REGISTRES AUX COMPTES
Année 1406-7. — 4962. — Gilles Tkint (L'enfaut), peintre, est chargé de peindre quinze parois (paroysen) aux armes du duc de Bourgogne et de la ville.
A cette époque le duc tenait sa résidence à Audenarde.
4963. — Jean van de Muelebroche, orfèvre.
Ann. 1 408-9. — 4964. — Coppin de Clivère reçoit un salaire pour avoir sonné le carillon , à l'honneur de la sainte Église (jubilé) — (voor ghebeyaerd te hebben) et pour avoir sonné la cloche, à plusieurs reprises, contre le tonnerre (ende le meer ivaerven ghelunt te hebben enz).
Cet article fait une distinction entre carillonner et sonner. Ainsi le jeu accordant de quatre ou d'un plus grand nombre de cloches est en Flandre plus ancien qu'on ne dit communément, quoiqu'il fût alors encore fort imparfait. C'est donc une erreur de dire que le carillon fut inventé à Alost en 1 485. Ce jeu y
aura reçu seulement quelques perfectionnements, rien de plus.
En ce temps, et longtemps après, les musiciens qui jouaient devant le Saint-Sacrement, dans la procession annuelle de la Fête-Dieu, étaient des joueurs de harpes ou harpistes ( harpenaren ) et des joueurs de flûtes (pypers), quelquefois aussi des joueurs de chalumeaux (schalmeyers). Les trompettes précédaient la procession qui, à Audenarde, se fit toujours fort pompeusement au grand profit des artistes.
Ann. 1412-13. — 4965. — Gérard de Valkenare, orfèvre, fait une belle pièce d'argenterie pour être offerte à madame de Charolois, lors de son séjour à Audenarde, avec son époux.
Ann. 1 428-9. — 4966. — Première mention faite d'un Gilles de Tavernier, peintre et doreur.
Ann. 1431-2. — 4967. — Grande fête à Audenarde à cause de la naissance d'un fils de Bourgogne (Josse). Outre les feux de joie, on jouait toute la journée des trompettes , des flûtes et des harpes, et Jacques de Clivere carilonnait.
4968. — Jacques, le peintre (Jacob den Schildere), est chargé de peindre une bannière aux armes de Bourgogne et de la ville.
Les registres aux comptes donnent un certain embarras. Le peu d'artistes qu'on y rencontre sont souvent signalés sous leur nom de baptême seulement avec addition de leur qualité.
Ann. 1436-7. — 4969. — Gilles de Tavernier est chargé de peindre la grande bannière de la ville aux armes de Bourgogne et d'Audenarde.
4970. — Salin de Sloovere peignit 18 pignons (pignoenen) plutôt pennons, ou petites enseignes destinées aux chariots de convoi; car il s'agissait d'une expédition militaire à Calais.
Dans le premier volume, p. 424, n° 1548, année 1453, il est fait mention d'un Saladin, peintre à Audenarde. — Ce doit être ce même Salin de Sloovere, cité ci-dessus.
1 447-8. — 4971 . — Gérard de Tavernier, fils du précédent (?) est chargé de peindre les armes de Bourgogne et de la ville sur la façade de la porte de Gand. — Nulle part je n'ai rencontré le nom de Johannes le Tavernier, qui aurait été paintre et enlumineur à Audenarde, en 1454. (J'avais donné à M. Vandermeersch communication de la quittance citée plus haut, n° 4021 , et c'est à cela qu'il répond.) — Probablement on aura voulu indiquer le susdit Gérard, qui fut peintre et doreur et enlumineur à Audenarde, et y mourut vers 1 474. — Ce fut aussi le plus adroit arbalétrier du pays. En 1444, il remporta, pour la société de Saint-George d'Audenarde, le grand prix du concours à Bruxelles. C'étaient six grands vases en vermeil. La ville le récompensa dignement.
1452-3, 1467-8. — 4972. — Encore mention de Salin de Sloovere, peintre.
4973. — Item, Jacques Dreet et Jean Tsantelen, orfèvres.
1476-7. — 4974. — Henri, le peintre (Hendric de Schildere) peint la grande bannière de la ville, des écussons et des pignons (pennons) pour le contingent militaire d'Audenarde , à l'armée d'observation aux frontières de France. — 4423. — Un Jeannot (Hannekin) de Tavemier est un des soudoyers faisant partie de ce contingent. Je n'ai pas trouvé qu'il fût peintre.
\ 478-9. — Henri, le peintre , reçoit la commande de peindre un grand tableau représentant le jugement dernier , pour être placé à la chambre échevinale où se rend la justice.
Il peint encore un étendard de la ville, des blasons, pignons, etc. , pour servir au contingent militaire.
4975. — Pierre van Campen, orfèvre.
4976. — Cette année on jeta les fondements du grand clocher de l'église paroissiale de Sainte- Walburge, à Audenarde. — Un architecte de Bruxelles fut chargé de ce colossal ouvrage (bâtisse en pierre grise. Hauteur, sans la flèche : 70 mètres). Il se nommait Jean van Herveghem ou Herneghem. (Il est bien probable que le sccibe a mal entendu le nom de Jean van der Eycken; il est possible aussi que M. Vandermeersch ait mal lu.)
1 485-6. — 4977» — Encore mention de Henri , le peintre. — - 4978. - Pierret, orfèvre.
4979. — Claix (Nicolas), le peintre, peint deux bannières pour la ville.
4 481-2. —4980. —Josse Pollent et maître Ogier Impin, maîtres-ouvriers ou architectes de Gand, sont mandés à Audenarde pour visiter le beffroi et la maison échevinale. On avait dès lors l'intention de les rebâtir entièrement. Ce projet fut accompli en
1488-9. — 4981 . — Dernière mention de Henri le peintre.
1494-5. — 4982. — Jean van der Eyken, architecte de Bruxelles, dirige les travaux de construction du grand clocher de Sainte-Walburge.
4 496-7. — 4983. — Adrien, le peintre (une fois nommé Adrien van Peghem), peint des bannières, des blasons, etc., pour une grande solennité.
4984. — Jean, le peintre, et Gérard, son compagnon, sont chargés de peindre 135 écussons aux armes de la ville avec la devise : Fidelis usque ad morlem, pour la même circonstance.
1 497-8. — 4985. — ■ Jean van der Schelden, menuisier et sculpteur.
4986. — Cornil, le sculpteur (Gornelis den Beeldesnyder).
4987. — Jean Blaustreyn, orfèvre.
4 499, 4 500. — 4988. — Maître Nicolas (meesler Glays), architecte du grand clocher susdit.
4989 appendice. 399
4989. — Luuc, le peintre.
1513-14. — 4990. — Henri van der Broucke, sculpteur; ■ — 4991 . — Denis Vernier, peintre. Rien de particulier concernant leurs productions.
4992. — Pendant toute l'époque bourguignonne et longtemps après, un moine de Saint-Augustin, prieur d'un couvent de femmes du même ordre, nommé Syon, à Audenarde, avait presque le monopole de la reliure des livres, registres, etc. C'était un excellent calligraphe, il se montrait fort habile à peindre de ces délicates bordures , de ces magnifiques lettres initiales que l'on remarque sur beaucoup de manuscrits. Les archives de la ville en offrent quelques rares exemples.
4993. — En 1479, un Arnoud de Keysere introduisit l'imprimerie à Audenarde, et y resta jusqu'en 1482, époque où il s'établit à Gand . — Nous avons tout lieu de croire que cet imprimeur avait son atelier au susdit couvent de Syon, où le moine et le frère lai lui devaient être d'un grand secours. — 4994. — Il nous paraît encore que pendant son séjour à Audenarde , Arnaud s'était associé avec un poëte et littérateur de cette ville nommé André van der Meulen (Du Moulin). V Histoire de Saladin, en vers flamands, imprimée à Audenarde à cette époque, a été composée très-probablement par ce van der Meulen, qui plus tard publia encore un autre poëme flamand, mais cette fois sous son nom.