‹ Les doigts de féeChapitre 84 sur 120 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

HÉLÈNE, assise à gauche, TRISTAN.

TRISTAN, s'avançant et à part.

Quel riche et somptueux hôtel 1 Et c'est ici sa demeure...

HÉLÈNE, se levant et s'avançant vers Tristan.

M. Richard m'a annoncé que vous désiriez me voir...

TRISTAN

Oui... pour la dernière fois...

HÉLÈNE

11 me l'a dit...

TRISTAN

Hier, Hélène... je vous ai reniée... repoussée... mais ce n'était pas... et je tiens à vous l'apprendre, par vanité... de caste... par orgueil de famille... Si j'ai été méchant et cruel envers vous... (Éclatant.) Envers toi, car il m'est impossible de te parler ainsi, ['habitude est plus forte que la colère et je me surprends malgré moi à te tutoyer, le permets-tu?

HÉLÈNE

Comme tu voudras!

TRISTAN

Si je n'ai pu réprimer un premier mouvement de fureur et de jalousie, c'est que ta position actuelle me prouvait une

chose, dont je doutais encore, ton a ur pour un autre ! Tout

m'était expliqué. Pendant que je courais en Angleterre pour trouver ce rival inconnu, pour l'arrachera lui...

HÉLÈNE

Comment?.. Userait vrai?..

TRISTAN

J'étais un insensé alors... et je ne le suis plus. C'est pour lui que tu quittais notre Bretagne... c'est lui qui t'attendait ici... à Paris... c'est lui... qui t'est venu en aide... (u se jette daus un fauteuil à droite.)

HÉLÈNE, à part.

Et lui laisser une pareille idée!., ah!., c'est impossible1 (Haut.) Tristan, j'ai toujours dit la vérité, je la dirai encore Celui que j'aime n'a jamais rien reçu de moi... qui lui donna le droit de m'offrir sa fortune... je ne lui dois rien, je le jure devant Dieu ! je le jure sur l'honneur et sur notre amitié. Me crois-lu?

TRISTAN

Oui ! mais cette amitié dont tu parles, c'est elle qui s'effraye pour toi d'une position qui t'expose aux regards, aux impertinences... aux déclarations peut-être du premier fat...

HÉLÈNE

Sois tranquille... je sais me défendre.

TRISTAN

Si tu te défends, c'est que tu es attaquée... et c'est trop ! mille fois trop ! Mon Dieu, après ce que tu viens de m'avouer... je ne te parle pas ici comme un homme qui t'aime, mais comme un parent, comme un ami; et au nom de ta dignité de femme, je dis que tu te dois à toi-même, que tu nous dois à tous de rejeter avec horreur une profession...

HÉLÈNE

Tais-toi! tais-toi! je la bénis, (souriant.) Et quant aux déclarations, aux séductions dont tu parles, sois tranquille. (Portant la main à son cœur.) J'ai là, pour me défendre, un talisman.

TRISTAN, avec jalousie.

Un talisman!.. Ah! oui... oui... je sais.

HÉLÈN E, allant à lui.

Pardon! pardon, mon ami! je suis une égoïste... j'ai oublié, moi, que j'allais t'aftliger.

TRISTAN

Non! non! cela ne sera rien ! il faut bien que je m'y habitue.

HÉLÈNE

Ne parle pas ainsi, je souffre tint de...

TRISTAN

Non! non, tedis-je!.. ce n'est rien!., j'ai agi là comme un enfant!., mais la raison revient... Ne parlons plus de cet

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