CONCLUSION
Il résulte de cette étude que, trop souvent, les droits physiologiques du nouveau-né sont méconnus. C’est la conséquence d’erreurs et de préjugés accumulés de longue date. Herbert Spencer ne remarquaitil pas déjà que « si quelque archéologue de l’avenir devait un Jour retrouver, sans être autrement informé des choses de notre civilisation, nos livres classiques, nos programmes et nos compositions de collège, il
aurait l’étonnement de voir que, dans ces papiers,
rien ne permet de croire que les élèves qui s’en servaient dussent jamais avoir des enfants ». Cet état d'esprit explique que l’enfant est si fréquemment
victime de procédés qui nuisent à sa santé. Il ne
devrait pas être possible que la mère puisse, quand ses conditions physiques le permettent, ne pas allaiter son enfant; qu’elle puisse le renier, s’en séparer et a fortiori l’abandonner. Comme la première République a inscrit les droits de l’homme, la troisième République devrait, suivant la parole de Pinard, proclamer les droits de l’enfant. Jusqu’à présent, on a trop hésité à conférer à ces droits la reconnaissance légale, sous prétexte qu’elle ferait opposition à la liberté individuelle. Or, cette liberté ne doit demeurer intangible qu’autant qu’elle ne nuise pas à autrui. Nous avons vu combien la liberté
laissée à la mère d’élever son enfant la mettait à l’abri de tout contrôle et de toute sanction. Certes, il faut tenir compte de la condition sociale dans laquelle se trouve l'enfant, quoique, ainsi que nous l’avons montré, le nouveau-né soit parfois, dans les classes aisées, l’objet d’un empressement qui ne supplée pas toujours au manque de méthode. Quand les ressources de la mère sont insuffisantes, l'Etat doit lui venir en aide, non en lui accordant une indemnité qui ressemble à une aumône, mais en la libérant de tout souci pécuniaire, afin de ne pas la séparer de son enfant, aussi peu que ce soit. La France doit comprendre que le douloureux et angoissant problème de la dépopulation repose avant tout sur le chiffre élevé de la mortalité infantile. Elle doit, ainsi que l’a écrit Strauss, réclamer impérieusement la coopération des efforts privés et publics et, pour défendre l’enfant, appeler aux armes toute la Nation, debout et unie, comme aux Jours de danger public ou d’invasion de son territoire.
Vu : Vu:
Le Président de la Thèse, Le Doyen, Nancy, le 4 mai 1925. , Nancy, le 5 mai 19254 A. FRUHINSHOLZ, L. SPILLMANN.
Vu et permis d'imprimer :
Nancy, le 7 mai 1925.
Le Recteur de l’Académie :