‹ Les Du CerceauChapitre 9 sur 230 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Romains tenoit antiquement leur heaus , et, à l’extrémité du plan où il y a une seule fenêtre, il a écrit à côté de celle-ci : nous entroit par ceste fenestre, note sans valeur aucune sinon pour quelqu'un qui avait pris part au relevé du monument.

Date du séjour de Jacques Androuet père, en Italie. — Grâce à l’un de ces dessins de Du Cerceau, nous pouvons fixer, avec une précision suffisante, la date d’une partie du séjour de notre architecte en Italie. Du Cerceau, sur la feuille 8, a représenté la partie antérieure du rezde-chaussée du palais Farnèse, telle qu’elle existait avant que le cardinal Alexandre Farnèse fût élu pape, en i53q, sous le nom de Paul III. Nous n'avons pas la date précise du commencement des travaux de ce palais, mais celle de i53o, admise aussi par Letarouilly, ne peut être que très près de la vérité. Les principales pièces du rez-de-chaussée et le portique de la cour étant indiqués comme voûtés, ce n'est guère avant 1 5 3 1 ou 1 532 que Du Cerceau a pu dessiner ces parties dans la forme qu'il leur donne. D'autre part, les quatre estampes datées de i53q que possède M. Foule et dont il a bien voulu nous autoriser à reproduire un spécimen (fig. 19) sont imprimées sur un papier à filigrane français, ce fait nous apprend que dès lors Du Cerceau était de retour dans sa patrie. Comme d’autre part nous possédons un certain nombre d'estampes qui dénotent moins d'expérience que celles de l'année i53q, on peut supposer que Jacques Androuet revint en France au moins six mois avant d'exécuter ces dernières, en 1 533 probablement. De cette date, nous pouvons tirer les conséquences suivantes : la première, c’est qu'il faut très probablement placer la naissance de Du Cerceau avant 1 5 1 5 , ainsi que cela paraissait probable à Berty, c'est-àdire vers 1 5 1 o ou même deux ou trois ans antérieurement à cette date, ce qui, eu égard à l'année présumée de sa mort, 1 585, n’offre aucune difficulté, car en 1579 Du Cerceau, en dédiant à Catherine de Médicis le second volume des Plus excellents bâtiments de France et en parlant de lui-même, ajoute ceci : « d'autant que la vieillesse ne me permet faire telle diligence que ieusse faict autrefois ». (Voyez ^Appendice.)

La seconde conséquence qui dérive de la date de 1 5 33 , admise pour le retour de Du Cerceau en France, est que ce ne fut probablement pas grâce aux faveurs du cardinal d'Armagnac qu'il entreprit son voyage d’Italie, puisque Georges d’Armagnac reçut la pourpre seulement en i 544.

On pourrait, il est vrai, ne pas s’arrêter à cette circonstance et admettre que Georges d’Armagnac avait déjà emmené Du Cerceau avec lui, alors qu’il se rendit en Italie comme ambassadeur de France. C’est ce que pensait Jal, dans l’article de son Dictionnaire où il a fait de louables efforts, peu couronnés de succès, pour débrouiller l'histoire de Du Cerceau. Mais, ici encore, les dates s’opposent à une telle hypothèse, car ce fut en 1 5q 1 que François Ier envoya Georges d’Armagnac en ambassade à Venise et ensuite à Rome. Or, ainsi que nous l'avons démontré, c’est en 1 533 ou tout à fait au commencement de 1 53q, au plus tard, que Du Cerceau revenait d'Italie en France. Les faits connus jusqu’ici n’excluent peut-être pas, nous en convenons, la possibilité d'un second voyage de Du Cerceau en Italie, mais il n'est nullement nécessaire de l'admettre, car les documents que nous possédons désormais sur son premier séjour dans ce pays suffisent amplement à expliquer toutes les manifestations de l'influence italienne que l’on rencontre chez notre maître.

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