SCENE IV
QUIJADA, LE DOCTEUR, LE CURÉ. Le docteur et le curé se regardent comme s'ils avaient envie de se dévorer.
LE DOCTEUR
Il fait beau !
LE CURÉ
Très beau !
LE DOCTEUR
Oui !
LE CURÉ
Très beau !
LE DOCTEUR
Le soleil brûle.
LE CURE
Le ciel...
LE DOCTEUR, SUrsaUtUTlt
Hein ? — le serment !
LE CURÉ
Vous êtes ridicule !
LE DOCTEUR
N'avons-nous pas juré de ne plus prononcer Un seul mot qui pourrait faire recommencer Nos disputes !
{Apres un silence.)
LE CURÉ
Beau temps !...
LE DOCTEUR
La raison...
LE CURÉ, r interrompant
Prenez garde !
QUijADA, s' avançant vers le curé
Croyez-vous que quelqu'un de tout-puissant regarde D'en haut l'humanité ?...
LE CURÉ
Que dit-il ?
QUIJADA
Croyez-vous Qu'il comprenne vraiment tous nos désespoirs... tous ?
Croyez-vous qu'il soit là, penché sur notre terre, Heureux, d'un infini bonheur que rien n'ahère, A s'enivrer des chants d'amour de Ses élus ?... Oui ! Tandis qu'ici-bas, en efforts superflus. L'homme, pour échapper à la douleur s'épuise, Et que tout le meurtrit, le déchire, le brise. Il s'enivre des chants d'amour de Ses élus !... Il a tant vu souffrir... cela ne L'émeut plus !...
{Il sort.)