‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 114 sur 672 · Jüzicuer, II · texte numérisé non relu

Jüzicuer, II

Quant à la parabole de la Drachme perdue, il ne pouvait l'utiliser, parce qu'elle ne signifie rien sans la conclusion qu’on trouve dans Luc. Un élément de cette parabole est retenu dans le cadre artificiel qu'il a donné à la parabole des Brebis : la pensée des anges n'était pas autrement suggérée par celle du scandale des faibles, mais Matthieu parle des anges parce qu'il en a trouvé mention dans la source où 1l a pris la première parabole. Comme il a modifié, en la résumant, la conclusion de celle-ci, il transpose et retourne la

conclusion de la Drachme : « Ainsi, vous dis-je, y aura-t-il joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur repenti », dans son préambule : « Car, je vous le dis, leurs anges, dans les cieux,

voient constamment la face du Père qui est au ciel ». L’allusion aux anges protecteurs appartient à l’évangéliste, et l’on n'a pas à se demander si Jésus n'a pas dit des « enfants » ce que Matthieu entend des « petits ! ».

Luc, xv, 11. Et il dit : « Un homme avait deux fils, 12. et le plus jeune d’entre eux dit au père : « Père, donne-moi la part qui me revient de la fortune. » Et il leur partagea le bien. 13. Et peu de jours après, ayant tout ramassé, le plus jeune fils s'en alla dans un pays lointain, et 1l y dissipa tout son avoir en vivant dans la débauche. 14. Et quand il eut tout dépensé, advint une grande famine dans ce pays-là, et luimême se trouva dans le besoin. 15. Et il alla s'attacher à l’un des habitants de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder des porcs. 16. Et il aurait bien voulu se garnir l'estomac des cosses que mangeaient les porcs, et personne ne lui en donnait. 17. Et rentrant en lui-même, 1l dit : « Combien de gens aux gages de mon père ont plus de pain qu'il ne leur en faut, tandis que moi, je meurs de faim ici ! 18. Je vais aller trouver mon père et lui dire : « Père, j'ai péché contre le ciel et devant toi ; 19. je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ; traite-moi comme un de tes mercenaires. » 20. Et s’en allant, il vint trouver son père. Et comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut touché de compassion, et, accourant, il se jeta à son cou et l’embrassa. 21. Et le

1. Jüzrcmer, loc. cit. On pourrait supposer que la source mettait en premier lieu la parabole des Drachmes, et qu’il n'y avait d'application que pour la parabole des Brebis ; mais il est plus naturel que chaque parabole ait eu sa conclusion, et que le double rapport qui se remarque dans Mr. xvim, 10 et 14, corresponde à deux passages de la source, non à un seul, la conclusion des Brebis, que l’évangéliste aurait exploité deux fois.

A. Loisx. — Les Évangiles synoptiques, II. 10

était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé. . da

fils lui dit : « Père, j'ai ob contre le aie et

plus digne d'être Snuelé ton fils. » 22. Et le père dit à « Apportez la plus belle robe et l'en revêtez, mettez-l la main et des souliers aux pieds ; 23. amenez aussi le veau RE sett le; et mangeons et réjouissons-nous, 24. parce que mon fils que

ils se mirent à faire réjouissance.

La parabole du Fils prodigue se détache des précédentes par la. courte formule d'introduction : « Et il dit. » L'importance du récit … justifie certainement l'ouverture d’un alinéa ; mais la reprise pour rait marquer ici, comme en d'autres endroits, le passage d'une source à une autre, ou la réunion de pièces qui étaient sépasten) À dans le document d’où on les a extraites !. I

Il s’agit cette fois d’un pe de famille qui avait deux fils. Ta k: plus jeune, pour des raisons qu’on n’a pas besoin de raconter, mais que sa conduite ultérieure laisse facilement deviner, demande au père ? de lui remettre sa part d’héritage *. D’après la Loi #, cette 44 part devait être la moitié de celle qui était réservée à l'aîné. On ne A, pouvait attribuer pareille démarche à celui-ci sans compliquer inu= tilement la parabole : l'aîné, pour demander sa part, aurait dû en sue sorte renoncer à la succession principale, et céder son droit d’aînesse au plus jeune. On voit, en effet, que le fonds du patri= moine familial lui est assuré. Ce doit être pour cette cause, et non parce que le second fils, étant plus jeune, doit être censé plus étourdi, que l'aîné a reçu le rôle du sage, et le cadet celui du pro- … digue. En droit, le partage n'est exécutable qu’au décès du testa-. teur ; le plus jeune fils, en réclamant la jouissance immédiate, a sollicité une faveur ; l'aîné, qui n’a rien demandé, a sa part garantie; on n’est pas obligé de supposer qu'il n’a pas voulu, par piété filiale, entrer en possession du patrimoine 5. De tels arrangements

. Cf. Le. xvr, 19, où le Riche et Lazare vient sans introduction.

2. V. 12. La leçon de plusieurs mss. latins et de Sc. : « Et le plus jeune lui dit : Père, donne-moi, etc. », paraît venir de ce qu’on a voulu éviter la répétition du mot « père ». Le même motif explique Ss. : « Le plus jeune dit à son père : Donne-moi la part qui me revient de {on bien. »

3. uéoos ths oùstaç ne peut désigner que la fortune du père, et il est inutile de suppléer, avec Ss. (supr. cit.), l'adjectif possessif.

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