‹ Les doigts de féeChapitre 55 sur 120 · ACTE III, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VIII

BEP.THEj debout s'appuyant sur le cbs du canapé.

Mais, ma grand'mère, ètes-vous sûre que Tristan ne se soit pas trompe? il est si étourdi ! Pavez-vous vu ?

LA COMTESSE

Nous avons trouvé, à notre arrivée, un mot de sa main : « Mes chers parents, la marquise de Menneville vous attendra chez elle, ce matin ou ce soir, à votre choix. » Et comme votre oncle était pressé...

LE COMTE, se promenant avec agitation.

Oh ! oui ! très-pressé.

Il ajoutait : « Priez Berthe do vous accompagner, la marquise désire la connaître et je la lui ai promise. »

BEimiE, liant.

Me voici ! (Regardant le comte.) Mais comme vous avez Pair agité, mon oncle ?

LE COMTE

Ce n'est rien, mon enfant.

BER.TIIE.

Et ma grand'mère aussi !

LA COMTESSE

Faire attendre la famille Lesneven !

LE COMTE, s'asseyant près d'elle sur le canapé à gauche, pendant que Berthe s'asseoit près de la table à droite et parcourt des gravures de modes.

Eh! oui, sans doute, c'est très-inconvenant! mais calmez-vous, ma mère, et tâchez d'avoir avec la marquise un air aimable.

LA COMTESSE

Quand je suis furieuse !

LE COMTE, à demi voix.

C'est égal... c'est demain que notre sort se décide, et si je n'obtiens pas, ce soir, une audience particulière de son frère..

LA COMTESSE, avec fierté.

Qu'importe !...

LE COMTE, avec impatience et toujours à demi voix.

Mon Dieu, ma mère, il y a temps pour tout! une autre fois nous serons nobles, mais aujourd'hui nous sommes industriels, nous sommes dans les affaires.

LA COMTESSE

Et pourquoi vous y êtes-vous mis?., contre tous mes avis...

LE COMTE, de même.

Nous y sommes, ma mère ! et depuis deux ans tout vu mal

par ma négligence, par mon laisser-aller de grand seigneur, parce que vous prétendiez qu'un Lesneven ne devait se mêler de rien.

"* LA COMTESSE

Et je le dis encore!

LE COMTE

Bien! bien!... En attendant, cette malheureuse entreprise de défrichements a successivement attiré tous nos capitaux... et pour en trouver, pour emprunter, il m'a fallu hypothéquer nonseulement nos propriétés foncières... mais encore, ce que vous ne savez pas, ma mère... la ferme de Tristan...

LA COMTESSE, effrayée.

0 ciel !

L E COMTE

Qui m'avait laissé sa procuration.

LA COMTESSE

Tristan !

Que je n'ai pu prévenir encore, et à qui il est inutile d'en parler; car, si nous pouvons obtenir, comme je l'espère, le passage du nouveau chemin de fer sur nos terrains, tout est réparé... bien plus, notre désastre devient une magnifique spéculation !

LA COMTESSE

Et alors...

LE COMTE

Et alors nous aurons le loisir d'être nobles... nobles tant que

nous voudrons, ma mère. (Berthe, qui pendant la fin de la scène précédente a feuilleté sur la table à gauche des journaux de modes et des albums, regarde vers le fond et se lève vivement.)

LA COMTESSE

Ah! Tristan!

se une rx.

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