‹ Les Du CerceauChapitre 92 sur 230 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

A l’époque de la Renaissance, on se figurait que concurremment avec les formes architecturales empruntées à l’antiquité, ou, pour parler plus exactement, à l’Italie, il fallait absolument retracer beaucoup de sujets

de la trente et unième leçon du Livre de Perspective positive (iSyô).

antiques. De là, la nécessité de faire connaître à une foule de personnes, exerçant l’une ou l'autre des professions qui se rattachent aux arts, comment et avec quels attributs il fallait représenter les divinités de

l’antiquité grecque et romaine, aussi bien les principaux événements de leur mythologie.

C’est pour des compositions de cet ordre-là que Du Cerceau reproduisit, tantôt des séries telles que les Dieux ou les Divinités de la Fable (fig. 5y), gravées une première fois par Cargalio en i52Ô; puis, en i53o, par Jacob Binck, de Cologne, d’après les dessins du Rosso1; tantôt une série de scènes, relatives à un même sujet, comme Y Histoire de Psyché (fig. 58), série de 32 pièces, gravée elle aussi déjà par le Maître au dé d’après des compositions dont l’invention plus ou ou moins raphaélesque n’est pas mise en doute.

Dans ce cas, l’on peut aussi indiquer une application de ces compositions : la série des vitraux peints qui se trouvent actuellement au château de Chantilly, et dans laquelle on lit la date de i5q2. Il est certain du reste qu'une série d'estampes de cette nature constituait aussi une œuvre que l'on désirait posséder pour elle-même, et sans idée de reproduction, comme illustrations du roman d’Apulée.

D’autres fois, comme dans la série des Allégories, figure 64, des Philosophes, des Travaux d’Hercule, ce sont : ou des séries de compositions, dans lesquelles entre un nombre plus grand de personnages avec des fonds d’architecture appropriés aux sujets ; ou des suites telles que les Costumes, que leurs noms seuls servent à caractériser suffisamment.

Parfois aussi, ce sont des compositions destinées surtout à la décoration de frises, avec des sujets tels que Proserpine ou des Combats de cavalerie, figure 5g, pour lesquels il livre des motifs. Et, ici encore, c'est à l’Italie que l’on avait recours pour trouver des modèles, comme le prouvent les compositions empruntées à Salviati, à Caraglio, à Bramante, ou à tel autre maître dont on ne pourra peut-être pas toujours retrouver ou le nom ou le travail original.

Le nouvel esprit de la Renaissance, conforme en cela du moins à

1. Nous avons vu plusieurs de ces figures utilisées dans une peinture allégorique du château de Tanlay, qui, ainsi que cela résulte d'une communication faite par M. Petit à la Société nationale des Antiquaires de France, le q juin 1 886, aurait été commandée en 1 568 par l'amiral de Coligny.

celui de l’antiquité, exigeait aussi que les animaux, quand ils avaient à figurer dans quelque composition, fussent représentés avec une tout

Tirée de la suite des Fragments antiques, d’après Léonard Thiry (i35o).

autre fidélité, sinon toujours avec plus de caractère, que cela n’avait lieu dans les œuvres du Moyen-Age. De là aussi la nécessité de fournir

des modèles à ceux qui n'étaient pas à même de faire des études personnelles. C'est là sans doute le but de la suite de dix pièces citée à la bibliographie.

Et à cette occasion nous devons appeler l’attention pour quelques

Page 1