SC È N E I L
Les précedens , GERTRUDE.
Gertrude, apportant un plat -, h met à la tahU des Dragons , puis passe à la droite du second Dragon.
V oiLA vos grillades.
premierDraGON au Maréchal-dcs-Logis^ Sais-tu que ta femme est ragoûtante ?
le Maréchal - des-Logi s.
Si elle ne m’avoit ragoûté , je l’aurois laissée dans soa couvènt.
Gertrude;
Trêve de compliinens ; manges , manges.
premier Dragon.
Citoyenne , ceci n’est qu’affaire d’honnêteté.
Gertrude.
Je vous en dispense.
SECOND Dragon.
Elle n’est pas faite à manier,
C’est bien dommage.
SECOND Dragon Maréchal-des-Logtsl Camarade , tu déjeûne avec nous ?
LE Marechal-des-Logis.
Sans doute , et j e paie du vin. F emme , apporte bouteille. Gertrude.
Bouteille ?
LE Marechal-des-Logis.
Oui, bouteille. *
Gertrude.
Non , par saint Benoît , je n’apporteraî rien^
LE MaRechal-des-Logis, se levant et allant à la gauche de Gertrude.
Il m’est bien permis de boire mon vin , peut-être ?
, Gertrude.
Et de te ruiner y n’est-ce pas ?
LE M A R E c l-i A L - D E s - L O G I s , retournant à la table. Pas de raisons : j*ai vaincu pour la République , et je veux boire à^sa prospérité.
Gertrude.
Se bien battre et boire de l’eau , c’est le moyen de faire sa réputation et sa fortune.
L ■ M E c H A L - D E s - L O G I s , revenant à sa femme. Qn’appelles-tu , de l’eau ? je ne suis pas encore asses malade pour me réconcilier avec mes ennemis. Du vin. Gertrude.
Non.
LE Marechal-des-Logis, entrant sous le hangar.
Non ? Je vais en tirer.
Gertrude, allant se mettre sur Vescahelle qu occupait son mari.
IRE, tire ; il y a un secret au robinet.
PREMIER Dragon.
Savez-vous que vous n’êtes pas iip..isonnable ?
Gertrude.
Que vous importe ? ,
SECOND Dragon.
Que votre mari est trop bon.^
Gertrude.
Ail ! ne m’écliaulFez pas les oreilles.
PREMIER- Dragon.
Est-ce que vous lui feriez perdre ses pratiques ? Gertrude.
La belle perte , en effet : il faut boire le profit avec eux. Allez , allez , on se passera bien de vous 3 la providence est là. • ^
PREMIER Dragon.
La providence boira ton vin , n’est-ce pas ? Gertrude.
On a vu des clioses bien plus miraculeuses 3 mais vous ne croyez rien , vous autres.
PREMIER Dragon.
Moi , je ne crois qu’à la République.
Les précédens , LE M ARÉ CH AL-DES-LOGIS.
LE Marechal-DES-LogïS, apportdnt um houtdllt de. vin et la matant sur' La table.
"V^oiLA du vin 3 et toi, prends garde à ta pièce,
Gertrude, sonar, t -avec précipitation. '
Ail ! le mallieureux a toutlâclié.
• SCÈNE y.
Les précédens , excepté Gertrude.
LE Marechal-des-Logis.
"V O I L a comment je mets ma femme à la raison.
p-REMiER Dragon.
L’expédient est nouveau. >