SCENE X
HANS MULLER, NONOTTE, PIA HANS MULLER, pensif
NONOTTE
Un chrétien parle-t-il aussi haut ?
Pour ramener les cœurs c'est la douceur qu'il faut !
HANS MULLER
Mais pouvais-je laisser baver sur notre culte Ce serpent !
NONOTTE
L'homme fort se tait quand on l'insulte. En menaçant cet homme, en blessant son orgueil, Vous l'avez endurci dans son erreur.
pia, a Nonotte
L'accueil
Que j'ai fait au Marquis, mon fiancé, j'espère Qu'il ne pouvait l'induire en tentation, Père ?
NONOTTE
Non ! Allez vous parer mon enfant ! Laissez-nous !
PIA
Me parer ? Me parer !... Oh ! Père y songez-vous ! Je vais, mon fiancé, le voir durant une heure !
NONOTTE
Hé bien, trouverez-vous occasion meilleure ?
PIA
Et si, si — car nos cœurs ont des recoins obscurs ! - J'allais lui suggérer quelques désirs impurs ? S'il allait abuser de moi par la pensée ?...
NONOTTE
On peut, honnêtement, aimer sa fiancée...
PIA
Aimer... mais désirer, mon Père ?
NONOTTE
C'est tout un !
pia, avec horreur
Que dirait le bon Dieu si je tentais quelqu'un !... {Elle sort.)