Wencker, op. cit., p. 178 et suiv
3. Une excommunication de Mulhouse au Xllf s., Bulletin de la Soc. pour la cons. des monum hist. d Als., Il* série, 1. 11, p. 55; Œuvres choisies, t. III, p. 397. Les chartes relatives au litige avec Mulhouse forment, aux Archives du bas-Rhin, G, 547, une volumineuse liasse, dont M. Spach a publié, a litre de pièces jusIMcalives, les pièces les plus intéressantes.
eck, son seigneur, pour secouer un joug fort lourd et se jeter dans les bras du comte Rodolphe de Habsbourg, landvogt de la Haute-Alsace'. Après le rétablissement de la paix, en 1265, le successeur de Walther, l'évéque Henri, la somma de rentrer sous son obédience, rencontra de la part des bourgeois une opposition aussi persistante qu'inattendue, essaya vainement, de concert avec son collègue de Bàle et l'archevêque de Besançon, de les ramener par les armes spirituelles : l'excommunication et l'interdit; se vit réduit, après sept ans de négociations infructueuses, à recourir au bras séculier, mit le siège devant la ville, mais ne put triompher de son énergique résistance. Comment la lutte finit-elle? M. Spach ne le dit pas expressément; il est probable, ainsi qu'il le suppose, que le comte Rodolphe de Habsbourg, dont la protection n'avait pas fait défaut un seul instant à la petite et héroïque cité, eut assez de crédit, une fois empereur d'Allemagne, pour la réconcilier avec son suzerain et avec l'Eglise (1273). Au surplus, trente-cinq ans après, un traité d'échange conclu entre l'Empire et Jean , évêque de Strasbourg, fit définitivement sortir Mulhouse des domaines' de ce prince ecclésiastique (1308).
Il n'est pas facile de se rendre un compte exact des relations du comte de Habsbourg avec les évôques de Strasbourg, et notamment avec Henri de Geroldseck. Il change d'attitude à leur égard d'une année à l'autre et parfois les combat plus ou moins directement d'un côté, tandis qu'il négocie avec eux de l'autre. On a déjà vu, à propos de Walther de Hohengeroldseck, qu'après avoir embrassé son parti, Rodolphe fit, trois mois après, une éclatante défection et accepta même la capitainerie des milices slrasbourgeoises. Qu'il ait obéi à une conviction sincère en abandonnant le parti d'un prélat oppresseur et vindicatif, ou qu'il ait écoulé ses rancunes personnelles contre celui qui avait refusé de lui restituer les terres naguère données par son oncle, le comte de Kybourg, à l'église de Strasbourg, au mépris de ses droits héréditaires, personne ne s'étonnera que Rodolphe n'ait pas cru devoir soutenir jusqu'au bout l'évéque Walther dans ses orgueilleuses prétentions. Mais il n'avait aucun de ces griefs contre Henri de Geroldseck-ès- Vosges. En effet, l'un des premiers actes du nouvel évêque fut de renoncer bénévolement, en faveur de Rodolphe, au bénéfice de la donation du comte Hartmann de Kybourg. Le comte de Habsbourg, touché de celte générosité, s'empressa de restituer à Henri tout ce qu'il retenait des biens appartenant à l'évéché de Strasbourg, cl refusa même de recevoir les 700 marcs d'argent que lui assurait le traité conclu entre lui et l'évéque Walther au lendemain de la bataille de Hausbergcn.