scène XXX
DEUXIÈME DRAGON, LE MARÉCHAL- DES-LOGIS , TROISIÈME DRAGON, qucttre autres Dragons derrière.
LE Maréciial-des-Logis.
Approchez, Messieurs.
DEUXiiME Drag ON, le reprenant.
Citoyens.
LE Marechal-des-Logis.
Avant de vous rendre ce titre, je veux voir si vous le méritez. ( au deuxième. ) Tire ton sabre , tire ton sabre. ( au troisième. ) Tire le tien, ( Il prend les deux lames ; et après les avoir regardées. ) Ils sont teints l’un et l’autre du sang des Autrichiens , et vous voulez les laver dans celui de votre frère î Insensés , est-ce pour vous déchirer entre vous , que la Patrie vous met les armes à la main ? Non : c’est pour battre ses ennemis. Vous l’avez fait jusqu’à présent , et vous vivrez pour le faire encore. Qu’on s’embrass® , et qu’on ne pense plus à rien.
SECOND Dragon.
Mais , mon Capitaine
LE Marechal-des-Logis.
Votre Capitaine vous ordonne de vous embrasser, SECOND Dragon.
Permettez-moi du moins de vous expliquer....
LE Marechal-des-Logis.
Je ne veux rien entendre. Tu vas me parler d’alFronfe ,
6o LES DRAGONS EN CANTONNEMENT,
de point d’honneur , et d’un tas de vieillés balivernes qu§ j’ai connues avant toi, auxquelles j’ai eu la bêtise de croire , et que je méprise complètement aujour-ti d’hui : qu’on s’embrasse,
SECOND Dragon,
Cependant, mon Capitaine.... ^
LE Marechal-des-Logis.
Ah ! tu fais le récalcitrant ! Si tu n’obéis à l’instant, je te fais dégrader et déclarer indigne de servir la République. ( Les deux Dragons s^ embrassent , et les autres remettent le sabre dans le fourreau. ) Je suis content de vous. Citoyens ; je traite ce soir ma compagnie , et je vous invite au banquet. Nous trinquerons ensemble , et nous nous préparerons gaiement à cueillir de nouveaux lauriers. (1/ sort avec tous les Dragons.)