‹ Les Dystrophies MammairesChapitre 19 sur 66 · ROIS · texte numérisé non relu

ROIS

de bases aux différentes théories de la sécrétion lactée. Trois théories ont été défendues avec des modalités diverses.

__ La théorie holocrine assimile la glande mammaire à une glande sébacée où le liquide de sécrétion est le résultat de la fonte graisseuse de la totalité des cellules glandulaires. Due à Nasse (1840), elle reçut l’assentiment de KoLLIKER (1852) et de Vircaow (1868).

__ La théorie mérocrine admet que la sécrétion est formée par des gouttes de graisse évacuée au niveau de son apex par la cellule glandulaire qui ne se détruit pas. Formulée par Lancer (1871), elle est adoptée notamment par BENDA (1893), Berrkan (1907).

__ La théorie holomérocirine, mixte, envisage un double processus, élaboration cellulaire et destruction d’une partie seulement de la cellule glandulaire. Cette théorie défendue par HeipeNxaim et ses élèves (1880) a été reprise dans les travaux les plus classiques, Limox (1902), Brouna (1905), Scie (1912).

J. Grynrecr, dans sa thèse (1935), a fait une étude critique complète de ces différents travaux. C'est d’après ce travail que nous tracerons le schéma du cycle sécrétoire de la glande en lactation.

Le cycle sécrétoire. -— Il peut être divisé en trois phases : __ d'élaboration ou de sécrétion proprement dite ;

— d’excrétion ;

—— de repos.

1) Phase d'élaboration. — La cellule au repos est cubique,

basse, le protoplasma finement granuleux sans enclaves avec un chondriome et un appareil de Golgi réduits. Le noyau est basal. |

__ L'élaboration est marquée par un certain nombre de phénomènes. CT

Le cytoplasme se gonfle surtout dans sa partie basale, infranucléaire et ce turgor cytoplasmique entraîne une antéropulsion du noyau qui peut atteindre 15 à 18 w. En même

ÉroeS

temps le eytoplasme prend un aspect strié caractéristique ; le chondriome est formé de chondriocontes de plus en plus nombreux. À

— Dans la zone supranucléaire s’aceumulent les produits de sécrétion (boules lipidiques, granulations protidiques) qui renflent ainsi la partie apicale de la cellule en un dôme hénusphérique, le dôme cellulaire de HernrNnaim.

— Enfin au-dessus de la membrane apicale se constituent progressivement des massues super-apicales (J. GRYNFELT).

2) Phase d’excrétion. — On doit distinguer d’une part l’excrétion spontanée, en dehors des tétées, d'autre part l’excrétion provoquée par la tétée.

— Excrétion spontanée. — Elle est purement mérocrine et analogue à l’excrétion du colostrum, émission des boules hpidiques et des granulations protidiques, hbhération des massues super-apicales.

— Excrétion provoquée par la tétée. — Elle est rapide et très spéciale.

Il y a une véritable abrasion des cellules glandulaires qui sont décapitées, amputées de leur partie saillante les « dômes cellulaires ». À ee moment le contenu alvéolaire renferme des débris cytoplasmiques, voire même quelques noyaux.

Ce phénomène apparaît comme une véritable lésion traumatique exercée par la tétée sur un organisme glandulaire délicat.

Rapidement les cellules décapitées refont une membrane apieale et se remettent à sécréter sur le mode mérocrine.

3) Phase de repos. — Lorsque toutes les cellules d’un acinus voire même d’un lobule fonctionnent en sécrétion mérocrine, elles reviennent progressivement à la phase de repos.

LT Eee

Page 1