‹ Les Du CerceauChapitre 89 sur 230 · Publié à Paris en · texte numérisé non relu

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de tant de beaux et sumptueux édifices, que doresnauat voç suget^ n’auront occasion de voyager en estrange pais , pour en veoir de mieux compose Et d’avantage vostre Maiesté prenant plaisir et délectation , mesnies à l’entretenement de si excelents ouvriers de vostre nation, il ne sera plus besoing auoir recours aux estrangiers. »

Relativement à la marche et au classement à suivre, Du Cerceau nous en donne encore lui-même une idée dans le titre ou préface de son livre des Temples, dont je reproduis ici le passage ainsi qu'il a été traduit par M. Destailleur : « Dans les livres précédemment sortis de notre atelier (ex officina ), j’avais donné trois ou quatre modèles d' Edifices de ce genre, mêlés à des Arcs et à des Pyramides, mais dorénavant je suis résolu à classer de telle sorte les ouyrages qui sortiront de notre atelier, qu’un livre spécial sera consacré à chaque genre d’édifices. C'est ce que j’ai déjà fait pour les Arcs. Ainsi un livre sera consacré aux Temples, un aux Tombeaux, un aux Fontaines, un autre aux Cheminées, un autre encore aux Châteaux, Palais, Résidences royales et Edifices du même genre. »

Pour la mise à exécution de son plan, Du Cerceau avait besoin d’un atelier, et son existence même prenait une tournure particulière qu’a fort bien résumée M. Destailleur dans les remarques qu’il a ajoutées au Discours de Du Cerceau que nous venons de citer : « Plusieurs faits importants, dit M. Destailleur, sont à noter ici : d'abord la position de Du Cerceau à la tête d’un atelier de gravure est clairement indiquée ; ce n’est pas un architecte qui fait connaître,, comme Philibert Delorme, ce que l’expérience et l’étude lui ont appris dans sa longue carrière, c'est un architecte qui se fait graveur,, ouvre un atelier, met au jour non seulement ses compositions, mais encore celles des autres, comme nous le verrons bientôt, et obtient assez de succès pour songer à la publication de nombreux ouvrages relatifs à son art. »

Plus loin, M. Destailleur ajoute :

« En voyant cette activité, qui ne laisse pas même à l'artiste le temps de composer, mais le plus souvent l’oblige à copier les œuvres de ses contemporains, on doit croire qu’il y avait là un intérêt industriel

Tirée de YHistoire de Psyché, d'après Raphaël.

à satisfaire, le besoin d'alimenter un atelier établi peut-être à grands frais, et qui ne pouvait rester inactif. »

Du Cerceau procédait à la réalisation de son idée, non pas dans un ordre absolu et systématique, mais quelque peu selon que les circonstances le permettaient ; néanmoins il ne perdit jamais de vue l’ensemble de son plan de vulgarisation. Ainsi, après avoir publié les trente planches de Détails, à grande échelle, puis, plus tard, ceux à une plus petite échelle, il s’aperçoit qu'il serait utile de donner un petit traité des cinq ordres, « encore que plusieurs excellens personnages ayent parcy devant traitté de cette matière avec amplitude de labeur ».

Un autre point qui nous semble ressortir des publications de Du Cerceau, c’est la proportion relativement minime du texte par rapport aux planches. L’artiste ne fait pas grand déploiement de science ni de littérature , mais ses commentaires sont généralement plus clairs que les textes explicatifs de ses contemporains, et l’on sent qu'il comprend parfaitement lui-même ce qu’il veut exposer aux autres. Il semble ressortir de quelques-uns de ces passages que ces publications visent un peu le grand nombre, et que ce sont, souvent du moins, des ouvrages de vulgarisation. Nous venons de voir qu’il fait son petit traité des cinq ordres, « encore que d’excellents personnages ayent traitté de cette matière ». — Ailleurs, en parlant au lecteur de ses cinquante Bastiments, tous différents, il s'adresse aux simples en disant : c( Et combien que iceluy ne soyt de si grande utilité, que autres sciences plus haultes et graves, voyant (neantmoins) qu'il pourra servir à ce a quoy Nature incite et contrainct, non seulement l'homme, mais aussi les bestes brutes, ou animaux, qui nous enseignent deuoyr estre soigneux, et curieux de construire, et bastir (chacun selon sa qualité) quelque logis, ou retraicte, pour la déffense de l'iniure du temps, etc, »

Après avoir d’une part expliqué nettement le but que Du Cerceau avait en vue dans ses publications, après avoir donné dans la bibliographie, aussi bien que dans le chapitre consacré à ses Recueils de dessins, la nomenclature de ses œuvres et, tenté ailleurs d’en fixer

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FIG. Go. — ENTRÉE DU CHATEAU ü’ÉCOUEN.

Estampe tirée du deuxième volume des Plus excellents bâtiments de France.

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