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Le rôle de l'utérus et du placenta.
Le placenta et lutérus ont longtemps été considérés comme des facteurs influençant le développement et la fonction de la glande mammaire, Rappelons à ce propos la conception de la «glande myométriale » échafaudée par ANCEL et Bouin pour expliquer la sécrétion lactée. Actuellement on n’accorde plus guère d’importance au rôle de l'utérus. Par contre pour le placenta il faut noter que c’est là l’origine d’une quantité considérable de folliculine au cours de la gestation. Il joue donc un rôle important dans le développement de la glande et dans le mécanisme régulateur de la sécrétion de prolactine par l’hypophyse.
En outre, Sezve, Cozzrp et THomson (1934) accordent un rôle important à la brusque déplétion de l'utérus lors de la parturition dans le déclenchement de la montée laiteuse, en se basant sur les faits suivants :
Chez des rates hypophysectomisées dans la deuxième moitié de la gestation une sécrétion lactée s’observe pendant quelques heures après la mise bas.
Par contre, si on extrait les fœtus par césarienne et qu’on
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de lactation.
Descrin et Incersrecnr (1938) ont répété ces expériences en remplaçant les fœtus extraits par césarienne par un nombre égal de modèles en parafline de même taille. La montée laiteuse s’est effectuée normalement.
CONCLUSIONS
Trois hormones sont nécessaires pour provoquer expérimentalement le développement et la fonction glandulaire mammaires : deux hormones ovariennes, la folliculine et la progestérone, une hormone anté-hypophysaire, la prolactine.
Ces trois hormones doivent non seulement se succéder mais aussi s'associer dans des conditions particulièrement complexes.
— la progestérone n’est active que si elle est précédée par la folliculine et associée à elle.
— la prolactine n’agit que si la glande a subi l’action convenable des hormones ovariennes. Inversement son action est inhibée par la folhiculine.
— les hormones ovariennes semblent sans action chez l'animal hypophysectomusé.
On peut donc parler de tri-réceptivité conditionnelle de la glande mammaire à ces trois hormones. Dans ce mécanisme compliqué Phypophyse joue un rôle primordial, pas encore complètement élucidé, mais qui semble déjà reléguer au deuxième plan l'influence ovarienne.
La complexité de la physiologie mammaire est encore accrue quand on songe à la nature du produit sécrété : le lait. Celui-ci constitue en effet un régime alimentaire équilibré du point de vue glucidique, lipidique, protidique et aussi vitaminique. Le métabolisme de toutes ces substances, les influences hormonales qui y président, nous sont pratiquement inconnues et 1l y a là encore tout un côté de la physiologie mammaire qui nous échappe.
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III. — LA PRODUCTION EXPÉRIMENTALE DE LÉSIONS - DYSTROPHIQUES DE LA GLANDE MAMMAIRE
Un certain nombre de faits sont actuellement acquis concernant la production expérimentale des dystrophies mammaires.
1) Le RÔLE DE L’OVAIRE. — L'INJECTION DE FOLLICULINE PENDANT UNE PÉRIODE PROLONGÉE OU A FORTES DOSES REPRODUIT DES LÉSIONS DYSTROPHIQUES TYPIQUES.
Les premiers, GoormaGHTIGn et AmEerLINCK, en 1930, ont produit une dilatation canaliculaire et des formations adénomateuses chez la souris recevant de petites doses de folliculine pendant plusieurs mois. LacassaGxEe (1932), reprenant ces expériences a provoqué la dilatation des galactophores, la formation de kystes, avec prolifération intense de lépithélium de revêtement, et une sclérose conjonctive. Burrows, en 1935, obtient aussi chez la souris par un traitement folliculinique continu la formation de grappes d’acini et de kystes, une hyperplasie épithéliale et une prolifération conjonctive. Mac Donazn (1936) a provoqué chez la lapine une dilatation des canaux avec formation de papillomes saillants dans la cavité canaliculaire.
Heron et Errkemann (1936) chez le rat ont reproduit expérimentalement des lésions analogues à celles de la maladie de Reclus avec des kystes à épithélium pâle.
Récemment Asrwoop et GEscaickTER (1938) chez le rat en injectant des doses de folliculine variant de 200 micro-
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18. 3. — Glande mammaire normale de cobaye (grossissement : 140)
(Cliché Institut Cancer Paris)
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Fig. 4. — Glande mammaire de cobaye ayant reçu 5 mgr de folliculine en
un mois (grossissement : 140)
(Cliché Institut Cancer Paris)
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orammes par jour à 100 microgrammes par semaine ont pu obtenir des aspects pathologiques variés : fibro-adénomatose simple, fibro-adénomatose kystique, végétations intrakystiques, fibrose péri-canaliculaire, grands kystes analogues au kyste solitaire du sein.
Les lésions obtenues sont variables non seulement suivant la dose de folliculine injectée mais aussi pour une même dose suivant l’animal récepteur et suivant les différents points de la glande. Cette variabilité d'effet permet déjà d’entrevoir à côté de l’importance de la perturbation hormonale celle du terrain sur lequel elle s'exerce.
D'autre part Asrwoop et GESCHICKTER ont observé que la tolhiculine ne produit aucune lésion dystrophique si par lPinjection préalable d’hormone gonadotrope avec formation de corps jaunes persistants et pseudo-gestation on a provoqué un développement de la glande mammaire analogue à celui de la première partie de la gestation. Ce fait est à rapprocher de la rareté de la maladie de Reclus chez les femmes ayant eu récemment des enfants, et de l’influence heureuse exercée sur ces lésions par la gestation et la lactation.
Personnellement, nous avons examiné les glandes mammaires d’un lot de cobayes femelles soumises au Laboratoire de Physiologie de la Faculté à un traitement folliculinique intense par notre ami J. Caucnorx en vue de son travail sur la fibromatose (Thèse, Paris 1939). Les animaux recevaient des injections hebdomadaires de 1 ou de 5 milligrammes de benzoate de dihydro-folliculine, la durée totale du traitement étant de 1 à 6 mois.
Chez tous les animaux nous avons observé du point de vue macroscopique
— un accroissement mamelonnaire considérable pouvant atteindre 4 à 5 nullimètres environ.
— une augmentation de volume de la glande.
L'examen histologique a montré des aspects variables :
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— tantôt on observe un développement glandulaire analogue à celui qu’on observe au cours de la gestation.
— tantôt au contraire la glande est nettement dystrophique, lhyperplasie de lépithélium mammaire s’acecompagne de dilatations canaliculaires et de cavités kystiques. Certaines de ces cavités sont remplies par du liquide de sécrétion, l’épithélium qui les borde est normal sans métaplasie idrosadénoïde.
Le type réalisé semble sans relations avec les doses de folhiculine injectée.
Dans aucun cas nous n’avons observé de prolifération conJonctive.