SCÈNE I
8 UZETTE.
Eh bien?
■ ■ ' JOSEPH
Vous savez, Cartouche?...
SUZETTE
Oui.
Il n’est pas commode, Cartouche 1
Non I
SUZETTE
JOSEPH
Eh bien ! vous verriez un peu ce que i'en ferais de Cartouche!
SUZETTE
Vrai?...
JOSEPH, k part.
Comme elle me regarde!...
SUZETTE
C’est donc que vous avez un peu d’amitié pour moi, alors!
JOSEPH
Eh ! parguenne oui ! que j’en ail vous êtes si gentille, si mignonne, si avenante, si... (4 part.) Mais comme elle me regarde, donc!
SUZETTE, à part.
Ah ! père Champeaux, vous ne voulez pas de moi pour votre bru! Eh bien I nous verrons!...
JOSEPH, k part.
C’est drôle ! voilà que je me sens tout je ne sais comment.
Qu’as-tu donc, mon petit Joseph?
JOSEPH, k part. .
Bon! elle me tutoie à présent!... (Sant.) Dame! mam’zelle!...
SUZETTE
Eh bien?
JOSEPH, k part.
Je ne sais plus comment lui parier, moi I
SUZETTE, iaadremant.
Joseph!...
.. JOSEPH, riant bêtement.
Hilhil
DÜO.
SOZBTTE, faisant asseoir Joseph aoprès d’eile sons la lonnslie.
Viens t'asseoir près de moi; . , ..
' Cau-ons ensemble!
JOSEPH, à part.
Mon cœur est en émoi t
J’ai chaud et j’ tremble !
SUZETTE. , '
Mets ta main dans ma main ;
Sens mon cœur battre,
- JOSEPH, à part.
Pour m’arrêter en ch’min,
3e m’tieos à quatre.
SUZETTE
Tu ne m’as jamais dit Si je suis belle.
JOSEPH
Eh 1 c’est qu’on m’défendit D’vous rdir’mamzellel SÜZETTE.
Eh bien! l’on n’est pas là!
Qui t’en empêche?
• ' JOSEPH, h part.
Ohl morguét j’ sens qu’ me v’ là Roug’ comme un' pêche.
SÜZETTE.
Plalt'il? je n’al donc pas Ce qui peut plaire?
JOSEPH, à part.
3' m’enferre à chaque pas. . .
(Haut.)
Beu an contraire»
SUZETTE
Parle doncl... qne crains*tu?
Tout fait silence I
JOSEPH, avec réeolatioD.
Tant pis pour ma vertu I Ma Un' t... je m’ lance!
Joseph embrasse Suzette; ils se lèvent tous deux.
ENSEMBLE
JOSEPH, è part.
C’est étonnant 1 C’est surprenant!
Ça n’ m’a point fait trop d’ mal tout d’ même!
Ah ! je l’ sens là 1 c’est ell’ que j’aime I
- SCÈNE I y
J’étais vraiment Ben innocent
De n’ pas lui peindr’ mon sentiment t
PUZETTE, à part.
C’est étonnant •
C’est surprenant Qu’il y soit venu de lui-même!
Je le vois bien, c'est moi qu’il aimel Il est vraiment Bien innocent;
Hais pour un mari, c’est ch''rrr'T;tl JOSEPH, dovenn gaillard.
Suzette, avant que j’ te quitte,
Rattrapons le temps perdu I
SUZETTE
■Voyez comme lui vient vite Le goût du truit défendu.
JOSEPH lui prenant la main.
Viens l’a-stoir près de moi,
Causons ensemble.
SUZETTE, jouant la timidité.
Mon cœur est en émoi;
Vraiment je tremble 1 JOSEPH.
Mets ta main dans ma main ;
Sens mon cœur battre.
SUZETTE, & part.
Il va vile en chemin ;
Faut en rabattre.
JOSEPH, lai prenant la tdlle.
T’es jolie à croquer,
Et plus j’ le r’ garde...
SUZETTE
Vous allez vous piquer,
Prenez-y garde !
JOSEPH
Ton pied, ta main, tes ch’ veux Me r’ tournent l’àmet
SUZETTE
Finissez, je le veux!
(* part.)
Comme il s’enRamme!
JOSEPH
Non morgiiél j’suis lancé!
Rien ne me r’ bute!
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SUZETTE, loi donnant nn sonfflet.
V’ lant au bout du fossé Eût la culbute.
ENSEMBLE
JOSEPH, portant la main ii sa joue.
C’est étonnant!
C’est surprenant!
Ça n' m’a point fait trop d’ mal tout d’ même!
Ah I je r sens là! C’est moi qu'elle aime!
J’étais vraiment Ben innocent.
De n’ pas lui peindr’ mon sentiment!
SUZETTE, à part.'
C’est étonnant!
C’est surprenant!
Qu’il y soit venu de lui-même!
Il est vraiment Bien innocent.
Mais l'appétit vient en mangeant!
JOSEPH
Tenezl mam’zelle I... tiens! Suzelle! veux- tu que je te dise!... tant pis pour mon père! lant pis pour Javoltel car c’eslJavolie qu’il veut me faire épouser, le père Champeaux ! la fille à Nicolas, quoi! £h bien I tant pis pour elle! c’est toi que j’aime! c’est toi que je prends pour femme I (ta prenant dans ses bras.) Je te prends!
SUZETTE
Comme vous y allez I si votre père vous enlcndaitl...
Cbampuanx parait an fond.
JOSEPH
Ehl qu’il m’entende, morgué ! je ne demande que ça! Ne faut pas croire... parce que... ah! mais non!... je suis têtu, aussi! j’ai ta foi! lu as la mienne! c’est comme si le notaire y avait passé! Il n’y a pas de père Champeaux qui tienne, vois-lu ? et il seraillà, planté devant moi à me chercher des noises , des cagnes, des rabolisseinenls, que je lui dirais, aussi vrai que j’aurai vingt ans aux prunes: papal...