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Jésus. Allégorie et prophétie représentent l'idée que la génération apostolique avait de la mission du Christ : Fils de Dieu, envoyé par le Père, tué par les chefs de la nation Juive, et glorifié au ciel par sa résurrection. C'est le thème des discours qui sont attribués, dans le livre des Actes, aux premiers prédicateurs chrétiens !. Il n'y avait pas lieu, avant l'événement, de montrer dans la mort de Jésus le dernier terme de la patience divine.
Comme beaucoup d'allégories, celle-ci n’a qu’une valeur de conception théorique et théologique. A la différence des paraboles, elle ne se distingue ni par l'originalité de l'invention, ni par la fine psychologie du développement, ni par la valeur morale de l’application ?. Ce n'est pas une prédication, mais une apocalypse. Jésus n'aurait pas eu l'intention de gagner ceux à qui il s’adressait ; il les aurait déclarés perdus et réprouvés, non pour les amener à résipiscense, mais pour manifester la connaissance quil avait des décrets divins, pour fournir un argument, dans l'avenir, à ses apologistes. Une telle attitude, même quand il s’agit du Christ, n’est pas d'un personnage vivant et agissant. Il est fort étrange que le discours de Jésus excite les auditeurs à commettre aussitôt le crime dont on vient de leur annoncer les conséquences ÿ. Ce rapport a pu s'offrir naturellement à un esprit simple, il n'en est pas plus facile à concevoir comme réalité. L'allégorie était très significative pour les évangélistes, et elle est très intelligible pour le lecteur chrétien : elle l'aurait été beaucoup moins pour ceux qui écoutaient Jésus dans le temple. Il est vrai que les Juifs sont supposés avoir compris seulement que la parabole était dite à leur sujet #, et contre eux. Mais leur colère n'est justifiée que s'ils ont compris où Jésus voulait en venir : et si Jésus s'est déclaré Fils de Dieu, devant tant de témoins qui ont su ce qu'il disait, on ne voit pas pourquoi son arrestation souffre des retards. Dans sa forme traditionnelle, l’allégorie des Vignerons paraît être un morceau d'apologétique chrétienne ; elle accuse les mêmes tendances, et peut-être appartient-elle à la même couche de rédaction que les passages où le Sauveur décrit les circonstances de sa propre mort et de sa résurrection ?.
LCA cr. n,,22-93 ; nr, 15; rv, 10-114: ; v, 30-31.