SCENE II
PIGNON, ROSE avec une lettre quelle remet a Pignon^ en silence^ brusquement
PIGNON
Grand merci, dame Rose.
ROSE
On vient de me remettre Ceci pour vous !
PIGNON, sursautant en voyant le sceau de révéché De l'évêché !
ROSE
Quoi cette lettre !
De l'évêché !... Vraiment !... Ouvrez !...
PIGNON, très ému
Je n'ose pas (// se décide enfin et ouvre la lettre d'une main tremblante^
ROSE
Etes-vous nommé ?
PIGNON, distraitement Non...
ROSE, curieuse
Hé bien.. .?
(Vexée)
Lisez plus bas
PIGNON
Ecoutez, dame Rose... Oh ! j'en ai la pensée, J'en ai l'âme terriblement bouleversée...
" Cher fils, nous recevons avis d'un inconnu, " Que François Rabelais, diacre, aurait tenu " De vils propos, commis des actes déshonnêtes " Dans le Saint Lieu.
[Lisant)
[Parlé)
Horreur !
[Lisant)
" Nous mandons pour enquête, " Sur les événements dont on nous fait rapport, " Un chanoine. Aidez-le : qu'il trouve en vous support, " Lumière, appui, conseil." — Post-scriptum. Pour ces graves " Motifs, avertissez la comtesse d'Entraves " Afin que son blanc-seing ne soit pas employé " A donner votre cure au prêtre dévoyé. " C'est tout. Quel scélérat ! je m'en voile la face !
ROSE
Moi, je ris ! C'est bien fait ! le grossier !
PIGNON, excessivement humble
Jusqu'en face, Dame Rose (si ce n'est pas vous déranger !) Ne pourriez-vous aller... (Si j'ose vous charger D'une commission que je ferais moi-même S'il se pouvait !) Ne pourriez-vous avoir l'extrême Obligeance, d'aller porter ce petit mot... C'est pour la jeune fille.
ROSE
On ira !
Bien !
{Elle sort)