‹ Les Du CerceauChapitre 36 sur 230 · FIG. 2Ô. — LE TEMPLE DE LA LUNE. ( I 5 S · texte numérisé non relu

FIG. 2Ô. — LE TEMPLE DE LA LUNE. ( I 5 S

Tiré du livre des Édifices antiques romains. '1 roisièmc manière.

l’inexpérience du graveur à l’eau-forte, tout à fait à ses débuts, manifestations que nous reconnaissions d’autant plus sûrement que nous avions passé nous-même, au début de nos essais, précisément par les mêmes épreuves. Nous citerons ici comme exemples l’estampe au trait reproduite dans notre planche I, la cour dans notre figure 1 8, la pièce circulaire montrant une riche cour dans laquelle plusieurs enfants nus jouent aux osselets, enfin aussi la figure 5. Ces pièces non datées, mais qui, par leur inexpérience, venaient se placer entre les dessins de Munich et les estampes de i53q, offraient également avec ces

dernières des rapprochements absolument convaincants, tels que certains chapiteaux à feuilles d’eau ou à pointes de feuilles d’iris, des têtes d'enfants et d’anges au front extrêmement développé.

Nous avions ainsi un nombre suffisant de pièces qui non seulement nous montraient la première manière de Du Cerceau, mais qui nous en révélaient les débuts mêmes, du moins dans l’exercice de la gravure. On pouvait désormais, en comparant n’importe quelle œuvre de Du Cerceau avec les types les mieux arrêtés de ces trois manières, les interpoler entre ceux-ci et, suivant leur plus ou moins d’analogie dans le faire, les classer d’une manière chronologique très voisine en tout cas de la réalité.

C’est en opérant de cette façon que nous avons entrepris le classement chronologique suivi dans la Table des œuvres de Du Cerceau.

Grâce enfin aux rapprochements résultant d’un pareil groupement, qui nous faisait toujours mieux connaître la manière du maître, nous pouvons réclamer pour lui, d’une manière définitive, la paternité de vingt gravures rangées jusqu’à présent, au Cabinet des Estampes de Paris, parmi les Anonymes de Pécole de Fontainebleau et composant les deux séries de grands cartouches, formées de io pièces chacune, dont nos figures 20, 86, 120, reproduisent trois exemples différents.

Nous sommes persuadé que, dans la figure 20, les hachures annoncent déjà la seconde manière : l'ornement en forme de « chute » du bas de la gaine, identique en quelque sorte aux ornements analogues dans l’attique de la figure 19 et dans les pilastres de la figure 85, les tètes d’anges au front si développé dans les deux estampes, les yeux inégaux dans la tête de femme, détail qui se rencontre fréquemment dans les figures humaines chez Du Cerceau, l'exécution des entrelacs bordant le cadre carré au milieu du cartouche qui trahit la même touche que celle de la feuille de Munich. (Fig. 2.) Nous sommes persuadé que toutes ces correspondances réunies démontreront avec évidence, à toute personne quelque peu familiarisée avec les œuvres de Du Cerceau, que lui seul peut être l’auteur de ces deux intéressantes séries. 11 n’est que juste de dire que pour M. Foule, par exemple, cette identité ne laissait place à aucun doute, et que, si M. Destailleur éprouvait

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