‹ Les droits de la pensée; questions de presse: 1830-1864Chapitre 59 sur 156 · COMITÉ ÉLECTORAL DB LA RUE DE POITIERS · texte numérisé non relu

COMITÉ ÉLECTORAL DB LA RUE DE POITIERS

» Le Comité électoral formé par l'ancienne Réunion de la rue de Poitiers s'est dissous depuis que les élections sont terminées. Mais on se rappelle qu'il avait ajouté à sa mission temporaire la création d'une propagande antisocialiste. Cette propagande a été créée ; des fonds considérables ont été réunis et une grande partie en a déjà été employée à V œuvre à laquelle ils sont destinés.

» Le Comité a non-seulement secondé l'établissement et la distribution de feuilles populaires , mais, par ses soins, il a été composé trente-cinq brochures contenant de saines idées de morale sociale, et il a été distribué à un prix minime, tant des unes que des autres, quatre millions cinq cent trente-cinq mille exemplaires.

» Ces travaux n'ont pas épuisé la totalité du montant des souscriptions recueillies ? 11 reste à dépenser une somme importante qui doit servir de première mise à une œuvre permanente de conservation sociale. Le Comité a résolu de remettre cette somme à une société qui va se former pour combattre les doctrines funestes aux intérêts et au bonheur de tous. Cette association fera connaître dans peu son organisation et son programme. » (Communiqué.)

Nous ne saurions considérer cette communication comme l'accomplissement de l'engagement formel contracté par le Comité de la rite de Poitiers de rendre publiquement compte de l'emploi des fonds qui lui seraient versés.

A combien s'élève le total des sommes qu'il a encaissées ?

Pour quelle somme et à quel titre figure chacune des parties prenantes ?

QUESTIONS DE T>RESSE Îl7

Quels sont les titres des trente-cinq brochures qui ont été composées ?

A quel prix ont-elles été distribuées, au-dessus ou audessous du prur de revient?

Quels sont les titres des feuilles populaires dont le Comité a secondé rétablissement, et sous quelle forme leurra été donné ce concours?

Telles sont les questions auxquelles le Comité de la rue de Poitiers ne peut se dispenser de répondre catégoriquement. . 11 est bon que la société soit mise à môme de juger quel degré de confiance et d'espoir elle peut et doit avoir dans ceux qui se sont proclamés ses sauveurs !

Les fonds quiont été remis à la rue de Poitiers ne lui ont pas été remis à titre de fonds secrets; ils lui ont été remis afin qu'elle en fît le plus utile emploi, et sous la réserve expresse qu'U en serait rendu un compte public. ~ C'est ce compte public que nous réclamons de la manière la plus formelle; c'est ce compte qui est très-impatiemment attendu.

22 août 4849.

Le Comité électoral de la rue de Poitiers fait annoncer par divers journaux que la souscription qu'il a ouverte s'élève à 212,000 fr., et qu'il rendra compte aux souscripteurs, ainsi qu'au public, « quand le moment sera venu », de l'emploi de cette somme et de celles qui viendront sans doute l 'accroître.

Nous, qui savons à qui et comment est donné l'argent des souscripteurs, nous n'hésitons pas à déclarer que c'est de l'argent follement gaspillé, un argent précieux qu'on pouvait employer si utilement !

V Association pour la propagande antisocialiste fait au public un nouvel appel de fonds .

Nous sommes tout prêt à doubler le chiffre de notre première souscription, et à lui envoyer cette fois 2,000 francs au lieu de 1 ,000 francs, aux deux conditions suivantes :

Premièrement, qu'elle rendra les comptes qu'elle a formellement annoncé devoir rendre, et qu'elle n'a pas rendus ;

Deuxièmement, qu'elle prouvera que l'argent qu'elle a encaissé a reçu la destination pour laquelle il avait été versé.

V Association pour la propagande antisocialiste réitère ses appels au public, ce qui prouverait que le publie met cette fois peu d'empressement à répondre a l'invitation.

Le public a raison.

Le 29 mare 1849, une souscription est ouverte à l'effet d'organiser les moyens de combattre l'influence exercée par des écrits s'adressant aux passions plutôt qu'aux idées, montrant le mal, mais ne montrant pas le remède.

Les promoteurs de cette souscription annoncent solennellement qu'ils rendront un compte public de la manière dont les fonds versés auront été employés.

Le Ml avril ils renouvellent cet engagement; ils annoncent que « la souscription qu'ils ont ouverte s'élève à » 212,000 francs, et quils rendront compte aux souscrip- » têurs aénsi qu'au public, quano lb moment sbua vurc, de » l'emploi de cette somme et de celles qui viendront l'4c~ » croître. »

Il nous paraît que le moment est venu de rendre les comptes formellement promis, publiquement annoncés. Ces comptes, la Presse, qui a souscrit pour 1,000 francs, a le droit de les réclamer : elle les réclame.

Les hommes politiques sous le patronage desquels s'est ouverte cette souscription comprendront que, pu.isqu'ilsadressent au public un nouvel appel, le moment est tbnu de rendre compte des deux à trois cent mille francs qui ont été versés uniquement en raison de la confiance inspirée par leurs noms.

Le Comité électoral de la rue de Poitiers a ouvert, le 29 mars, une souscription « à l'effet d'organiser les moyens de combattre l'influence exercée par des écrits s'adressant aux passions plutôt qu'aux idées, montrant le mal, mais ne montrant pas le remède. »

Lt; but était louable.

C'était, on devait le croire, un pas en avant fait dans la voie de la discussion, qui est à l'ornière de la répression ce que le steamer de l'Océan est au coche d'Auxerre.

Aussi fut-il répondu avec empressement à l'appel de MM. Berryer, Mole et Thiers,

QUESTIONS Ofi PRESSE 119

960,000 francs ont été encaissés.

Quel emploi celte somme a-t-elle reçu?

C'est là ce qu'on avait formellement et solennellement promis de publier ; c'est là ce que l'on parait ne pas oser aire.

Puisaue l'on garde un mutisme opiniâtre, nous allons essayer ae suppléer les explications qu'on devait et qu'on ne veut pas donner; si elles manquaient d'exactitude, le Comité de la rue de Poitiers et son trésorier, M. Achille Fould, ne pourraient l'imputer qu'à leur silence.

260,000 francs ont été reçus;

Savoir :

250,000 francs provenant de versements;

10,000 francs provenant de la vente de brochures.

Ces fonds étaient remis à M. Achille Fould, qui les versait à son compte à la Banque de France.

Toutes les fois qu'il y avait lieu de faire un payement, on s'adressait à M. Achille Fould, qui signait et délivrait un mandat sur la Banque de France.

M. Achille Fould a donc exactement l'état de tout ce qui à été encaissé el de tout ce qui a été dépensé.

Lui, mieux que personne, peut dire comment une somme de 260,000 francs ayant été encaissée, le bilan dressé par le Comité de la rue de Poitiers et remis au nouveau Comité de la rue du Mont-Thabor ne porte en recettes et en dépenses

Îue la somme de 202,000 francs? — Différence, 58,000 francs, ssurément, ces 58,000 francs ont reçu un emploi. Lequel? Mais puisqu'on ne rendra compte que de 202,000 francs sur 260,000 francs, restreignons donc notre examen à la plus faible de ces deux sommes.

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