‹ Les drôleries médicalesChapitre 125 sur 133 · DU VIEILLARD ET DU MÉDECIN · texte numérisé non relu

DU VIEILLARD ET DU MÉDECIN

LE VIEILLARD

Conseillez-moy pour ma santé,

Car vous sçavez la médecine ;

Et vous serez bien contenté.

LE MÉDECIN

Pour vous j^emplciray ma doctrine, Vous conseillant fidèlement,

Et ne veut point de vostre argent.

LE VIEILLARD

Que faut-il pour ma toux guarir Et le rhume qui me tourmente Et cuide(i) me faire mcurir?

LE MÉDECIN

Recîpe{2) du jus de la plante Qui se soustient par échalas,

Deux ou trois fois à ton repas,

LE VIEILLARD

J’ay l’estomach débilité,

Si bien qu’à grand’peine il digère, M’engendrant une crudité.

fij Pense.

(2) Prends.

LE MÉDECIN

Recipe, pour ton ordinaire Et te donne à travers les dents Du rouge sirop d’Orléans.

LE VIEILLARD

La goutte aux joinctures des os Me tient, alors que le temps change.

Si bien que j’en perds le repos.

LE MÉDECIN

De décoction de vendange Recîpe trois veltes(l) et plus Ne songe tant à tes escus.

LE VIEILLARD

Tous vos Recîpe, c’est le vin.

Le vin, n’est-ce chose si bonne?

Sans luy, ne seriez médecin I

LE MÉDECIN

A tous ceux-là le vin ordonne,

Qui en humeur me sont égaux,

Car le vin guarit tous mes maux.

Olivier Basselin.

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