SCÈNE XL
Le Comte, debout derrière Tristan, qui est assis à droite^ Berthe, entrant par la porte du fond et se dirigeant vers la porte à gauche.
Berthe. Hélène ! Hélène ! (Apercevant Richard qui sort de la porte à gauche.) Vous ! monsieur Richard ! Richard. Qu'est-ce donc ?
LES DOIGTS DE *1e. 103
Berthe. Vous ne savez pas ? ... ma grand'mère vient d'arriver ... je l'ai vue. Grand'inère ici, chez Hélène !
La Comtesse {paraissant à la porte du fond qui est restée ouverte). Visible ou non, je lui parlerai . . . il le fcut!
Le Comte (se retournant). Ma mère!
La Comtesse (entrant). Mon fils ! . . . Tristan!
Richard (bas, à Berthe). Toute la famille réunie!
Trtstan (assis près de la table et poussant un cri de désespoir en se frappant le front). Ah ! l'infâme ! ... Ce d'Hérival qui menace de porter plainte . . . plainte contre moi ... si je ne lui paye à l'instant ... à l'instant même ces soixante mille francs que je lui dois.
La Comtesse. Que tu ne lui dois plus ! ... tu ne dois rien ! . . . voilà sa quittance qu'une main inconnue vient de déposer chez moi pour te la remettre.
Richard (feignant V étonnement) . En vérité?
Le Comte (s'en emparant). Oui! . . . signé d'Hérival, (Lisant.) "Je reconnais avoir reçu de madame la comtesse de Lesneven, en l'acquit de M. Tristan, son petitfils . . ."
Tristan. Ah ! grand'mère ! comment vous remercier . . .
Berthe. Je vous reconnais bien là !
Richard. Voila un trait dont vous devez, être fiere !
La Comtesse. Dont je suis indignée ! se servir ainsi de mon nom . . . car ce n'est pas moi ... ce n'est pas moi . .
Richard. Allons donc ! c'est vous !
Tous. C'est vous ! convenez-en.
La Comtesse (avec colère). Eh! non! non! cent fols non ! faut-il le jurer par nos aieux ?
Tristan. Qui donc alors ?
La Comtesse. Vous me demandez qui a osé, non pa? affection, mais par orgueil, nous imposer des services . . et moi je l'ai reconnue sur-le-champ . . . c'est Hélène (Montrant Hélène qui entre en ce moment) c est elle !
Tristan. Hélène 1 ♦ . .