je mademoiselle Diana?
'Corinne (cherchant), Diana ! . . . mademoiselle Dia? na ! . . .
Le Duc (à demi-voix). De l'Opéra.
Corinne. J'y suis ! . . . C'est antérieur au règne de madame . . . e^ cela date de longtemps . . . N'import4\ monsieur le duc, je vais interroge! notre répertoire.
Richard (regardant vers la porte à droite). Ah! madame de Berny !
Le Duc (lui montrant la marquise à gauche), La mai-quise ! {A Richard eii riant.) Les deux années en présence ! heureusement elles ne se parlent plus . • .