SCÈNE IV
VAN-TAPF .
Ainsi je puis compter sur tes hommes?
GERMAIN
Comme sur moi-même. Dévoués jusqu’à la mort.
VAN-TAFF
" Bienl....
’ SOZBTTE, à part.
Plus de doute! c’est Cartouche! , .
VAN-TAFF
Convenons de nos faits... Tu dis donc qu’à la tombée de la nuit mademoiselle Sallé a pour habitude de venir de ce côté faire une collation champêtre avec son chevalier...
GERMAIN
Oui, monsieur, des fraises dans de la crème.
VAN-TAFF
Vraiment?
GERMAIN
Il parait que depuis un mois qu’ils ont quitté la ville pour les champs, ils ne se nourrissent pas d’autre chose.
VAN-TAFF
Étrange nourriture.
GERMAIN
Aussi, monsieur, Champagne m’a-t-il assuré que sa maîtresse commençait à se fatiguer de la crème et que les fraises n’étaient pas loin de déplaire à M. le chevalier.
VAN-TAFF
A merveille!... La dame en sera d’autant mieux disposée à changer de régime... quant au chevalier, je te l’abandonne...
GERMAIN
Soyez tranquille, monsieur; ses lettres de change sont en bonnes mains.
SCZETTE , & part.
Des lettres de change !
VAN-TAFF
Moi, je me charge de la belle!... un carrosse à celle porte... Trois coups frappés dans la main... Si l’on me ré- . sisie, deux solides gaillards pour me prêter main-forte, et fouette, cocher !
SUZETTE, à part.
11 veut enlever mademoiselle !
VAN-TAFF
Tu m’as bien compris?
GERMAIN
Oui, monsieur!
VAN-TAFF
Ahl... mon masque!... Tu comprends que si l’affaire tourne mal, je ne me soucie pas d’éire reconnu par les gens de la maison.
GERMAIN, lai présentaot un masqua.
Oh! Champngne se fait fort de les éloigner, monsieur, et quant au secours du dehors, nous avons le temps de déguerpir, avant qu’il n’arrive...
VAN-TAFF, prenaot le ma«qne et le mettant dans sa poche.
N'importel deux précautions valent mieux qu’unel tu nous as commandé h souper?
GERMAIN
Oui, monsieur!
VAN-TAFF
Pas de fraises, surtout !
GERMAIN
Ni de crème, monsieur, ni de crème I ' . ^
VAN-TAFF
Val...
Germain sort par la petite porte do fond,