XL VIII
Son nom belge est de ceux que jamais ne prononce Une bouche française, et vraiment j’y renonce.
Pour moins, d’honnêtes gens se sont trouvés fourbus ! De l’II, de l’S, du G, c’est un affreux abus.
Pour nous qu’il soit David. . . Et cependant, j’avoue Qu’entre David et lui , grand est mon embarras De trouver des rapports... Il n’en existe pas.
Dans la Bible, on le sait, sans cesse David joue Des jambes, de la fronde; il arrondit ses bras Pour jouer de la harpe. . . A ces jeux il gagna Le sceptre de Saül, un peuple, une couronne,
Un sérail fort nombreux — que la place était bonne! — La tête d’un géant, Bethzabé qu’il vola Au capitaine Uri ! — le drôle! .. — et cœtera. . .
Notre David à nous, pour certain je le donne Aux dominos, jamais autant ne gagnera.
En voyant la nacelle où Dantan a placé Ce nageur, ce pêcheur de filets enlacé,
Et qui navigue en mer sans que rien l’en empêche. On éprouve un grand embarras.
Pour en sortir, on se dépêche De demander tout bas, tout bas,
C’est donc un romancier qui pêche?
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Delille offre au penseur, un mythe indéchiffrable. Il bat la variole , il la dompte à son gré ,
Et par la variole il est tout couturé !
Contre la fièvre, il montre un pouvoir ineffable, Et cependant, énigme inexprimable,
Contre lui si l’on joue, on se sent enfiévré.
De ce gros Monsieur rabougri ,
On le voit, la mine est grognonne; Fort rarement sa bouche a ri...
Et cependant, la chose est bonne !
En voyant sa lourde personne On s’écrie aussitôt : Fleuri!
Pourquoi fleuri? comment fleuri?
Serait-ce donc, Dieu me pardonne, Son nez, son gros nez qui trognonne Ou son visage qui bourgeonne,
Oui fait pousser à tous ce cri :
Fleuri ! fleuri !
Le nom, la barbe de Ber, tout Semble confondre avec Berthoud L’original de cette page.
Et cependant, quel grand dommage !
Ber de Berthoud diffère un peu ;
A Berthoud , Ber sur un point cède :
Car Ber de Berthoud ne possède
Que la moitié du nom, la moitié du cheveu !
Encor timide, aimable et sage, Du double blanc il est une candide image, Mais écoutez ce que je dis,
Mes demoiselles,
Jeunes et belles ,
Charles ressemblera bientôt au double six, Toujours fatal à qui Fa pris.
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En créant , dans sa bonté rare ,
Tous les amis qui, dans ce square , Viennent au domino jouer.
Celui qu’on ne peut trop louer,
Dieu, de chacun, traça le rôle.
A Laborie, il dit : toi , drôle,
A tout bout de champ tu riras.
Dantan jeune , tu chargeras ,
Henry Berthoud , tu bailleras , Jousserandot , tu hableras ,
Et de Saint-Albin, tu paieras.
Docteur Jobert tu casseras.
Toi , Sebron, tu pataugeras.
Toi, Niaudet, tu gagneras,
Toi, Levaillant, tu chasseras.
Marquiset , toi , tu flâneras ,
Toi, Gérard, tu regarderas, Delegorgue, tu t’ennuieras,
Gobillard , tu ricaneras ,
De Caumont , tu t’endormiras , Deschamps , toi , tu batailleras , Levêque , tout bas tu riras , Saint-Laurent , tu sermoneras ,
Jamais Karr , tu ne paraîtras ,
Et Genevais , tu rougiras.
Bien ! continuons ma largesse ,
Et réglons tout avec sagesse.
Paul de Pommayrac grognera ,
Me maudira , criera , perdra ,
L 'énorme Mathieu prisera , Desrousseaux , l’aîné , fumera ,
De bon cœur son père en rira ,
De Martrès se disputera ,
Le Petit Benaud braillera ,
Se démènera , trichera ,
Mensiaux se congratulera ,
Berr, d’un seul coup-d’œil , comptera, Et Lallemand se trompera.
Est-ce tout? Non ! Turgot aura Le double six et cœtera.
Léon Fleury s’empêtrera ,
Achille Legeay songera ,
Houdin? 11 escamotera,
Vallès? des coups il jugera ,
Louis Huarl? il lorgnera.
Pour Forget, il se frisera.
Puis Delarac culottera ;
Enfin Salles gasconnera ,
Venger jamais ne gagnera,
Delarue? Il vous saluera,
Et sitôt entré s’en ira.
Pilvois ses deux yeux baissera , Cauvigny ses mains frottera ,
Dupeuty son shako prendra ,
Gervais en geignant s’assiéra ,
Gilbert Dupré se déploîra.
Charles de Bez caressera De son nez la table ; on verra Jollivet qui , lui , tournera ,
Le dos au dez et partira ,
Soudain Samson Limitera.
Lhermitte jamais ne viendra,
Flahaut son Chandelier aura ;
David en belge parlera,
Sainte-Foy des chansons dira ,
Le grand Froyer s’alongera ,
Delille tout haut s’écriera ,
Fabrizius se hissera ,
Et la mesure Hubert battra.
Un chacun calembourdera ,
Et de son mieux s’amusera.
Quand il eut terminé sa liste , Tout-à-coup il prit un air triste ;
Un ange l’a conté dit-on.
— Diable! diable qu’allais je faire?
J’en oubliais , dit-il, un bon 1 Henri Desrousseaux!.. Sur mon ame , C’est une noble et fine lame !
Or , ça viens ici mon garçon !
Va , mon embarras est extrême !
A tes amis j’ai tout donné !
Cet oubli me soit pardonné,
Quel peut être mon don suprême?
Cherchons bien ce que tu feras...
Ma foi, petit... tu rageras !