‹ Les dynastes de GeroldseckèsVosgesChapitre 2 sur 42 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Origine de U famille de Geroldseck; sa parenté avec les Heheigeroldseck. Les sires de Tbiersbcrg.

le chanoine Renault de Geroldseck-Soultz.

Les anciens chroniqueurs, Mathieu de Pappeniieim, Hertzog, etc., admettaient généralement que tous les Geroldseck, tant ceux de la Forêt- Noire que ceux des Vosges, avaient une commune origine et que la similitude de leur nom n'était pas due au hasard seul.

Nous nous sommes déjà expliqué, dans les premières pages de notre précédent travail, sur cette origine, qui, en tant qu'on la chercherait à Home, est manifestement fabuleuse. Nous avons également indiqué nos doutes quant à la parenté que l'on induirait d'nne simple analogie de noms entre les Geroldseck de la rive droite et les Geroldseck de la rive gauche du Rhin. Depuis lors nul document ne nous a démontré que nos scrupules manquassent de base, et nous ne retirons rien de nos observations.

Toutefois, nous devons dire que l'un des historiens les plus judicieux et les plus autorisés de l'Alsace, l'abbé Grandidiep., n'a pas craint d'accepter la partie du récit de Mathieu de Pappenheim qui est relative à la communauté d'origine des deux maisons, et considère Othon l'Ancien, avoué de Marmoutier en 1 120, comme l'auteur de l'une et de l'autre, par ses deux fils, Bourcard I er et Othon II\ Grandidier ne fournit, à l'appui de la Chronique de Pappenheim, aucun argument péremptoire; mais le fait seul de son adhésion nous détermine à indiquer tout au moins celle filiation en en laissant la responsabilité à son auteur'.

t. Nous tenons à déclarer ici combien nos recherches aux ArchiTCS du Bas-Rhin ont été facilitées par l'excellent Inventaire, rédigé par M. Louis Spacii, archiviste en cher du département

2. GHAîCD/uiEn, Œuvres historiques inédiles, éd. Liblin, t. III, p. I.

3. La Chronique de Mathieu de Piberdach et Pappenhbim, Traetatus seu historia de origine progressuque... baronum de Geroltzeck, est publiée dans (Reinhard) Pragmatische Geschichle des Bauses Geroldseck, Francfort et Leipsick, 1 7GG; Vrkunden, n° |.

Il résulte de la charte de fondation de l'abbaye bénédictine de Saint- Jean-des-Choux (1127) 1 qu'Othon l'Ancien avait trois fils: Diedericus, Burchardus et Otto. C'est du second, Bourcard, que le chanoine de Pappenheim fait l'auteur des Hohengeroldseck , tandis qu'on considère généralement le troisième, Othon, comme la souche des Geroldseck-ès- Vosges.

Bourcard doit avoir épousé une comtesse de Veringen, et le fils issu de cette union, Wolfgang, marié à une fille du comte Sigebert II de Wcrde 1 , serait le père de Walthcr I er , sire de Hohengeroldseck, à partir duquel la généalogie de la famille se prouve par litres authentiques.

Nous devons ajouter que certains indices recueillis par M. le docteur Fridegar Mone, dans les notes dont il accompagne la Chronique de l'abbaye de Schutiern', permettent de supposer que de ce Bourcard et de la comtesse de Veringen, sa femme, seraient également issus les sires de Thiersberg (Tiersperc, Itersberg, Diersburg), dont la présence dans l'Ortenau au treizième siècle et la parenté avec les Geroldscck sont prouvées par plusieurs documents irrécusables.

Walther de Thiersberg (Tirsperc), ainsi nommé du château, voisin de Lahr, dont la famille de Rœder a ensuite acquis la possession, est mentionné comme témoin dans une charte du 12 (II Id.) avril 1197, par laquelle le margrave Hermann V de Bade et son frère Frédéric promettent à Helmwich, abbé de Seltz, moyennant un prêt de 200 marcs d'argent, de ne pas vendre à un autre que l'abbé, l'avouerie dont ils étaient investis \

D'après M. Fridegar Mone, ce Walther serait le père de Henri de Thiersberg et de Walther 1 er , sire de Hohengeroldseck. M. Mone s'appuie, non pour établir la double paternité de Walther de Tiersberc, — ce n'est évidemment à ses yeux qu'une probabilité, — mais pour prouver que Henri est frère de Walther 1 er , sur un passage de la Chronique de Godefroi d'Ensmingen, où Henri, sire de Tiersberg, est qualifié d'oncle paternel, palruus, del'évêque Walther, fils de Walther I e ". Or nous ne pensons pas que patruus puisse être pris, cette fois , dans son sens rigoureux; en effet, dans un passage de la Chronique de Schuttern elle-même, qui parait avoir échappé à l'éditeur, du moins quant à ce point spécial, le même

t. Schœpflin-, Aîtat. diplom., n° 253.

2. Schœpflin, Âlsal. iUutt., trad. Ravcncz, t. V, p. 483, note du traducteur.

3. D. Fridegar Mohe, Chron. v. Schuttern, In der Quellentammlung y. F. 0. Mone, I. 111, p. 101.

4. M. ¥. G. Moxb publie ce document {UiUchrift fur die Getchichtc des Oberrhtint, VI, 423).

Page 1