MAISONS A ORLÉANS
Montargis est voisin d'Orléans, où Du Cerceau s'était fixé, et où il publia ses premiers ouvrages importants datés des années 1 54g à 1 5 5 1 . Nous avons été curieux de voir si, parmi les maisons si intéressantes que la Renaissance a laissées dans cette ville, il y en avait quelqu’une qui présentât ces analogies de style que nous n’avons pas rencontrées à Montargis. Nous en avons, en effet, remarqué une, située Marché à la volaille, n° 6, reproduite fig. 38 dont l’ordonnance, mais dont les détails surtout, correspondent absolument à ce que nous nous attendions à voir de lui aux environs des années i5qo à i55o. Tous les ornements, délicieusement exécutés, les archivoltes, les guirlandes, les masques, les femmes, les satyres, les termes, les cartouches ont l’air d’être sculptés d’après les dessins de Du Cerceau répandus à profusion dans les recueils que nous avons décrits. Nous savons que beaucoup de ces ornements étaient le domaine commun de l’école; il nous a semblé toutefois voir ici jusqu'aux accents personnels de l'artiste, car, à côté de tout ce qu'il partage avec ses contemporains, Du Cerceau possède la fantaisie si riche et parfois si bizarre, et des formules de
1. Il existe sur la frise, à l'extérieur des chapelles, une inscription que nous n’avons pas eu le temps de déchiffrer, mais qui nous a paru se rapporter à des faits plus récents.
2. Celte figure, que M. Rouarn a mise obligeamment à notre disposition, ne donne aucune idée de la grâce des détails de cette maison. Nous la reproduisons toutefois, ainsi que nous l’avons fait pour nos propres croquis, non moins imparfaits, sur Montargis, afin de préciser dans la pensée du lecteur l’image, le sujet, mieux que ne peut le faire une simple description.