‹ Les drames inconnus (volume 5)Chapitre 25 sur 40 · MONSIEUR BONSENNE A SON FILS VICTOR · texte numérisé non relu

MONSIEUR BONSENNE A SON FILS VICTOR

Mademoiselle Lambert vient de me montrer votre lettre ; elle veut y répondre. Elle en est la maîtresse, elle le fera.

Quant à moi, je vous îe dis, Victor : jamais, jamais, JA- MAIS mon fils ne sera, de mon consentement, le mari de mademoiselle Charistie. Si le secret de ma résolution m'appartenait, je vous le dirais dès aujourd'hui. Je ne le puis pas, et je ne demande à mon fils d'autre preuve de respect et d'affection que de croire son père lorsqu'il lui jure que s'il s'oppose à ses vœux, c'est que le bonheur de tout son avenir y est intéressé.

Maintenant, et je parle ici à votre honneur, et, peut-être plus que vous ne pensez, à votre amour, il est une chose qu'il faut que mademoiselle Lambert ignore toujours : c'est mon opposition à votre, mariage avec elle.

N'oubliez pas, Victor, que si vous lui révéliez cette circonstance, vous la frapperiez d'un coup mortel. Elle croit, elle doit croire que ceux dont elle dépend s'y opposent seuls. Laissez-la dans cette erreur.

Songez qu'en vous priant de ne pas l'instruire de mon opposition, c'est peut-être sa vie que je vous deman le et que vous frapperiez mortellement.

Un jour viendra où je serai peut-être le maître de vous révéler le secret de ma volonté, et quand ce jeur fera venu, vous me remercierez d'avoir fait ce que j'ai décidé de faire.

Jusque-là ne condamnez pas votre père, parce que vous ne connaissez pas le motif de sa conduite.

BONSENNE.

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