SCENE VII
LES MÊMES, moins DAME ROSE
PIGNON, bas au comte, montrant ^Habelais Votre mère acheta son aide à prix d'argent !
RABELAIS, bas à Dolly
De tous vos ennemis qu'il sert, il est l'agent. Je veux, moi, vous servir et braver leur colère...
PIGNON
Il fait tout ce qu'il peut pour gagner son salaire !
RABELAIS
J'ai feint de seconder leurs plans pour les saisir.
PIGNON
J'ai, de vous voir heureux, le plus ardent désir !
RABELAIS
Revenez tous les deux me parler dans une heure...
PIGNON
Je vais vous indiquer la route la meilleure Pour arriver au but sans peine et sans danger.
RABELAIS
Je connais ici près, un bon moine étranger Qui bénira vos nœuds sans crainte, ni scrupule !
Cachez-vous à l'hôtel jusques au crépuscule Et qu'elle vienne ici, tantôt seule...
LE COMTE
Pourquoi ?...
PIGNON
Je veux qu'à votre mère elle parle et j'ai foi Qu'on verra triompher la cause qu'elle plaide !
RABELAIS
Je m'en vais m'assurer sans plus tarder de l'aide De ce moine et ce soir vous porterez son nom !
PIGNON
Elle est si douce, elle a l'air si tendre et si bon, Son sourire est navrant qu'éclaire un regard triste ! Je n'imagine point qu'une mère y résiste !
LE COMTE
Mais si vous échouiez, si malgré vos efforts Ma mère refusait }
PIGNON
Hé bien, moi-même, alors, — Je vous en fais la plus solennelle promesse ! — Je vous marierai.
LE COMTE, incrédule Vous.
PIGNON
Demain... après ma messe l
Vous mentiez donc tantôt ?
PIGNON
Mais il le fallait bien.
Votre mère était là, tout près, ne perdant rien De mes paroles...
LE COMTE
Ah !
PIGNON
Moi, j'agissais par crainte.
Mais mon cœur se brisait sous l'affreuse contrainte ! Vous me protégerez contre elle !...
LE COMTE
Contre tous !
PIGNON
Alors je suis à vous, Monseigneur ! Tout à vous !
LE COMTE
Soyez digne de moi, Maitre Pignon ! J'y compte...
DOLLY, à Rabelais Je suis seule et très faible !
RABELAIS, r arrêtant en un cri dans lequel il y a déjà de la révolte d'une profonde tendresse blessée quon puisse la soupçonner de trahison.
Oh!
Oui Messire Comte
LE COMTE, prenant congé Messieurs Prêtres, je vous souhaite le bonheur !
DOLLY, bas a ^B^belàis A tantôt !
LE COMTE
Nous viendrons vous voir un autre jour. Et recevrons peut-être un meilleur accueil !
PIGNON
Certes !
Nos humbles portes vous seront tout large ouvertes !
LE COMTE, sortant après avoir tendu le poing a Dolly qui y pose la main :
Le bonjour ! Le bonjour, Messieurs Prêtres !