‹ Les dominicains et la découverte de l'Amérique [microforme]Chapitre 9 sur 35 · Ü8 LES DOMINICAINS · texte numérisé non relu

Ü8 LES DOMINICAINS

quence quatre sections terrestres, opposées et symétriques. L’œcumène, le monde des anciens, occupait un seul des deux segments de l’héuisphère boréal (1).

La conséquence de la théorie de Strabon élait un changement profond dans la proportion établie par Aristote entre l'œcumène et la superficie tolale de la terre : elle ouvrait un espace immense dans l'hémisphère nord entre les Colonnes d'Hercule et les Indes, là même où le chef du Lycée n'avait vu qu'un océan dont les rivages étaient assez rapprochés; elle substituait enfin une vaste région habitable à la surface mobile des eaux.

La conception de Strabon ouvrait le champ aux fictions de la poésie et aux hypothèses d’une science encore peu sûre d'elle-même. On discuta dès lors. l'existeuce des antipodes et leur habitabililé. On retrouve plus ou moins nettement l'influence de Strabon dans le Songe de Scipion de Cicéron et dans le commentaire que Macrobe en a fait. Nous ne croyons pas cependant que l’action de Strabon fut bien profonde chez les anciens. Un cencyclopédiste de la valeur de Pline isnore l'œuvre du célèbre

(1) Vivien de £aint-Martin, p. 169.

que quar

(1)J les su

El LA DÉCOUVERTE DE L'AMÉRIQUE 69 géographe, et le premier Sénèque en est toujours à la conception d’Arislote : Post omnia Oceanus, post Oceanum nihil.

Cependant ce système de la division de la terre en quatre segments se retrouve d'une façon précise chez Guillaume de Conches au xue siècle et chez Gautier de Saint-Victor dans la seconde moitié du même siècle (1). Mais cette Lhéorie n'eut pas de suites : le mouvement aristotélicien l'emporta et la fit disparaître.

Aussi est-ce bien à tort que l’on a voulu voir dans Roger Bacon un défenseur des antipodes, affirmant l'existence d’un continent interocéanique analogue à l'Amérique. Cette opinion repose sur une fausse intelligence des paroles de Bacon. Souvent, hélas ! à Ja base des admirations et des dénigrements du moyen âge, il y a l'ignorance du latin. Bacon n'a pas d’autres idées sur la question qui nous occupe que celles d'’Aristote. Répondant aux aûciens, qui avaient affirmé que la terre habitée n'occupait que le quart de la superficie du globe, pendant que les eaux recouvraient les trois autres quarts, il répond, pour réfuter celte opinions

(1) Jourdain, de l'Influence d'Aristote et de ses interprètes sur la découverte du Nouveau Monde. Paris, 1861, p: 8.

que « le prétendu quart habité s'étend en grande partie au dessous de la terre par opposition à nous, parce que la mer qui sépare ses extrémités de l’autre côté est petite : c’est pourquoi cet espace (habilalio) entre l'orient et l’occident n'égale pas la moitié du cercle équinoxial, ni la moitié de la circonférence terrestre. Quelle est cette étendue véritable? On ne l’a pas mesurée de notre temps, et nous ne trouvons rien de sûr à ce sujet dans les livres des anciens. A cela rien d'étonnant, puisque nous ne connaissons pas la moitié même des régions que nous habitons. Il est donc manifeste que des extrémités de l'occident à celles de lorient, de notre côté, l’étendue est plus de la moitié de la terre » (1).

(1) « Jam patet quod multum de quarta illa sub nostra erit habitatione, propter hoc quod principia orientis et occidentis sunt prope, quia mare parvum ea separat ex altera parte terræ, et ideo habitatio inter orientem et occidentem non erit medietas æquinoctialis circuli, nec medietas rotunditatis terræ. Quantum autem hoc sit, non est temporibus nostris mensuratum, nec invenimus in libris antiquorum, ut oportet, certificatum; nec mirum, quoniam plus medietatis terræ, in qua sumus, nobis ignotum. Manifestum est igitur quod a fine occidentis usque ad finem Indiæ supra terram erit longe plus quam medietas terræ » (Opus majus: Londini, 1733, p. 124). C'est ce texte que P. d'Ailly a transcrit littéralement dans son Imago mundi. (1) (

On le voit, ce sont les idées d’Aristote, avec ce qu'elles conserveront d'erroné jusqu'au temps de la découverte de l’Amérique. Mais parce que Bacon a qualifié l'étendue de l'océan Atlantique du titre vague de habifatio, alors même que ce mot ne peut pas avoir d'autre sens que celui de « lieu » ou d’ « espace », puisque suivant lui il n’y a qu’une petite mer entre les éxtrémités du monde connu, on a traduit par « habitalion », ou « continent », malgré le contresens qu'on infligeait au texte même et aux idées de Bacon. On a transformé finalement cette faute de grammaire en « intuition scientifique », et l’on a déclaré que « le Docteur admirable, comme l’avaient si bien surnommé ses contemporains, eut en effet la gloire d’affirmer hardiment que, d’après les lois de la nature, une grande terre inconnue devait exister en Occident » (1). Tout cela pour un solécisme !

Dans son commentaire du Ciel et du Monde, Albert le Grand semble avoir partagé l'opinion d’Aristote sur la proximité de l'Europe et des Indes. Cependant il ne devait pas s’en tenir là; et il est du plus haut intérêt de connaître

(1) Gaffarel, Hist, de la découv. de l'Amér., I, p. 188.

les vues personnelles : qu'il'expose dans son traité de la Nature des lieux. Cet écrit est, dans le sens le ‘plus large du mot, un'traité de géographie. Division de la terre en divers climats, relalation ‘entre les climats ‘et leurs productions, distribution des mers et des continents à la surface‘du' globe, énumération ‘des grandes cités et des pays connus : telles sont les principales questions examinées par Albert.

C'est dans'cet ouvrage” que le grand naturaliste nous donne son véritable sentiment sur les antipodes. Quand il commente Aristote, non seulement Albert ne substitue pas sa pensée à celle d’Aristote, mais il va même, comme il le dit expressément, jusqu’à taire ses opinions personnelles, quand elles pourraient différer de celles du Maître (1). Aussi sa méthode comme commentateurest-elle véritable-

(1) «Expletum est totum opus naturarum, in quo sic moderamen tenui, quod dicta Peripateticorum, prout melius potui,. exposui : nec aliquis in eo potest deprehendere quid ego ipse sentiam in philosophia naturali : sed quicumque dubitat, comparet hæc quæ in nostris libris dicta sunt, dictis Peripateticorum, et tunc reprehendat, vel consenliat, me dicens scientiæ ipsorum fuisse interpretem et expositorem : si autem non legens et comparans reprehenderit, tunc constat ex odio eum reprehendere, vel ex ignorantia : et ego talium hominum parum

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curo re p. 5F2).

« Phy Peripate dimus, inducere mus, in a nobis p. 195).

ET LA DÉCOUVERTE DE L'AMÉRIQUE 73 ment objective, et les critiques que l'on a faites contre lui et saint Thomas d'Aquin, touchant: l'interprétation personnelle qu'ils ont pu donner de la doctrine d’Aristote, reposent d'ordinaire sur des a priori peu justifiés. : CURE

Cela est particulièrement manifeste dans le cas présent. Dans son commentaire du Ciel el du Monde, Albert expose simplement l’affirmation d’Aristote touchant le peu de distance qui séparerait les Colonnes d’Hercule des Indes orientales. Saint Thomas l’imite, mais en émettant un doute, à cause de l'insuffisance de la preuve alléguée. En reprenant la question pour son propre compte, Albert s'éloigne très franchement des idées d’Aristote, et il nous expose des vues fort remarquables par leur justesse et la prudence scientifique dont elles sont empreintes.

Le chapitre xu du de Natura locorum porte

curo reprehensiones » (Opera, t. XII, de Animalibus, p. 5F2).

« Physica tantum suscepimus dicenda, plus secundum Peripateticorum sententiam prosequentes ea quæ intendimus, quam etiam ex nostra scientia aliquid velimus inducere : si quid enim forte propriæ opinionis haberemus, in theologicis magis quam in physica, Deo volente, a nobis profcretur » (Opera, t. IX, de Somno et Vigiha, p. 195).

en titre: De la nature et de la disposition de l'hémisphère inférieur (1). C’est là qu’Albert nous expose ses vues: « Maintenant, dit-il en . commençant, nous avons à nous occuper de l’autre moitié de la terre, celle qui se trouve dans l'hémisphère inférieur. Les philosophes ont, sur ce sujet, des opinions fort diverses, et même contradictoires. D'ordinaire ils enseignent que personne n'a pu passer de nos régions dans l'autre hémisphère. Mais cela tient à ce que tous ceux qui ont fait des observations sur les différents lieux de la terre et sur les astres, ont opéré dans l'hémisphère supérieur. Cela est surtout manifeste dans leurs écrits sur les éclipses lunaires.

« Une éclipse de lune a lieu en effet pour toute la terre de la même manière et au même moment. Les philosophes qui se sont trouvés sur des iongitudes diverses, ont noté l'instant de l'éclipse, et nous ne croyons pas que la différence extrême entre les observations des uns et des autres dépasse jamais douze heures. Corime à chaque heure correspond un mouvement de 15° du ciel, il s'ensuit qu'en douze heures le ciel aura accompli une

(1) Opera, t, IX, p. 552.

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révolution de 180°. C'est juste la moitié de la sphère céleste à laquelle correspond une moitié de la terre. La conséquence est donc que les divers observateurs des éclipses de lune ne peuvent êire séparés les uns des autrès par plus de la moitié de la terre. Par exemple, si pour un habitant de l'Orient une éclipse de lune a lieu à la première heure de la nuit, pour un habitant de l'Occident il y aura douze heures de différence. De là les philosophes ont conclu qu’il «'y a d'habitants que sur une moitié de la terre.

« La presque totalité des mathématiciens est de l'avis es philosophes, et soutient que l’hémisphère inférieur n’est pas habité. Il est clair, disent-ils, que la masse de l'eau est plus considérable que celle de la terre. IL faut donc qu'une partie de la terre soit entièrement submergée, de même que nous voyons l'air entourer la terre et l’eau. Or, comme la terre n’est pas recouverte par l’eau dans notre hémisphère, il semble qu'il faille accorder qu’elle l'est dans l'hémisphère opposé ».

Cette conclusion, Aibert ne l’adinet pas.

Il expose d’abord les trois raisons présentées par l'antiquité pour étayer la négation des antipodes.

Les uns disent que pour les antipodes le mouvement du ciel est interverti, puisqu'ils ont leur orient où nous avons notre occident ; or, comme le ciel préside par son mouvement à toute génération, il ne peut remplir efficacement ce rôle pour l'hémisphère inférieur. Aussi Pythagore avait-il mis en cet endroit le séjour des darnés.

D'autres affirment que le volume des eaux est quatre fois celui de la terre, ce qui implique que plus de la moitié de cette dernière soit couverte par les mers.

Enfin, Hésiode déclare ce lieu inutile, parce que personne n'aurait pu y aller. Or, comme nous descendons d’un seul homme, si l'humanité avait été créée là-bas, elle n'aurait pu venir où nous sommes. Mais de fait nous savons que les hommes ont été élablis dans notre hémisphère, là où ils se trouvent présentement : ils ne sont donc pas en un autre lieu.

A la suite de ces objections, qui nous montrent comment l'esprit humain, en l’absence des procédés rigoureux de l'observation et de l'expérience, cherchait à étreindre les problèmes scientifiques avec des raisons de convenance ou des inductions sans portée, Albert rapporte l'opinion d’Albumasar et de ses adep-

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le tes, et c’est avec elle qu'il entre dans l'exposiils tion de ses propres idées. La terre est habitait : ble dans l'hémisphère inférieur comme dans nt le nôtre. Le soleil doit dessécher les parties A terrestres voisines de l’équateur, sur lesquelles sei ses rayons tombent perpendiculairement. Les ur parties plus éloignées doivent être plus riches ‘ en eau.

x Passant à l'examen des trois objections sus- Ji- mentionnées, Albert répond à la première en oit faisant observer que la droite et la gauche, lorient et l'occident, sont des termes relatifs ; rce qui l'ordre des mouvements célestes est pour ne hémisphère une réalité identique à ce - qu. :2 passe dans le nôtre, et que, conséquemde ment, l'objection de Pythagore est absolument ons nulle (1).

tre Pour ce qui est de la seconde, il est on ne te- peut plus incertain que la masse des eaux soit Me plus considérable que celle de la'terre. Il y a pos d’ailleurs de nombreuses causes qui peuvent se modifier la masse aqueuse, à cause de la facilité de que cet élément a de se transformer. Celle KT observation d'Albert est très plausibie ; mais vepert ()a Etideo ratio Pythagortæ nrilla est omnino + (Op.

ep- cit, p. 554).

78 LES DOMINICAINS on voit qu'il n’imaginait pas la proportion dans laquelle se trouvent la masse d'eau stable et celle qui est transformée par l’évaporation et les autres causes naturelles.

« Quant à l’objection, dit-il, tirée du fait qu'aucun des habitants de l'hémisphère inférieur n'est venu jusqu’à nous, on ne peut pas en induire qu'il n'y a pas d'habitants, mais simplement que l'étendue de l'océan qui entoure ces terres ne permet pas de la franchir par la navigation. Si toutefois on a franchi cet espace, ç'a dû être sous la zone torride, puisqu'il semble que là les rivages doivent être plus rapprochés » (1).

Rien n'est plus sensé que ce jugement touehant la difficulté d'atteindre les terres de l'autre hémisphère. Pour ce qui est de l'affirmation que les côtes les plus rapprochées entre ce monde inconnu et l'ancien sont sous la zone

(1) « Quod autem aë nos non pervenit aliquis de habitatoribus inferioris hemisphærii, non est ex hoc, ut inducunt, quia nullus ibi habitat : sed potius quantitas oceani interjacentis undique cirua terram per circuitum, quod propter nimiam distantiam locorum suorum transnavigari non potest, Si autem in aliqua parte trananavigatum est, hoc est sup torrida : quia ibi secundum naäturam littora ejus sunt magis stricta ».

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El LA DÉCOUVERTE DE L'AMÉRIQUE 79

torride, il y a là comme un acte de divination. Toutefois ces sortes de choses ne doivent pas être jugées par leur valeu: absolue, mais par la valeur des ärguments qui leur ont servi d'appui. La double base de l'induction d'Albert est certainement dans la connaissance du renflement de la partie occidentale du nord de l'Afrique et dans l’observalion présentée plus haut, à savoir que, l'intensité solaire sur la zone torride étaut à son maximuni, cette partie doit être la plus desséchée, et la partie solide de la croûle terrestre mise plus à nu que sous les régions polaires, d'où le rapprochement des continents vers la région équatoriale. A ce dernier point de vue, oa voit qu'il restait encore beaucoup à apprendre à Albumasar et à Albert le Grand sur les mouvements de l'écorce terrestre, sur les irrégularités de son émergence, et sur l'équilibre établi entre ces immenses vases communicants qui ont nom les mers et les océans.

« Quant à ceux, poursuit Albert, qui s'imaginent que les hommes ne peuvent pas habiler l'autre hémisphère, parce qu'ils ‘omberaient de terre, il ne faut pas en tenir compte. C'est une ignorance vulgaire de dirs que ceux qui ont les pieds opposés aux nôtres doivent

tomber. Le bas ne doit pas, s'entendre par rapport à nous, mais d’une façon, absolue, parce que cela est en bas qui est dirigé, en quelque point que ce soit, vers le centre de la terre » (1).

Finalement Albert conclut : « Si donc: | nCÜ 3 voulons suivre les hommes qui ont été profondément versés dans la philosophie, nous dirons que l'hémisphère inférieur est distribué comme l'hémisphère supérieur : il doit y avoir des régions inhabitables, soit à cause du froid, soit à cause de la chaleur. Quant aux régions habitables, elles se divisent par climats, comme chez nous ; et il doit en être ainsi suivant l'ordre naturel des choses » (2).

(1) « Nec sunt audiendi qui fingunt ibi homines habitare non posse, eo quod caderent a terra si ibi habitarent : dicere enim cos cadere qui pedes habent ad nos, vulgaris imperitia est : cum inferius mundi non sit acceptum quoad nos, sed simpliciter, ita quod simpliciter inferius est, et ubique vocatur versus terræ centrum » (p. 504)

(2) « Si igitur dictis viris qui valde probati fuerunt in philos6phia, consentiamus, tunc dicemus infefius herñisphærium omnino “dividi; sicut superius £divisum est, et habere regiones, inhabilabiles propter frigus, et inhabitabiles propter calorem, et regioner habitabilem distingui per elimæta, sicut nostra ‘distincta est : et hoc quidem . Secundum contingentiam naturalis dispositionis » (p. 354). ;

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ar C'est par analogie qu'Albert pensait que la | #, e, zone torride était inhabitable dans l'hémisphère ‘É >n inférieur. Les anciens la voyaient dépourvue (1 la d'habitants dans le nôtre, et les déserts brû- ; 1 lants de l'Afrique avaient longtemps arrèté li 3 leurs tentatives d'exploration. Les mythes les hs n- plus étranges s’étaient formés sur l'habitabi- té \i- lité de ces régions désolées, et beaucoup g ué croyaient qu'on ne pouvait les franchir. \1 ir Albert ne partage pas ce dernier préjugé. « Je 1! id, crois, dit-il, qu'il est difficile de traverser ces ns espaces, mais cela n'est pas impossible. La me difficulté vient de ce que ce sont de vastes nt déserts de sable, stériles et brûlés par le soleil. C’est à cause de cela qu'il y a si peu de

Pr communication entre les hommes qui sont ita- tout à fait au sud de ces régions et nous qui

08, sommes au nord » (1).

2 Tel est en abrégé, mais avec sa physiono-

iter . , ] Q L

dr, mie précise, l’enseignement d'Albert le Grand

tin (1) « In omnibus credo his verius esse, quod difficilis

is- sit transitus et non impossibilis : et hoc propter vastam

, et et arenosam, cremum, quæ adustione solis sterilis est :

ita- et ideo sine longitudinis viatione transiri non potest: et

gui hanc esse causam existimo, quare parva est communica-

em tio hominum ultra æquinoxialem existentium in clima-

(p- tibus meridionalibus, cum his qui nobiscum habitant in

quarta acquilonari » (p. 545).

eu ee 2 CE MP TU ILE

et de saint Thomas d'Aquin. Depuis le moyen âge, où les idées relatives à la sphéricité de la terre et à l'habitabilité de ses diverses parties firent leur entrée dans la société chrétienne, jusqu'à Christophe Colomb, rien de plus sensé et de plus vrai ne devait être dit.

La démonstration de la sphéricité de la terre, qui était à la base de toutes les autres questions, était élablie avec une ampleur et une précision de termes qui satisfaisaient aux exigences scientifiques les plus rigoureuses. Enfin et surtout, les vues d'Albert le Grand sur les conditions de l'hémisphère inférieur atteignent une approximation de vérité qui étonne.

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