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FIG. II. — • CROQUIS DE DU CERCEAU INSPIRÉ PAR LA FIGURE

Volume J. (Collection de M. Lesoufaché.)

dans le Milanais. C’était la génération des Philibert Delorme, des Pierre Lescot et des Jean Bullant, avec lesquels cesse l’influence milanaise et commence celle de la dernière manière de Bramante à Rome, qui produit en France le style Henri IF L’Italie, que connurent ces grands architectes français, ne faisait dater le réveil de la bonne architecture que de la venue de Bramante à Rome, et la manière de ce maître incomparable s’était continuée chez son élève Raphaël. On comprend donc aisément que les jeunes architectes étrangers, venant à Rome, ne pouvaient qu'accepter les idées à la mode. L'état

de l'art en leurs pays, sous ce rapport, ne leur aurait pas permis d'avoir un jugement indépendant, car il s'agissait de parler une langue étrangère. Or on conçoit de même que, rentrés chez eux et placés en face de la tâche de reconstituer les habitations des personnages historiques de l’antiquité, afin d’en donner une idée à quelque savant ou à quelque seigneur influent de l’époque, ces artistes, et Du Cerceau entre autres, devaient avoir recours au style le plus antique qu’ils pouvaient alors concevoir : celui de Bramante et celui de Raphaël ; et dès lors la tentation était bien grande de faire tout simplement à Tarquin, à César ou à Auguste, l’hommage posthume d’une façade de palais que l’on venait d’achever à Rome, simplement projetée même, ou représentée par des dessins ou des modèles en relief.

Telle est l'interprétation qui nous semble la plus naturelle pour expliquer l’un des côtés que nous serions tenté d’appeler comiques, de rinfluence de l’Italie sur Du Cerceau et ses collègues flamands et allemands, qui sans doute en auront fait autant. Nous devons d’ailleurs parfois leur en savoir gré, car ils nous transmettent ainsi de fort belles œuvres dont sans eux le souvenir serait à jamais perdu. Tel est le cas, on peut presque l'affirmer, des figures 6 et 7. Sauf le grand portail de la première, nous sommes sans contredit en présence de deux reproductions de la même composition. La figure 6 est désignée comme REGIA NUMA, le palais de Numa, dans le recueil de M. Foule (fol. 49), et au fol. 5o du recueil de l’anonyme flamand de M. Destailleur, tandis que la gravure qui en existe dans différentes éditions de la série des monuments antiques de Gérard de Jode1 porte la désignation PALATIUM CLAUD1I IMPERATOR1S, qui est celle donnée par Pyrrho Ligorio à la même composition gravée dans son œuvre. Quant à la figure 7, elle représente un grand dessin sur vélin, du recueil M de Du Cerceau. Sur les 24 niches de cette façade, 20 sont décorées des statues des dieux que Du Cerceau a gravées d’après le Rosso, et dont l’une se voit dans notre figure bq. Or ce qui frappe dans cette façade c’est la belle ordonnance, l’unité de parti du à 1 emploi conséquent de la « travée rythmique de Bramante ».

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