ACTE TROISIÈME
JOSEPH
Mon Dieu, monsieur, je ne la mange pas.
DUROSEL.
Non, mais vous vous en servez.
JOSEPH
Je jure sur ies cheveux de monsieur que c’est la prerftière fois...
DUROSEL, avec colère.
Allons donc ! vous mentez I Depuis quelques temps, vous empestez les odeurs...
JOSEPH
Et si c’était par dévouement pour monsieur ?
DUROSEL.
Ah ! elle est forte, celle-là !..
JOSEPH
Oui, monsieur, par dévouement !... à preuve que je déteste les parfums... ça me fait mal, ça me porte à la tête 1
DUROSEL.
Et qui vouà oblige d’en mettre alors ?
JOSEPH, avec mystère.
C’est pour servir vos amours... inaitre ingrat!
Mes amours ?
JOSEPH
J’avais juré de me taire... mais, puisque monsieur m’accuse, ma foi, tant pis 1 je parlerai !... C’est mamselle Coralie... '
DUROSEL.
Coralie!... la jolie gantière?
JOSEPH
Oui, monsieur, c’est elle qui me pousse à la consommation.
DUROSEL.
Par intérêt ?
JOSEPH
Fi donc ! monsieur... par amour.
DUROSEL.
Comprends pas ?
JOSEPH
Comment, monsieur, vous ne comprenez pas que plus votre parfumerie diminue, plus vos visites au passage ïouffroy augmentent ?
DUROSEL.
Quoi 1 ce serait? • ••
JOSEPH
C’est pour vous voir plus souvent qu’elle m’a supplié de ne pas ménager ses articles.
DDROSEL, très-émn.
Voyons, voyons, pas de bêtises, Joseph!.,.
JOSEPH
Ma parole d’honneur!...
BÜROSEL. .
Ce pauvre garçon t... et moi qui le grondais!..,
JOSEPH
Voyez comme les maîtres sont injustes!
DUROSEL.
Avec tout ça, Joseph, elle ne m’a encore rien accordé.
JOSEPH
Elle lutte, monsieur, elle lutte!
DUROSEL.
Courageuse enfant!
Et puis peut-être désire-t-elle avoir des preuves de votre amour.
DUROSEL, avec feu.
Elle en aura, Joseph, elle en aura !... et, pour commencer, vois ce petit présent que je lui destine... (il tire un écrin de sa pocho ; Virginie entre par la gauche.)
JOSEPH
Des boucles d’oreilles !
DUROSEL.
En émeraudes... couleur d’espérance...