SN
olande mammaire, une réponse de l’épithélium mammaire, une réponse du mamelon.
— L'épithélium mammaire. — La réponse de l’épithélium mammaire à la folliculine présente quelques différences suivant l’espèce animale employée et suivant la durée du traitement.
Un fait est cependant certain, la folliculine suffit pour provoquer un développement net du système canaliculaire tel qu'on l’observe pendant la première phase du eycle génital, avant l'ovulation.
Par contre, pour le développement lobulo-alvéolaire 1l existe d’assez grandes variations dans les innombrables expériences faites sur ce sujet :
Chez le chien et la souris (1) il y a seulement développement canalculaire. Chez le cobaye (2), au contraire, on peut toujours obtenir un développement complet de la lande, portant aussi bien sur le système alvéolaire que sur le système canaliculaire et comparable à celui atteint à la lin de la gestation.
Dans beaucoup d’espèces on note un résultat intermédiaire (3) ; développement net des canaux excréteurs et développement discret des lobules. L'importance de ce dermier dépend aussi en partie de la durée pendant laquelle est prolongé le traitement. C’est ainsi que chez les lapines castrées recevant de 25 à 200 U. R. de folliculine par jour (Mac- Doxazp, 1936) un examen au 30€ jour ne montre qu'un développement canaliculaire important, alors qu'entre le 80€ et le 90€ jour il y à un début de prolifération lobulaire.
Il importe de noter cependant, avant de rapporter à la folliculine ces développements alvéolaires plus ou moins
(1) Bransury 1932, Turner et Gomez 1934, Turner et Scuuzrze 1931.
(2) Harerius 1928, Laqueur, DiNGEMAXSE et de Joncn 1928; Nezcson et SMELSER 1933, Turner et Gomez 1934, Nezson 1936.
13) Turxer et de Moss 1933, Turner et Gomez 1934, Houssay 1935, PARKkES 1930, Turner et Frank 1932, Azcen 1927, ALLEN, Garner et Dippze 1935.
Pod
complets, que la castration ne supprime pas complètement la production de progestérone dans l’organisme (corticosurrénale). |
— Le mamelon est lui aussi nettement influencé par la folliculine. Toutes les constatations sont d’accord pour mettre en évidence le développement du mamelon sous l'influence de la follicuhine. [1 s’agit là d’une action primaire car chez le cobaye la folliculine injectée localement à la base du mamelon ou appliquée en pommade produit un accroissement du mamelon correspondant bien supérieur à celui des autres mamelons, 147 % et 33 % (Mussro, Fournier, At- BRIEUX, Brio, 1937).
Dans l’ensemble les résultats du développement expérimental de la glande mammaire par la folliculine cadrent assez bien avec l’observation du développement spontané pendant les différentes phases du cycle sexuel.
— Absence de développement et involution en l’absence d'activité ovarienne ;
—— développement canaliculaire pendant la première phase du evele lorsqu'elle est suffisamment prolongée.
L'action de la progestérone.
Le rôle du corps jaune dans le développement de la lande mammaire est soupçonné depuis longtemps déjà mais les précisions sur son mode d’action sont encore récentes et ont nécessité un grand nombre de travaux expérimentaux.
Dans une première phase on a surtout tenté de démontrer l'influence du corps jaune par des procédés indirects. En effet on ne disposait pas à cette époque d’extrait actif de corps jaune et toutes les expériences pratiquées alors avec des extraits ovariens sont entachées d'erreurs, le seul principe actif contenu et responsable de la prohtération mammaire étant la folliculine.
Les expériences les plus intéressantes sont celles dans les-
Re
quelles on a prolongé artiliciellement la durée des corps
Jaunes.
Axcez et Bouix (1911) s’adressèrent à la lapine, animal à ovulation provoquée chez laquelle on fait apparaître à volonté des corps Jaunes par coït stérile où par rupture artificielle des follicules (pseudo-gestation).
Ils ont obtenu ainsi un développement complet de la olande comparable à celui observé à la fin de la phase de développement gravidique (étalement de l'arbre canaliculaire, édification du système lobulo-alvéolaire). Ils considèrent done que ce développement est sous la dépendance d'un «stimulus chimique élaboré par le corps Jaune gestatif ».
Parkes ainsi qu'Evaxs et Simpson en 1929 prolongent la durée des corps jaunes par l'injection d'extrait alealin d’antéhypophvse, ils obtiennent non seulement un développement complet mais une phase sécrétoire avec lactation. Les résultats étaient faussés par l'introduction d’un facteur nouveau et méconnu des auteurs, l’action directe de l'extrait hyvpophysaire.
Une deuxième période est inaugurée par l’isolement de l'hormone du corps Jaune, la progestérone par ALLEN et CorxEr (1929), Dès 1930 Corxer essaie de provoquer un développement mammaire par la progestérone chez des animaux castrés non gravides ; 1l échoue complètement, n'obtient aucune réponse de la elande mammaire.
Des expériences analogues tentées par d’autres auteurs aboutissent au même résultat négatif.
Les travaux de Turxer et ScauLrze (1931) et de TurNERr et Fraxk (1932) permettent d'expliquer cet apparent paradoxe entre les travaux de leurs devanciers et sont d’une importance décisive. Chez le rat et le lapin ils montrent que la progestérone est active sur la glande mammaire à condition que d'une part les animaux aient été préparés par des injecüons de folliculhine et que d'autre part la folliculine soit
associée à la progestérone.
nb PRE
Dans ces conditions on obtient un développement lobulaire complet mais jamais de sécrétion lactée.
Ce travail initial est suivi d’une floraison de publications qui.confirment ces conclusions sur des animaux divers (1).
Il faut remarquer que sur le cobaye chez qui on provoque un développement complet de la glande par la folliculine la progestérone est à peu près sans action. Cependant Tur- NER et Gomez (1934) ont obtenu dans quelques cas des phénomènes sécrétoires par l’administration conjuguée de follculine et de progestérone.
Si on fait abstraction du cas très particulier du cobaye le développement lobulo-alvéolaire apparaît comme un effet folheulino-lutéinique sur la glande mammaire.
Il faut cependant signaler quelques faits en désaccord avec cette théorie généralement admise : chez le rat et le singe, SELYE, BRowxE et Cozzrp (1936) d’une part, Asrwoop et Gescuickrer (1938) d'autre part, n’ont obtenu aucune réponse de la glande mammaire sous l’influence de la pro-
gestérone.
CONCLUSIONS
Si on met à part le cas très particulier du cobaye :
— Le développement canaliculaire est un effet folliculinique.
— Le développement lobulo-alvéolaire est un effet folliculino-lutéinique.
Les deux hormones ovariennes ont une action combinée sur la glande mammaire mais leur association doit se faire dans des conditions précises de temps et de doses, les deux actions devant à la fois se succéder et s'associer. C’est un
(1) Riopze, Bates et DYKsHORN 1933, AsDELL et SEIDENSTEIN 1935, Tur- “er et Gomez 1934, Freup et de Joncx 1935.
CU D Es
exemple de bi-réceptivité conditionnelle d’une glande à deux
hormones déterminées.
L'action de la testostérone.
La réponse de la glande mammaire à la testostérone a été l'objet de peu de travaux expérimentaux. C’est un fait d’autant plus éurieux qu’un certain nombre d’auteurs, français en parüeulier, n’ont pas hésité à prôner énergiquement son emploi dans les dystrophies mammaires.
Mac Euen, SezyE et Couzre (1936), Asrwoop, GESCHICKrer et Rausca (1937) ont cependant démontré que le développement normal de la glande mammaire du rat mâle est dù à la testostérone. La castration chez le rat impubère empêche la prolifération glandulaire et les phénomènes sécrétoires, chez le rat adulte elle entraîne une involution nette. La testostérone à doses suffisantes (100 à 500 > par jour) reproduit la structure glandulaire typique du rat adulte chez le rat castré.
De même l'injection d’hormone gonadotrope chez le rat impubère entraîne une hypertrophie testiculaire et donne à la glande mammaire l'aspect adulte.
Mac Euex, Sezye et Corzip (1937) ont montré que la glande mammaire du rat hypophyseetomisé ne répond plus à l’action de la testostérone.
HYPOPHYSE ET GLANDE MAMMAIRE À. - LE RÔLE DE L'HYPOPHYSE DANS LA LACTATION
Les travaux expérimentaux antérieurs à 1928 avaient permis de provoquer le développement de la glande mammaire, aucun d'entre eux n'avait permis d’élucider le mécanisme de la lactation et de provoquer artificielleinent celle-ci. Les hypothèses les plus variées sur le rôle possible de l’uté-
rus, du fœtus, du corps jaune, du placenta étaient émises sans argument bien convaincant.
En 1928, Srricker et GRUETER, par leurs expériences effectuées dans le laboratoire de Bouin, mettent en évidence le rôle du lobe antérieur de l’hypophyse dans la lactation.
Avec des extraits totaux de lobe antérieur d’hypophyse conservés par le tricrésol ils ont obtenu les résultats suivants : |
— Chez des lapines adultes, huit à dix jours après un coït stérile, la montée laiteuse est provoquée par deux ou trois injections d'extrait hypophysaire, elle s’accentue si on continue les injections.
— La montée laiteuse se produit même si les lapines sont castrées 10 jours après le ecoït infécond et si les injections d’extrait hypophysaire sont faites longtemps après la castration (jusqu’à trois mois), ce qui élimine l'influence possible du facteur ovarien.
— Par contre la montée laiteuse n’a pu être obtenue chez les lapines impubères, chez des lapines adultes castrées n'ayant pas subi de coït infécond.
Les auteurs concluent à la possibilité de provoquer la sécrétion lactée par des extraits hypophysaires à condition que la glande ait été préparée antérieurement par l’action du corps Jaune. |
Le travail fondamental de Srricker et GRuETER fut suivi d’une éclosion de travaux extrêmement nombreux destinés à confirmer les résultats des auteurs strasbourgeois et à préciser l’action de l’antéhypophyse.
L'action des extraits hypophysaires.
Corner, en 1930, confirme les travaux de STRICKER et GruETER, il provoque la lactation chez des lapines vierges par injections d’extrait alcalin d’hypophyse de mouton. Il
Mathey 3
ne diffère des conclusions de STRICKER et GRUETER que sur un point, la nécessité d’une action antérieure du corps jaune.
L'influence de l’antéhypophyse dans le déclenchement et le maintien de la lactation est confirmée par nombre d’auteurs expérimentant sur des animaux divers par injections d'extraits de lobe antérieur d’hypophyse ou par greffe d’hypophyse (1).
La plupart de ces travaux mentionnent la nécessité d’une préparation antérieure de la glande par la folheuline et la progestérone.
On à pu ainsi chez des animaux castrés mâles ou femelles, par action successive de folliculhine, progestérone et extraits hypophysaires, provoquer le développement complet de la olande puis la lactation, c’est-à-dire toutes les étapes fonctionnelles de la glande pendant et après la gestation.
L'iniluence de l'hypophysectomie sur la lactatien.
L'influence de lhypophysectomie sur la lactation repré: sente une contre-épreuve intéressante de la série de travaux démontrant lefficacité des extraits antéhypophysarres. Dans ce but AzLzex et Wizes en 1932 hypophysectomisèrent des chaïttes près du terme. La parturition ne fut suivie d'aucune sécrétion lactée. Depuis, de nombreuses hypophysectomies furent pratiquées, les unes pendant la lactatou, les autres pendant la gestation.
L’hypophysectomie pendant la lactation produit des résultats constants, cessation rapide de la lactation (2).
L’hypophysectomie pendant la gestation a des effets dis-
cutés sur la lactation.
(1) Nezson et Prirrner 1930-31, Aspezz 1931-32, Turner et GARDNER 1931-33, Brangury 1932, Evans 1933, Lvons, Cmaixorr et Rricuerr 1933, Rippre, Barres et Dyksnmorx 1933, AzLEN, GarDner et Rippze 1935, Mac PrAanr 1985.
(21 Serve, Corne et Taomson 1933, Mac Puaiz 1935, Necson 1935, Hovus-
sAY 1935, Hrzr., TurxEr, Gomez et UrEx 1935.
DER Le
Pour les uns il y a absence complète de lactation après la parturition (1).
Pour d’autres au contraire 1l y a une sécrétion lactée très transitoire après la parturition. Serve, Cocrrp et THomson l’ont observée chez le rat et la souris (1933), PENcHARZ et Lyoxs chez le cobaye (1934).
Nous envisagerons plus tard les discussions suscitées par ce point particuber.
Dans l’ensemble, d’ailleurs, les résultats des hypophysectomies confirment entièrement le rôle de l’antéhypophyse déjà établi par les travaux de SrrickEr et GRUETER.
Il restait cependant à préciser l’individualité et la nature du principe actif anté-hypophysaire.
La Prolactine.
L'hormone galactogène de l’hypophyse a été isolée en 1933 par Bares et Rippre sous le nom de prolactine, par Garoner et Turner avec la dénomination de galactine.
Le principe actif ainsi individualisé était nettement distinct des autres hormones hypophysaires et «ne possédait aucune activité gonadotrope, thyréotrope, adrénotrope, mais il a une action sur la croissance et la régulation glucidique. Nous n’insisterons ni sur les propriétés physiques et chimiques ni sur les procédés de préparation et d'extraction de la prolactine bien exposées dans certaines publications (2).
Nous déerirons surtout les propriétés biologiques et physiologiques de l'hormone galactogène.
Cependant il importe de préciser que l'isolement de la prolactine est uniquement biologique, c’est-à-dire qu’on arrive
(1) Ares et Wires 1932 (chat), Pexcmarz et Lonc 1933 (rat) BERGMAN 1934, Nezson 1935 (cobaye) Mac PrarL 1935 (furet,chai),Houssay 1935 (chienne
(2) Ripnte, BATES et Dvyxsuorn 1932-33, Garpner et TURNER 1933,Lvons) et Carcupoe 1933, Mac Sax et Turner 1935, Bares ét Rinpce 1935, ANSErmino et Horrmanx 1934, Lyons 1937.
à préparer des extraits anté-hypophysaires qui possèdent dans certaines conditions expérimentales une activité galactogène. Par contre au point de vue chimique la formule de la prolactine n’est pas connue, elle n’est pas obtenue cristallisée, on n’en pratique pas la synthèse. Ce n’est donc pas une hormone au sens propre du mot, mais un complexe hormonal. Il règne done une certaine incertitude sur elle et cette absence d’isolement chimique ne permet pas de garantir qu’elle ne sera pas ultérieurement démembrée.
L'action de la prolactine sur la glande mammaire.
C’est l’action principale de la prolactine, celle qui permet de la définir : La prolactine provoque la sécrétion lactée dans la glande mammaire déjà complètement développée, soit spontanément soit par administration d'hormones sexuelles femelles.
Cette action s’observe même après castration, thyroïdectomie, section du sympathique ou des splanchniques.
Par contre l’action de la prolactine n’est pas constante après exérèse de l’hypophyse (1) et très fréquemment on n'obtient pas de sécrétion lactée. Cet échec, à priort paradoxal relève vraisemblablement du retentissement qu’exerce l’hypophysectomie sur la cortico-surrénale comme nous le verrons en étudiant le rôle de cette glande dans la lactation.
Quoiqu'il en soit l’action de la prolactine sur la sécrétion lactée est une action primaire, une action directe sur la glande mammaire comme l’a prouvé Lyons en injectant de la prolactine dans un seul galactophore et en obtenant une réponse localisée.
Indépendamment de cette influence sur la lactation la prolactine aurait pour certains auteurs une action sur le développement de la glande mammaire. Cette idée a surtout
(1) Lÿoxs, Caarkorr et Rercmerr 1933, Mac Pnazz 1935, Riopre Barres et Dyksnorn 1933, Sezve Cozrte et Tnomson 1934, Houssay 1935, Necson et GaunrT 1936-37.