‹ Les doigts de féeChapitre 89 sur 120 · ACTE IV, SCENE X · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE X

Dis-moi... mon oncle...

HÉLÈNE

Quoi ! vous le voulez bien... vous y consentez !...

LE COMTE

Toujours... quand nous serons entre nous, quand nous serons seuls; et pour te montrer combien je suis au-dessus des idées mesquines et arriérées qu'on me suppose; pour te prouver que je tu regarde toujours comme ma nièce, je viens m'adresser à toi, te demander un service.

HÉLÈNE

0 mon cher oncle!... vous me rendez confuse!

LE COMTE

Deux tracés sont proposés pour un nouveau chemin de fer ; tous deux offrent des avantages nombreux, mais différents. Si Ton choisit le tracé à gauche, qui traverse nos terres de Bretagne, nous faisons des bénéfices énormes, et notre famille est à jamais relevée. Mais si l'on préfère le tracé de droite, nous sommes ruinés!

HÉLÈNE

Kuinés!...

LE COMTE

De fond en comble. Une commission est nommée qui doit se composer de cinq membres... on n'en connaît encore que quatre... mais les deux que j'ai vus sont contre nous... rien à espérer de ce côté.

HÉLÈNE

Et les autres... qui sont-ils?

LE COMTE

Le premier est un banquier... un capitaliste que tu dois con naîlre, monsieur Balthasar... dont la femme est, dit-on, de tes clientes!

HÉLÈNE

Oui .. oui... monsieur Balthasar ne refuse rien à sa femme...

la [UClle m'est tOUte dévouée. (Passant à la table à gauche.) Et Cil lui

écrivant ce petit billet confidentiel... (Elle écrit.) en lui disanl surtout que c'est pour mon oncle...

LE COMTE, vivement.

Garde-t'en bien !.. ta recommandation aura d'autant plus de orce qu'un ne saura pas du tout, du tout, notre parenté! tu

l'O LES DOIGTS DE FÊE.

I onrras parler bien plus librement de mes talents, de ma capacité... tandis qu'autrement... on pourrait suspecter...

HÉLÈNE , souriant.

Je comprends... (se levant.) Et l'autre arbitre de votre sort, l'autre membre de la commission ?

LE COMTE

On l'a nomme, parce qu'il est de notre pays, de la Bretagne, et sa voix sera lapins influente... C'est un grand seigneur... un duc... un ami de madame de Menneville, avec laquelle je viens

de le Voir arriver ici... tout à l'heure... (Montrant l'appartement à

jauche.) Et, tiens, regarde dans ce petit salon.

HÉLÈNE

Ce jeune homme qui cause avec ma premier? demoiselle?

LE COMTE

Lui-même!..

Où l'ai-je vu?.. Ah ! je me rappelle ! j'ai voyagé tout un jour avec lui en chemin de fer... Moi lui rien demander !... impossible, mon oncle !.. c'est impossible !

le coan i',.

Alors, tout est perdu ! car il ne s'agit pas de moi seul, mais de Tristan !

HÉLÈNE, vivement.

De Tristan !.. que dites-vous ? achevez I

LE COMTE

Si tu ne peux nous venir en aide I si j'échoue dans cette entreprise... mon fils compromis, sans le savoir, par moi, par mon imprudence... voit son avenir à jamais perdu.

HÉLÈNE, avec frayeur.

L'avenir de Tristan !.. (Entendant le duc dans l'appartement à gauche.) C'est le duel (remettant à son oncle la lettre qu'elle vient d'écrire et qu'elle ient encore à la main.) Portez vite Cette lettre !

LE COMTE , la prenant, vivement.

Bien... bien... je cours chez madame Balthasar, de là m'inbrmer si le cinquième membre de la commission est nommé.

HÉLÈNE, le pressant.

Partez, vousdis-jel

LE COMTE, sortant.

Toi, songe à nous!., à ta famille 1

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