ÉCHOS D’UN HOPITAL MILITAIRE
M. K..., commandant au 145e de ligne, est atteint d’un terrible mal de dents, il a la mâchoire en compote, des abcès, des bandages tout autour de la tête, enhn ce qui constitue un parfait malade.
Peu après la visite du major, un infirmier se présente avec des sangsues.
— Pour qui ces sacrées petites bêtes-là?
— Pour vous, mon commandant.
— Tiens, il ne me Ta pas dit!... Enfin, ça ne fait rien, allons-y!
Et voilà le malade qui ouvre la bouche.
— Pardon, mon commandant, fait l’infirmier embarrassé, pas là!...
Stupéfaction du commandant; cependant, comme il avait, une bonne nature, il se laissa faire par l’infirmier persuasif.
Mais celui-ci revient bientôt effaré : il s’est trompé, les sangsues ont été prescrites au malade d’à côté; c’est un gargarisme qu’il faut pour le commandant.
— Ah! ma foi, dit celui-ci toujours couché sur le ventre, les sangsues y sont, qu’elles y restent.