‹ Les douze génies [poèmes scéniques] (volume 3)Chapitre 12 sur 35 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

LES MÊMES, moins DAME ROSE

PIGNON, bas au comte, montrant ^Habelais Votre mère acheta son aide à prix d'argent !

RABELAIS, bas à Dolly

De tous vos ennemis qu'il sert, il est l'agent. Je veux, moi, vous servir et braver leur colère...

PIGNON

Il fait tout ce qu'il peut pour gagner son salaire !

RABELAIS

J'ai feint de seconder leurs plans pour les saisir.

PIGNON

J'ai, de vous voir heureux, le plus ardent désir !

RABELAIS

Revenez tous les deux me parler dans une heure...

PIGNON

Je vais vous indiquer la route la meilleure Pour arriver au but sans peine et sans danger.

RABELAIS

Je connais ici près, un bon moine étranger Qui bénira vos nœuds sans crainte, ni scrupule !

Cachez-vous à l'hôtel jusques au crépuscule Et qu'elle vienne ici, tantôt seule...

LE COMTE

Pourquoi ?...

PIGNON

Je veux qu'à votre mère elle parle et j'ai foi Qu'on verra triompher la cause qu'elle plaide !

RABELAIS

Je m'en vais m'assurer sans plus tarder de l'aide De ce moine et ce soir vous porterez son nom !

PIGNON

Elle est si douce, elle a l'air si tendre et si bon, Son sourire est navrant qu'éclaire un regard triste ! Je n'imagine point qu'une mère y résiste !

LE COMTE

Mais si vous échouiez, si malgré vos efforts Ma mère refusait }

PIGNON

Hé bien, moi-même, alors, — Je vous en fais la plus solennelle promesse ! — Je vous marierai.

LE COMTE, incrédule Vous.

PIGNON

Demain... après ma messe l

Vous mentiez donc tantôt ?

PIGNON

Mais il le fallait bien.

Votre mère était là, tout près, ne perdant rien De mes paroles...

LE COMTE

Ah !

PIGNON

Moi, j'agissais par crainte.

Mais mon cœur se brisait sous l'affreuse contrainte ! Vous me protégerez contre elle !...

LE COMTE

Contre tous !

PIGNON

Alors je suis à vous, Monseigneur ! Tout à vous !

LE COMTE

Soyez digne de moi, Maitre Pignon ! J'y compte...

DOLLY, à Rabelais Je suis seule et très faible !

RABELAIS, r arrêtant en un cri dans lequel il y a déjà de la révolte d'une profonde tendresse blessée quon puisse la soupçonner de trahison.

Oh!

Oui Messire Comte

LE COMTE, prenant congé Messieurs Prêtres, je vous souhaite le bonheur !

DOLLY, bas a ^B^belàis A tantôt !

LE COMTE

Nous viendrons vous voir un autre jour. Et recevrons peut-être un meilleur accueil !

PIGNON

Certes !

Nos humbles portes vous seront tout large ouvertes !

LE COMTE, sortant après avoir tendu le poing a Dolly qui y pose la main :

Le bonjour ! Le bonjour, Messieurs Prêtres !

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