Et Jésus leur dit
« Je vous ferai une question; répondezmoi, et Je vous dirai par quelle autorité Je fais cela. 30. Le baptême de Jean était-il du ciel ou des hommes ?
Répondez-moi? » 31.
Et ils raisonnaient entre eux, disant : « Si nous répondons : « Du ciel », 1l dira : « Pourquoi donc n'avez-vous pas cru en lui? » 32.
Mais si nous disons :
« Des hommes ?... » Ils
Matra. xxr, 23. Et quand il fut entré dans le temple, les chefs des prêtres et les anciens du peuple s’approchèrent de lui, pendant qu'il enseignait, et lui dirent : « Par quelle autorité fais-tu cela? Et qui t'a donné ce pouvoir ? » 24. Et répondant, Jésus dit : « Je vous demanderai, moi aussi, un mot, et si vous me le dites, je vous dirai par quelle autorité je fais cela : 25. D'où était le baptème de Jean? Du ciel ou des hommes ? »
Et ils raisonnaient en eux-mêmes, disant « Si nous répondons :
leur
« Du ciel »,1l nous dira:
« Pourquoi doncn'avezvous pas cru en lui?»
26. Mais si nous disons : « Des hommes», nous avons à craindre
Luc, xx,-1-Etalad= .
vint, un jour qu'il ins-
truisait le peuple dans
le temple ‘et annonçait la bonne nouvelle, que les prètres elles scribes survinrent anciens, 2. et dirent, s'adressant à lui: « Dis nous par quelle autorité Lu fais cela, ou qui {’a donné ce pouvoir. »
3. Et répondant, il leur dit : « Je vous poserai, moi aussi,une question. Dites-moi :
4. Le baptême de Jean était-il du ciel ou des hommes”? ». 5. Et ils raisonnèrent entre eux, disant : « Si nous répondons : « Du ciel », il dira : « Pourquoi
‘ n'avez-vous pas cru en
lui? »6. Etsi nous disons : « Des hommes », tout le peuple nous lapidera, caril est persuadé que Jean était
avec les
craignaient le peuple,
parce que tous regardaient Jean comme étant réellement prophète. 33. Et répondant, ils dirent à Jésus:
« Nous ne savons pas. »
Et Jésus dit :
« Moi non plus, je ne vous dirai pas par
leur
LA QUESTION DES PRÈTRES
la foule: car tous regardent Jean comme prophèle. ».: 27. Et répondant, ils dirent à Jésus :
vons pas. » Et lui aussi leur dit : « Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité
« Nous ne sa-
je fais cela. »
prophète. » 7. Et répondirent qu'ils savaient pas d'où (il était). 8. Et Jésus leur dit : « Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais cela. »
quelle autorité je fais cela. »
Le parallélisme des trois relations est ici très remarquable. Il n'y a guère que l'introduction où l’on trouve quelques différences qui méritent d'être notées. Dans Marc, le Sauveur, après avoir commenté à ses disciples le miracle du figuier desséché, arrive au temple et se promène dans les parvis. Les membres du sanhédrin, dont les trois catégories, prêtres, scribes, anciens, sont énumérées par l'évangéliste, et dont les mauvais desseins ont été ment signalés, viennent trouver Jésus. Il ne peut être question du sanhédrin tout entier, mais de quelques membres agissant quasi officiellement pour le compte et dans l'intérêt de tout le corps. Ils viennent, avant que Jésus pousse plus loin son entreprise, lui demander raison de la conduite qu'il a tenue la veille dans le temple : « Par quelle autorité fais-tu ces choses, ou quit a donné le pouvoir de le faire! ? »
Cette question ne peut concerner la présence de Jésus dans la cour du temple, en ce moment, car une mission spéciale n’était pas nécessaire pour se présenter là; ni le miracle du figuier, qui est raconté auparavant, puisque les membres du sanhédrin n’en ont pas été témoins, mais l'expulsion des vendeurs. Toutefois les sanhédristes ne sont pas censés s'occuper exclusivement de cet incident: ils disent « ces choses », et sans doute l'évangéliste veut entendre par là tout ce que Jésus a fait ? dans le temple depuis son arrivée à
précédem-
1.V. 28. y roëx ££ovstx Tadra roule ; n vis 60! Edwzey ny Eoustav Taÿtnv va zadta zotÿs : Cf. Acr. 1v, 7. Ss. et quelques mss. lat. omettent va 274.
2. B. Weiss, Wk. 181, l'entend des usurpations possibles que ferait supposer l'expulsion des vendeurs ; mais le :aÿ:z répété ne peut guère viser qu'un ensemble de faits acquis.
dirait qu'ils demandent des pa sur l'attitude me nique du Sauveur. De quel droit s'est-il attribué la police du templ
et se comporte-t-il en chef et en docteur dans le lieu saint? Et l'on. doit supposer qu'ils ont l'intention d'abuser de sa réponse contre
lui. Mais il convient d'observer que la question n’est parfaitement
intelligible que si l’on fait abstraction de l'incident qui est rap- …
porté auparavant, ce qui confirme l'hypothèse précédemment émise, touchant le caractère adventice non seulement de ce qui a été raconté à propos du figuier, mais ‘aussi du sectionnement chronologique dans lequel Marc a réparti les matériaux traditionnels !.
Le rédacteur du premier Évangile paraît avoir voulu expliquer la question des prêtres en disant que Jésus enseignait lorsqu'ils vinrent le trouver ?. Ce détail se rencontre aussi dans le troisième Evangile ; mais l'indication venait en quelque sorte d’elle-même, et a pu se présenter naturellement à l’espril des évangélistes, les deux formes ordinaires de l’activité de Jésus étant les guérisons et la prédica-
tion. Il semblerait que Matthieu ait en vue l'enseignement que
Jésus donne à l'instant où les membres du sanhédrin l’interpellent. Cependant la teneur traditionnelle de la question : « Par quelle autorité fais-tu ces choses ? » réclame un objet moins déterminé. Il s’agit toujours de l’autorité que Jésus s’est arrogée dans le temple depuis son arrivée, et dont l’expulsion des vendeurs a été l’affirmation la plus hardie. Grâce à la distribution des récits, cet incident se perd maintenant dans les choses que Jésus « fait », et ne parait plus visé directement, puisque c’est pour le lecteur une chose faite, et que les prêtres ont eu déjà une explication avec
4. Cf. Jx. 11, 18, où une question analogue est posée aussilôt après l'expulsion des vendeurs.
2. Mc. 27. rai iv t@ iep@ repmatoüvtos adtod Épyovra roc adrov ol apyuepelc xt}. Mr. 23. xai 2AGdvtos adtod ets r0 iepoy rpoot}lov aûr® daoxovrt où apyuepeïle «th. Le ddésrovtt pourrait être écho de Mc. 17, xai edidaxsv. Lo. 1. xai Eyévezo èv wug rüv quéowv (ef. v, 17 ; vit, 22) Guddozovros adtod Tov adv èv z@ lep@ xai edayyeKouévou réornoav oi apyteosis 2th. Ss. Sc. et. plusieurs mss. lat. n’ont pas àdasrovtt dans Mr. 23, et ce mot pourrait être une glose. Le début de Le xx, 1, peut s'expliquer par une sorte de reprise particulière de x1x, #7.
3. À condition que le mot dôdsxovrt soit authentique. Cf. n. 2.
LA QUESTION DES PRÈTRES 295
le Christ !. On ne peut guère songer aux miracles qui, d’après Matthieu?, ont signalé l'entrée de Jésus dans le temple; car ces guérisons n'étaient pas des actes d'autorité; elles ont été ajoutées pour l’ornement du récit par le rédacteur, qui sans doute n’y pense plus en rapportant la question des prêtres.
Luc, après la conclusion générale qu'il a donnée au récit de l'expulsion des vendeurs, assigne une date vague à la question posée par les membres du sanhédrin. Jésus, dit-il, enseignait tous les jours dans le temple, et un jour qu'ilenseignait, les prêtres, les scribes et les anciens, énumérés comme dans Marc, lui demandent « par quelle autorité 1l fait cela ». Si l’on tient compte du contexte immédiat, il ne peut être question que de l'enseignement donné par le Sauveur dans le temple, depuis qu'il est à Jérusalem. Et comme Luc a réduit le plus possible l'affaire de l’expulsion, qu'il la dissimule, pour ainsi dire, derrière une notice générale touchant la prédication de Jésus à Jérusalem, et qu'il attire l'attention du lecteur sur cette prédication comme occasion particulière de l'intervention du sanhédrin, il ne paraît pas douteux que, dans le troisième Évangile, la question des prêtres se rapporte à l'autorité que Jésus s’attribue, non précisément pour enseigner dans le temple, mais pour enseigner ce qu'il enseigne, à savoir « l'évangile » du royaume ÿ.
Les membres du sanhédrin demandent donc à Jésus queltitre personnel il peut faire valoir pour se comporter ainsi en maître ou en docteur souverain dans le temple, et, s’iln’agit pas en son proprenom, de qui lui vient l'autorité qu'il prétend exercer. Dans leur pensée, Jésus allait être obligé d'avouer qu'il était le Messie, ou tout au moins qu'il venait au nom de Dieu, puisqu'il n'avait aucune mission des autorités établies. Mais le Sauveur échappe à leur question par une autre, que lui-même leur pose. L'espèce de jeu dialectique dont 1l use en cette circonstance était conforme aux procédés habituels des rabbins. On en verra d’autres exemples. Jésus se déclare prêt à leur dire quelle autorité il s’adjuge, s'ils veulent répondre à la question “ qu'il va leur poser de son côté.
xx1, 15-16.
xx1, 14 ; supr. p. 279.
Remarquer l'explication xat sdæyyekouevou. Supr. p. 294, n. 2.
4. Mc. 29. érepwriow buxs éva Adyoy vise le point sur lequel Jésus attend une explication. De même Le. 3, éporfow Oui xayw XAéyov ; Mr. 24, épurou buäc xd Àdyov Éva, Ôv elrnté pot, xay x7A., où la question de Jésus s'oppose plus directement à la question des prêtres.
Cette question n'était pas facile à résoudre pour ses inte
. . 4 PE, Si. 25 teurs. Il s'agissait pour eux de se prononcer ouvertement sur la mission de Jean-Baptiste, caractérisée par l'acte extérieur qui la résumait aux yeux du public, la cérémonie du baptême : le Précur= =
seur était-il envoyé de Dieu, ou bien n’avait-il reçu mission que de lui-même !? La question est faite pour les embarrasser, et parce que Jésus ne veut pas leur répondre. Au fond, ils ne croyaient pas que Jean-Baptiste eût été envoyé de Dieu, mais il était facile de prévoir qu’ils n’oseraient pas formuler une négation qui indisposerait le peuple contre eux ?, parce que le peuple tenait Jean pour un vrai prophète. Ils ne pouvaient donc que se taire, ou dire, contre leur pensée, que la mission de Jean venait du ciel. Mais, dans ce cas, leur réponse fournissait à Jésus le moyen de les confondre, puisqu'ils avaient refusé d'écouter Jean-Baptiste. |
Telles sont les réflexions qu'ils font en eux-mêmes ? et entre eux , et qui les décident à prendre le parti du silence. En déclarant qu'ils ne savent que penser sur la question proposée, ils renoncent, pour le moment, à obtenir de Jésus une réponse qui pourrait le compromettre; mais ils échappent eux-mêmes à l'inconvénient inévitable de donner des armes à l'adversaire qu'ils poursuivent, ou de froisser l'opinion populaire. En leur faisant dire que Jésus leur reprocherait de n'avoir pas cru au Précurseur, les évangélistes n'ont pas pensé seulement au baptême, que les interrogateurs n'avaient pas reçu, mais encore au témoignage qu'eux-mêmes disent avoir été rendu par Jean-Baptiste au Sauveur. Il serait naturel, en effet, que Jésus invoquàt en sa faveur l'autorité de Jean,
1. Mc. 30. z0 Bérrioux 50 ’[wavou 3£ 0ÿ24v03 (d'en haut, de Dieu, bien que le mot « ciel » ne le désigne pas ici directement) %v À 2 àa”zuirwy (d'origine humaine et terrestre ; cf. Acr. v, 38-39) ;
2. Dans Mc. 32, le discours est comme suspendu sur la seconde alternative : a elrupev ‘€ àvlowrwy, parce que l'évangéliste, ne voulant pas leur faire avouer leur crainte (cf. n. 3), donne lui-même l'explication nécessaire : égoBoëvro roy Aaov. Le. 6, et Mr. 25, attribuent aux sanhédristes toutes les explications de Mc. 32; mais Luc l’a fait plus habilement, justifiant la crainte des prêtres : 6 Àuôs &razs xa7xh10dsst qu, au lieu de l’exprimer directement.
3. Mr. 25. oi 0è dieloyEoyro rao’ Eavrois. Et le discours qui leur est prêté (V. 26. ooBoôuzha roy 0yhov) n'a pu être qu'intérieur.
4. Mec. 31. xai Gueloy&ovro (Lo. 5. oi ÔÈ auveloyioavto) rp0s éaurous. Lo. 6: D, reretsuévor yép eiotv au lieu du singulier.
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PARTAT A.